‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 49 sur 201 · JE t. AuGUis, I · texte numérisé non relu

JE t. AuGUis, I

2. C'est l'opinion d'AuoER iJifélanges philosophii/ues et littéraires. — Paris, Ladvocat 1S2S).

3. Nous donnons, a. V appendice, la correspondance échangée entre Chamfort et le prince de Condé à cette occasion.

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riographe, etc. Monsieur avait aussi fondé une Sociétû des Ecliecs, vôrilable club, où l'on ne manquait pas de voir Cliamfort qui avait la passion de ce jeu. Les questions qui intéressent les gens de lettres ne le laissent pas alors indiflérent ; il s'enrôle sous la bannière de Beauinarcliais, quand celuici, par sa circulaire du 27 juin 1777, fonda en fait la Société des auteurs dramatiques, et il donne son adhésion, non par manière d'acquit, mais dans les termes les plus chauds et les plus vifs '.

Enfin, c'est vers ce moment que commencent les relations de Talleyrand et deChamfort. Cliamfort, dans les fameux Mémoires, ne (ait pas la mine d'un poète aigri par un échec, ni d'un mauvais compagnon.

« Mon temps, dit Talleyrand, se passait d'une manière fort douce et n'était point trop perdu ; mes relations augmentaient. Celles qu'il fallait avoir avec les beaux esprits d'alors me venaient d'une bonne femme , nommée M"» d'Héricourt, dont le mari avait occupé la place d'in tendant de la marine à Marseille. Elle aimait l'esprit, les jeunes gens et la bonne chère. Nous faisions chez elle toutes les semaines un diner fort agréable. Il était composé de M. de Choiseul, de M. de Narbonne, de l'abbé Delille, de Chamforl, de Ruilière, de Marmontel... La gai té contenait les prétentions, et je dois remarquer que, dans une réunion où il y avait tant d'amours-propres en présence, il n'est sorti, dans l'espace de cinq années, ni un bavar-

1. Dans la collection des autof^raphes réunis par M. de Loniénie et vendus le 14 décembre 1883, se trouve une lettre de Cliamfort où il dit à Beaumarctiais ; " Je souiiaite, Monsieur, que les Etats-Généraux de l'art dramati(|ue qui doivent se tenir demain ctiez vous, n'éprouvent pas la destinée des autres Etats-Généraux, celle de voir tous nos maux, sans en soulaf^er un. » L'existence de cet autographe m'a été signalée par M. Henri Stein, le distingué archiviste.

SES SUCCES A L ACADEMIE ET AU TllKATlIE /9

dage, ni une tracasserie. Le comte de Creutz, ministre de Suède, qui croyait plaire à son maître, en se plaçant en France sur le rang du bel esprit, se donna beaucoup de soins pour que les mêmes personnes qui composaient le dîner de M'"'- d'Héricourt se réunissent un jour de la semaine chez lui '. ■)

Creulz ayant élé rappelé à Stockholm en 1783. c'est donc vers 1778 et 1779 qu'il faut placer ces réceptions aimables où Chamfort tenait sa place. — Et d'ailleurs, si sa vanité d'homme de lettres eût été profondément atteinte, elle aurait cherché certainement l'occasion, sinon de prendre une revanche, au moins d'exercer des représailles. Cette occasion, loin qu'il l'ait cherchée, Chamfort l'écarta quand elle s'offraitàlui.En 1 778, le libraire Lacombe, qui avait le privilège du Mercure, vint à faire faillite. Panckoucke, ce grand entrepreneur de publicité au xviii" siècle, prit celte feuille à son compte et fusionna avec elle le Juarnul de Pulilique et (le Lït t é ra t u re (Lingael), le Journal français {Clément et Falissot), le Journal des Qames (Dorât) '. Le Mercure devenait ainsi, ou pouvait devenir, une grosse machine de guerre. Panckoucke, qui connaissait Chamfort dès longtemps, lui proposa de faire partie de la rédaction et de traiter la partie des spectacles. Il reçut un refus très poli, mais très net. Chamfort s'excusait en disant que, dans un journal, il n'y avait point de place pour la vraie critique et qu'il ne voulait ni discréditer son jugement par l'indulgence extrême qui phùt aux au-

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