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d'artistes. Lasoirùe se passait dans un salon 'lii Ion Lrouvait des instruments, des crayons, , des couleurs, des pinceaux, des plumes, et chacun composait, peignait, écrivait, selon son goût ou son talent. M. de Vaudreuil luimême en cultivait plusieurs ; sa voix était fort agréable ; il était bon musicien '. «
Il savait en outre, dans ses rapports avec les écrivains et les artistes, leur marquer une considération flatteuse qui les lui gagnait vite.
« Il trouve très bien, écrivait Chamfort à Morellel, très simple qu'on ait des talents, du mérite, même de l'élévation, et ([u'on soit honoré à ces titres, fùl-ce publiquement, quand même on ne serait par hasard ni ministre, ni ambassadeur, ni premier commis. Il devance de quelques années le moment où l'orviétan de ces Messieurs sera tout à fait éventé '■'. »
Si ombrageux qu'il pût être, comment Ciiamforl eût-il résisté aux avances d'un homme si séduisant ? Et il est vrai qu'il aima très sincèrement Vaudreuil ; si, par lui, il obtint des places et des pensions, ce fut, non pas sans doute à son corps défendant, mais sans avoir clierché à user de la faveur de son ami. Mirabeau, ayant à faire recommander quelqu'un à M. de Vaudreuil, témoigne du désintéressement que Chamfort apporta dans ces relations :
« .Je ne vous ai jamais recommandé personne en France, dit-il dans une lettre datée de Londres, pas même moi, parce que j'ai toujours trouvé que cette discrétion était de délicatesse et d'honnêteté envers un homme que son mérite personnel elle hasard des circonstances ont mis en
i. Note (le l'éditeur des Mémoires de M"'« Campan, 1. 145 (l'aris. ISi'i, in-8").