‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 77 sur 201 · Md. .Vur.iiis, V · texte numérisé non relu

Md. .Vur.iiis, V

RELATIONS AVEC \AUDREUIL ET MIRAHEAU 115

mesure, même intime, avec les grands, sans qu'il ait jamais voulu compromettre son indépendance, trafiquer de leur amitié, mettre, en manière quelconque, à profit, sa situation ' . »

Ce désintéressement lui donnait le droit de garder toute son indépendance, toute la liberté de son langage; il ne manquait pas d'user de ce droit. On a conservé de lui certains propos qui prouvent que sa franchise avec le grand seigneur, son ami, allait parfois jusqu'à la rudesse, a Se promenant, raconte liœderer, sur le pont d'Amsterdam avec le comte de Clioiseul et le comte de Vaudreuil, qui admiraient l'activité des crocheteurs et des charpentiers : Qu'est-ce, leur dit-il, qu'un gen. tilhomme français en comparaison de ces hommeslà ' ? 1) Et comme, un jour, Vaudreuil lui reprochait de ne pas vouloir, malgré sa pauvreté, lui confier ses besoins : « Je vous promets, lui répondit-il, de vous emprunter cent louis quand vous aurez payé vos dettes » \ Aux approches de la Révolution surtout, quand s'ouvrit, pour emprunter ses expressions, le grand procès entre vingt-cinq millions d'hommes et sept cent mille privilégiés, Ciiamfort ne déguisa point ses opinions et ne dissimula pas ses espérances. Comme tant d'autres membres de la noblesse, Vaudreuil s'était montré

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