I. Ed. Ai'GWs, I
13i CUAMFORT
que Chamfort ait été employé plus d'une fois à des collaboralions de ce genre.
« Il reste à vous expliquer, ùcril-il à l'abbé Roman, pourquoi on so faisait une peine do me voir prendre le parti de la retraite. C'est, mon ami, ce que je ne puis vous développer Mais je puis vous dire, sans ([ue vous deviez me soupçonner de vanité, je puis vous dire que mes amis savent que je suis propre à plusieurs choses, hors de la sphère de la littérature '... »
L'allusion est, je crois, assez transparente ; et l'on comprend qu'il ait pu dire que les ministres lui avaient montré « leurs cartes. »
Mais ce n'est pas assez de se trouver à une bonne place pour bien voir ; il faut encore savoir regarder. Dès que, chez un moraliste, l'esprit de système ou la passion se laissent surprendre, ce n'est plus seulement telle ou telle observation qui nous inspire de la défiance ; celte défiance s'élend à tout, nous pensons que rien n'a pu être saisi d'une vue juste et nette.
Or, s'il est vrai qu'il n'y a point, à proprement parler, de système dans l'œuvre de Chamfort, on a prétendu pourtant, non sans apparence de raison, que son esprit avait été dominé par une sorte de pessimisme instinctif, et qu'il y avait là de quoi fausser la justesse de ses remarques et surtout de ses réflexions.
, Qu'il ait été atteint à un moment de celte espèce de jaunisse morale, on ne saurait ne pas le reconnaître. N'est-ce pas lui qui a écrit