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Cité par Taine dans l 'Ancien Régime

l'observateur et le moraliste 167

voulu faire la satire des représentants de ce clergé aristocratique, il fût tombé souvent dans les redites.

Cependant, si rares qu’aient été sur ce point ses observations, il n’en est pas moins vrai qu’il a vu nettement ce qu’était alors devenue l’Eglise de France. En 1792, La Harpe, relevait les bévues commises par Soulavie dans les Notes que ce compilateur avait mises aux Mémoires de Maurepas et disait à ce propos :

« Il ne sait pas que le règne des cheveux plats et des grands chapeaux , commencé sous Fleury , a fini avec Boyer, l’imbécile ; qu’à dater de l’évêque d’Orléans, on éloignait le bigotisme comme dangereux et qu’on préférait les esprits doux et conciliants ; qu’on craignait tellement le bruit dont on était las, qu'il valait mieux être un peu libertin que trop rigoriste ; qu’à cette même époque, la philosophie s’était glissée jusque sous le rochet et la barrette, et que l'archevêque de Vienne (Pompignan) s’en plaignit amèrement dans une assemblée du clergé, criant que la moderne philosophie avait infecté même le sanctuaire , déclamation qui fut très mal accueillie ; qu’en un mot, c’était l’esprit du monde, des affaires et de la cour, qui, de nos jours, dominait dans le clergé h »

Dans ce tableau se trouvent comme résumés les traits que Chamfort avait recueillis dans ses notes. Déjà en effet il avait remarqué que le bigotisme, l’intolérance fanatique n’avaient plus cours dans le clergé. « On sait le discours fanatique que l’évêque de Dole a tenu au roi, au sujet du rappel des protestants.Il parla au nom du clergé. L’évêque de Saint-

I. L'article auquel ce passage est emprunté a été attribué à tort à Chamfort par Auguis qui le fait figurer au tome III de son édition, p. 398 sqq.

Cil AM FORT

Pol lui ayant demandé pourquoi il avait parlé au nom de ses confrères sans les consulter : J’ai consulté, dit-il, mon crucifix. — En ce cas, répliqua l’évêque de Saint-Pol, il fallait répéter exactement ce que votre crucifix vous avait répondu \ » Mais, enobservateur clairvoyant, Chamlortse rendait bien compte aussi que les prêtres n’étaient devenus tolérants qu’en perdant leur foi. L’exemple du scepticisme leur était venu de loin et de haut. Combien, à ce point de vue, est significative l’anecdote que notre auteur conte sur Massillon : « Madame du Défiant étant petit fille, et au couvent, y prêchait l’irréligion à ses petites camarades. L’abbesse fit venir Massillon, à qui la petite exposa ses raisons. Massillon se retira en disant : Elle est charmante ! — L’abbesse, qui mettait de l’importance à tout cela, demanda à l’évêque quel livre il fallait faire lire à cette enfant. ïl réfléchit une minute et il répondit : Un catéchisme de cinq sous. On ne put en tirer autre chose 1 2 ». Encore ce scepticisme, tout en étant très manifeste, garde-t-il de la discrétion et de la convenance. Mais, plus tard, beaucoup de prêtres firent moins de façons : très délibérément, ils plaisantèrent tout haut des choses saintes, des pratiques du culte, et s’en jouèrent. En pleine procession, un jour qu’on promenait la châsse de sainte Geneviève pour obtenir de la sécheresse, comme il commençait à pleuvoir, l’évêque de Castres dit en riant : « La sainte se

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