Ed. Auguis, I
fonda à Liège, sous la protection du prince palatin et du prince d’Horion, premier ministre du cardinal de Bavière, prince et évêque de Liège, une feuille périodique, bi-mensuelle, et qui contenait des extraits et analyses des livres français, beaucoup d’études sur les littératures étrangères et quelques nouvelles politiques. C’était le Journal Encyclopédique. Ce recueil, assez soigné, mais très dévoué au parti philosophique et spécialement à Voltaire qui ne dédaigna pas à cette époque, et plus tard, d’y envoyer des communications et des lettres, scandalisa vite les dévots Brabançons. Un mandement du cardinal de Bavière, daté du 27 août 1759, prononça son interdiction. Pierre Rousseau transportases presses d’abord à Bruxelles, puis à Bouillon, et le premier numéro de 1760 est dédié au souverain de ce duché U Rappelé souvent à Liège pour y régler ses affaires, il dut y connaître Ohamfort qui s’y trouvait cette année même à la suite de Van Eyck. Rousseau fut certainement un habile manufacturier littéraire ; on peut croire qu’il se mettait volontiers en quête de jeunes talents. Sans doute il enrôla Chamfort qui ne demandait qu’à exercer sa plume. Sa collaboration au journal de Rousseau ne nous paraît pas douteuse. Elle dura deux ans environ, nous dit Sélis. Et en effet dans le numéro du 1 er mai 1 7 63 nous avons relevé un Avis au sujet de la correspondance littéraire de ce journal, dans lequel le gazetier se plaint que certaines gens, à Paris, en s’intitulant