Ed. Augdis, II
limes ne sont pas les seules à recevoir l’insulte de ce sang-froid dédaigneux ; et une maîtresse qui chasse son amant ou qui le quitte ne doit pas s’attendre à une explosion de regrets ou même aune parole de tristesse. Le cardinal de Rohan et Madame de Brionne avaient vécu ensemble. Une intrigue politique les ayant brouillés, une dispute s’émut entre eux. Madame de Brionne menaça le cardinal de le faire jeter par la fenêtre : «Je puis bien, répliqua-t-il tranquillement, descendre par où je suis monté si souvent b » En somme, dans leur commerce avec les femmes, les hommes ne leurdemandentplus que le plaisir, etentre les deux sexes il n’y a plus, au moins dans le monde, que des sympathies d’épiderme. Souvent même, entre les amants, pas d’autre lien que la froide et plate
habitude. « M. de B.... voyait Mme de M tous
les jours. Le bruit courut qu’il allait l’épouser : sur quoi il dit à l’un de ses amis : Il y a peu d’hommes qu’elle n’épousât pas plus volontiers que moi et réciproquement. Il serait bien étrange que dans quinze ans d’amitié nous n’eussions pas vu combien nous sommes antipathiques l’un à l’autre 1 2. » On dirait que cette société du temps de Louis XVI porte la peine des excès et des folies amoureuses du règne de Louis XV. On sent chez elle la lassitude et le dégoût qui traîne après lui la vulgarité, parfois la grossièreté même. Les peintres des fêtes galantes, les Watteau, les Boucher, sont vraiment morts à leur heure, et pour les égaler, c’est peut-