Ed. Auguis I
mêmes, s’il les juge capables de donner au caractère une trempe plus forte et plus résistante. « Il y a certains défauts, dit-il, qui préservent de quelques vices épidémiques, comme on voit, en temps de peste, les malades de fièvre quarte échapper à la contagion \ » S’il dit en parlant de l’entêtement : « L’entêtement est au caractère ce que le tempérament est à l’amour 1 2 », ce n’est pas, il s’en faut, qu’il le veuille condamner. Il y voit sans doute quelque chose d’inférieur, mais il veut évidemment faire entendre en même temps que l’entêtement est parfois une chance d’avoir du caractère, ou plutôt une prédisposition à en acquérir; de même que, dans la vie ordinaire, on ne saurait guère voir naître l’amour, où le tempérament fait complètement défaut. Il ne semble pas non plus à Chamfort que la vanité soit mauvaise dans tous les cas ; car « c’est souvent le mobile de la vanité qui a engagé l’homme à montrer toute l’énergie de son âme 3». Et c’est pour la même raison qu’il préfère l’orgueil qui résiste à la modestie qui abdique. Tandis qu’il est « un genre d’orgueil dans lequel sont compris tous les commandements de Dieu 4 5 », — « Il y a une modestie d’un mauvais genre fondée sur l’ignorance, qui nuit quelquefois à certains caractères supérieurs, qui les retient dans une sorte de médiocrité '. » Entre les deux, le choix de