‹ ChamfortChapitre 173 sur 207 · JEd. Auguis, III · texte numérisé non relu

JEd. Auguis, III

ment si commode aux usurpateurs 1 «.Il ne souffre qu’à aucun degré l’Eglise puisse intervenir dans le maniement des affaires publiques. « Si les hommes veulent vivre en paix, il faut tracer une ligne de démarcation entre les objets vérifiables, c'est-àdire qu’il faut ôter tout effet civil aux opinions théologiques et religieuses 2. » Résolument enfin il veut que l’Eglise disparaisse, en tant que caste ou même en tant que corporation, et c’est, à ses yeux, la grande raison pour laquelle on doit abolir le célibat des prêtres. « Qui ne voit... que le mariage des prêtres est le seul moyen de prévenir la tendance à l’esprit de corporation, fruit des anciennes habitudes du clergé ? Qui ne voit que c’est le seul moyen de donner vraiment une patrie aux prêtres, de les confondre dans l’unité nationale, et d’en faire d’utiles instruments de la civilisation d’un grand peuple 3?»

Au reste, aux yeux de Chamfort, toute corporation, quelle qu’elle soit, paraît un cadre qu’il faul briser. Les corporations, formées sous l’ancien régime, n’ont, en somme, vécu que par lui et pour lui ; elles lui empruntaient une partie de sa force, et lui prêtaient en échange une partie de la leur. Elles sont ainsi devenues les asiles et les citadelles de l’esprit du passé. Ce serait une vaine entreprise que d’essayer de les réformer; il faut les détruire ; car « ces corps répugnent à tous les changements, etsemblent avoir pris pour devise le mot d’un pape sur les Jésuites : qu ils soient comme ils sont , ou qu'ils

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