‹ ChamfortChapitre 174 sur 207 · Mercure de France , n° du 14 ;ioût · texte numérisé non relu

Mercure de France , n° du 14 ;ioût

ne soient plus » Aussi la Constituante a- t-elle supprimé les Parlements, après un discours de Mirabeau et une motion de Thouret où il disait, entre autres choses : « Les corps antiques se font une religion de leurs maximes, ils sont toujours attachés à ce qu’ils appellent leurs droits et leurs honneurs». (Séance du 3 novembre 1789.) Chamfort est convaincu qu’il ne faut pas s’arrêter dans cette voie ; et c’est ainsi qu’il fut amené à composer sur les Académies un discours que Mirabeau devait prononcer, et qui, après la mort du grand tribun, fut retrouvé dans ses papiers et publié sous son propre nom par Chamfort, au mois de mai 1791. L’Assemblée Nationale avait demandé aux diverses académies de lui présenter le plan de la Constitution que chacune d’elles jugerait à propos de se donner. L’Académie française nomma quelquesuns de ses membres commissaires pour l’examen et la rédaction de ses règlements. Il sortit de là un rapport rédigé par La Harpe et qui, dès le mois de février 1791, fut imprimé dans le Mercure. Dans ces pages on trouve bien plutôt une apologie de l’Académie française qu’un projet quelconque de réorganisation. La Harpe avait beau être alors un ardent prosélyte de la Révolution, sa religion académique passait avant tout, et il est visible qu’il lui déplaisait qu’on voulût toucher à la tradition de la docte Compagnie. Chamfort, au contraire, surtout préoccupé du succès de ses idées politiques, n’hésita pas à demander la suppression radicale de ce qu’il

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