Ibid
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mais parmi les amis de sa jeunesse il compta Sélis, Thomas, d’autres professeurs de l’Université, et, dans ce milieu, les réformes dont l’œuvre de Rousseau avait donné le signal éclatant ne pouvaient guère manquer de servir de sujet aux entretiens ordinaires. A la fin des Notes sur les fables de La Fontaine, on lit ces réflexions :
« On a pu remarquer quelques fables dont la morale est évidemment mauvaise.... On voit par cet exemple quelle attention il faut porter dans sa lecture pour ne point admettre de fausses idées dans son esprit... Que faire donc ? Ne point lire légèrement, ne point être la dupe des grands noms, ni des écrivains les plus célèbres, former son jugement par l'habitude de réfléchir, Mais c'est recommencer son éducation. Il est vrai ; et c'est ce qu’il faudra faire constamment , jusqu’à ce que l'éducation ordinaire soit devenue meilleure , réforme qui ne paraît, pas prochaine »
Cette remarque, inattendue en pareil sujet, montre assez l’intérêt que Chamfort attachait à cette question.
Au reste, tout en suivant avec attention les tentatives des réformateurs, il pensait qu’elles ne pouvaient alors aboutir à rien d’essentiel ni de décisif. Selon lui, une éducation vraiment rationnelle, vraiment raisonnable, était impossible sous le régime monarchique :
« On ne cesse, disait-il, d’écrire sur l'éducation, et les ouvrages écrits sur cette matière ont produit quelques idées heureuses , quelques méthodes utiles, ont fait, en un mot, quelque bien partiel. Mais quelle peut être en grand l'utiiité de ces écrits, tant qu'on ne fera pas marcher de front les réformes relatives à la législation, à la