‹ ChamfortChapitre 191 sur 207 · Ed. Auguis, tome V, p. 313-317 sqq · texte numérisé non relu

Ed. Auguis, tome V, p. 313-317 sqq

SES DERNIÈRES ANNEES

« Il (le dénonciateur) me prétend lié avec la Gironde, dont je n'ai jamais vu un seul membre que dans des rencontres rares, imprévues et fortuites... Je porte un défi public à quelque homme que ce puisse être, de dire qu'il m'ait jamais vu chez un député de la Gironde et qu'il ait jamais vu un seul d’entre eux chez moi. De plus, grand nombre de personnes savent et peuvent se rappeler que mes idées ont été en opposition absolue avec les leurs sur presque toutes les questions importantes, comme la garde départementale, le jugement de Louis Capet, l'appel au peuple et plusieurs autres b »

Quoique ces déclarations aient été écrites par Chamfort à un moment où sa liberté et peut-être sa vie sont en jeu, il ne les fait pas pour le seul besoin de sa cause ; elles paraissent sincères et exactes. Au mois de janvier 1792, quand les Girondins poussent à la guerre contre l'Autriche, Chamfort condamne cette politique, et, s’il connaît Brissot, Fauchet, rien ne marque qu’il ait eu des rapports suivis avec eux ; quand Roland le nomma à la Bibliothèque, il ne l’avait jamais vu ; il n’a pas eu avec Vergniaud d’autres relations que des relations mondaines 1 2. — Pourtant l’accusation portée contre lui, tout en étant fausse, ne manquait pas de vraisemblance ; si aucun lien ne l’attacha à la Gironde, il avait des affinités avec ce parti. Comme les Girondins, il afficha tout haut son mépris

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