Ed. Aijguis, I
3. S’il ne faisait rien pour qu’on songeât à lui, il semble pourtant (qu’on ne l’oubliait pas tout à fait. On lit dans le Mercure de France partie historique et politique, n” du 21 avril 1792) : « M. Delessart
que Ton a pu recueillir de sa correspondance à cette époque est évidemment fort incomplet. Nous n’avons que deux lettres de lui écrites en 1792. Mais l’une (de janvier) nous le montre très attentif à l’attitude que les puissances monarchiques de l’Europe prennent vis-à-vis de la France révolutionnaire ; et dans l’autre, datée du 12 août, nous voyons qu’il aime toujours à se mêler aux mouvements populaires, et qu’il se réjouit à la pensée que le courant d’opinion parti de Paris entraîne la nation vers la République \ Et, la coalition une fois formée, après la prise de Verdun, quand, dans un dîner chez le ministre Lebrun, il dit, avec
un rire dédaigneux : « Ah! oui ! on dit qu’il y
a des Prussiens ! » ce mot n’est point celui d’un sot, comme le prétend Baudin des Ardennes; c’est la fîère parole d’un homme qui sait ce qu’il y a de ressources de vaillance dans l’âme du peuple de France, et qui partage l’héroïsme confiant d’une nation qui, contre l’Europe entière, va jouer sa vie dans une partie qu’elle ne craint pas de perdre.
Il ne semble pas que Chamfort se soit engagé dans aucun des partis qui se formèrent à cette époque. Pourtant, lorsqu’il fut dénoncé à la Convention, ses dénonciateurs incriminèrent ses relations avec les hommes de la Gironde. Il s’en défendit.
avait renouvelé presque tout le corps diplomatique. Son successeur vient d’opérer un nouveau déménagement. 11 a nommé M. de Maulde, inconnu même de ceux qui connaissent tout le monde, à la Haye, à la place de M. de Gouvernet ; M. de Vibraye remplace l’abbé Louis à Copenhague; M. Villars, secrétaire des Jacobins, passe à Mayence.
On parle de M. Chamfort pour la Diète de Ratisbonne »