‹ ChamfortChapitre 25 sur 207 · Ed. Auguis, II · texte numérisé non relu

Ed. Auguis, II

CIIAMFORT

je n’aime pas » ' ? Chamfort nous a la mine d’avoir été le héros de cette anecdote.

Epris de la réputation autant que des femmes, il la rechercha avec vivacité, ; mais il ne mit point d’âpreté à la poursuivre. N’est-ce pas un fait digne de remarque qu’il n’essaya point de faire violence à la gloire, qu’il ne songea point à la conquérir en dépit de Minerve, aux dépens de son naturel ?Malgré ses succès, il comprit vite qu’il n’était pas né pour la poésie et y renonça. C’est, dira-t-on, de la paresse; il se peut. Mais un renoncement si facile et si prompt se concilie-t-il bien avec cette énergie ardente, qui, au gré de Sainte-Beuve, aurait trop tôt brûlé son âme et tari en lui toute sensibilité ? Dans ses démarches pour se faire valoir, pour faire valoir ses œuvres, trouve-t-on rien qui trahisse la jalousie, l’envie, le désir de se pousser à l’exclusion de ses rivaux ? Tout ce que l’on sait au contraire de ses rapports avec les gens de lettres indique qu’il y apporta beaucoup de réserve, de loyauté et une humeur pacifique peu commune chez les jeunes littérateurs de l’époque. Voltaire reçoit en hommage les œuvres de Chamfort ; mais c’est là une marque de déférence à laquelle nul ne se soustrait alors ; Chamfort est respectueux avec le patriarche, il ne lui fait point sa cour. Quand il brigue les couronnes académiques, il voit Marmontel, Duolos, d’Alembert : ce sont démarches que l’usage impose. Chamfort est poli avec ses juges ; dans ses œuvres, on ne trouve pas un mot

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