Diderot, Ed. Aspezat, XJ
SES DÉBUTS LITTÉRAIRES
de se compromettre, il épousait chaleureusement la cause de ceux qu’il croyait devoir lui être chers. C’est pour Rulhierre qu’il eut avec Marmontel cette algarade qu’a contée Diderot1 ; à la veille de concourir pour un prix académique, il attaquait un jugement de l’Académie parce qu’il lui paraissait léser un ami.
Rien, en somme, dans la jeunesse de Chamforl, ne permet de prendre mauvaise idée de son caractère. Ne pardonne-t-on pas aux jeunes gens du libertinage, quelque ambition et un peu d’orgueil, surtout lorsque ces défauts sont compensés par du désintéressement, par le goût de l’indépendance, le respect des devoirs de famille et par ce que La Fontaine appelait « le don d’être ami »?D’Argenson dit dans ses Mémoires que le siècle fut atteint à un moment d’une paralysie du cœur ; c’est une maladie que Chamfort jeune ne connut pas.