Ed. Auguis, V, 262 sq
parlai, il obtiendra enfin cet emploi près d’an de nos ministres à l’étranger qu’il avait manqué en 1771, N’est-ce point ce qu’on peut lire entre les lignes de ce passage de sa lettre à MmeSaurin :
« M. de B. (Breteuil) a trouvé absurde que je négligeasse l'occasion de voir M. de Choiseul. Il prétend que ma connaissance avec M. de Gr. (Grammont) pourrait finir par n’ètre qu’une connaissance des eaux. C’est ce qui ne peut jamais arriver. Il est actuellement à, Chanteloup ; il peut s’en assurer par lui -même ; et, entre nous, je crois qu’il ne laissera pas d’être un peu surpris. »
Au reste, si vives que fussent ses espérances et son ambition, Chamfort ne mit pas de hâte à courir au-devant de la fortune qui, à ce moment, lui souriait. « La fortune, a-t-il dit, pourarriverà moi, passera par les conditions que lui impose mon caractère1 », et, en fait, il ne voulut être ni empressé, ni obséquieux. A son retour de Barèges, comme il l’avait promis, il se rendit à Chanteloup ; mais loin de s’y imposer, il ne s’y attarda même pas. « De cet Olympe où il passa plusieurs jours, nous dit Sélis, il descendit dans un humble entresol de la rue de Beaune. Là on lui donna de l’ouvrage à tant la feuille 2. » Il se mit avec courage à cette besogne mercenaire, et, comme l’atteste Sélis, il la fit avec probité. C’était le Dictionnaire dramatique, dont le privilège est de 1774, mais qui parut seulement en 1776, et qu’il s’agissait sans doute de remanier et de refondre. Voici comment La Harpe appréciait cette compilation :
« Le libraire Lacombe a mis en vente le Dictionnaire dra-