Correspondance, tome XII, p
rances sur « sa tant belle tragédie », comme dit Collé. « Vous voyez là ma fortune », avait-il déclaré naguère à Aubin, en lui montrant un manuscrit sur la table où il écrivait. C’était Mustapha et Zéangir. Sa déconvenue ne pouvait manquer de lui causer un vif dépit. Et i) l’exhalait sans doute quand il écrivait ce jugement sommaire : & Le public de ce moment-ci est, comme la tragédie moderne, absurde, atroce et plat1 2 ». Mais que cette blessure d’amour-propre l’ait atteint à fond, que son humeur noire date de ce jour, qu’il n’ait point pardonné au siècle, comme l’ont prétendu quelques-uns, d’avoir trop peu prisé Mustapha et Zéangir, c’est ce que nous nous refusons à admettre Où voit-on donc, en effet, qu’il ait, à cette heure, rompu avec le monde? S’il donna sa démission de secrétaire des commandements du prince de Condé vers cette époque (à la fin de 1777 ou au commencement de 1778), Mustapha et Zéangir ne fut pour rien dans l’affaire. Il trouvait la charge dépendante et fatigante ; il s’excusa en bons termes de ne la pouvoir remplir, et en abandonna généreusement les appointements d’abord, puis le titre à Grouvelle 3 . Mais il conserva ses relations avec le prince, qui, comme nous le verrons, assistait avec toute sa famille à sa réception académique. Il était aussi de la société de Monsieur avec Condorcet, Suard, Ducis, M. de Montesquiou, Moreau, l’histo-