Voir Œuvres du comte Rœderer, tome IV
3. P. Aigoeperse, Biographie d' Auvergne. (A. la Bibliothèque nationale, sous la cote Ln%a 15 )
JO
CUAMFORT
Mais ce qu’il importe surtout de retenir, c’est que Chamfort lui-même avait confié le mystère de sa naissance à un ou deux amis. Pourquoi, s’il eût eu vraiment une origine légitime, aurait-il fait un pareil mensonge? Dans quel intérêt semblable supercherie ? Aurait-il mieux aimé se donner pour un bâtard que s'avouer le fils d’un épicier? Singulier calcul de vanité ; et d’ailleurs, si Chamfort eût voulu qu’il lui profitât, il aurait dû étaler sa bâtardise au grand jour et non pas en faire discrètement la confidence,
Il est certain pourtant qu’il traita toujours comme sa mère cette Thérèse Croiset qui figure sur le baptistaire d’avril 1740 en qualité d’épouse de l’épicier Nicolas. Une lettre de lui (octobre 1784’) nous apprend qu’il la perdit à quatre-vingt-cinq ans à peu près, et les registres de la paroisse Saint- Genest contiennent en effet l’acte de décès suivant : « Le vingt-six juin mil sept cent quatre-vingtquatre, a été enterrée Thérèse Creuset (sic), veuve de François Nicolas, décédée la veille sur cette paroisse, âgée de quatre-vingt-quatre ans environ » 1 2.
Pour résoudre cette difficulté, nous sommes réduits aux conjectures. — Mais, comme il nous paraît impossible de révoquer en doute le témoignage de Chamfort lui-même sur sa naissance, voici l’explication que nous serions tenté de pro-