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I. Ecl. Adguxs, II

l’observateur et le moraliste 131

traits de mœurs qui le frappaient. Il est même probable que ce recueil fut commencé plus tôt ; car, dès 1784, Mirabeau nous apprend qu’il avait « un immense répertoire 1 » d’anecdotes. Mais, au début, quand il en usait ainsi, il semble qu’il n’ait eu d’autre dessein que d’amasser des ressources qu’il ferait valoir dans sa conversation ; il y a en effet, dans son livre, des bons mots qui ne sont que des bons mots, de simples calembours, des historiettes purement plaisantes.

Au moment où la blessure mystérieuse, qui lui fit fuir le monde, était encore toute fraîche, ses petits papiers furent pour lui comme des confidents sûrs entre tous ; sans réserve, sans réticence, il pouvait leur confier son dépit, ses colères, ses tristesses. Dans les Maximes, Caractères et Anecdotes, plus d’une page a un caractère tout intime ; et nul ne peut s’y méprendre. On sent qu’il n’a pu résister au besoin d’épancher son âme ; et comme elle est encore toute frémissante des passions et des douleurs dont il a souffert, c’est en ces passages que se marque le plus ce qu’on a nommé sa misanthropie.

Mais l’idée lui vint assez tôt qu’il pourrait faire de ces notes prises au jour le jour autre chose qu’un simple ana ou une sorte de journal intime. Dans la masse de petits papiers, que Ginguené recueillit après la mort de son malheureux ami, il en trouva un où se lisaient ces mots : Produits de la civilisation perfectionnée. — lre partie : Maximes

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