‹ ChamfortChapitre 87 sur 207 · Fd. Auguis, V · texte numérisé non relu

Fd. Auguis, V

et pensées ; — 2e partie : Caractères ; — 3° partie : Anecdotes. Ginguené fut persuadé qu’il y avait là le titre et les divisions d’un grand ouvrage dont Chamfort « avait parlé à mots couverts à très peu de personnes ». Et c’est bien sans doute ce même ouvrage auquel il fait allusion dans un morceau écrit en 1785 ou 1786 et où il répond à cette question : « Pourquoi ne donnez-vous plus rien au public ?» — « C’esl que, dit-il entre autres choses, je travaille pour les Variétés amusantes , qui sont le théâtre de la nation , et que je mène de front, avec cela, un ouvrage philosophique, qui doit être imprimé à l’imprimerie royale \ » En rapprochant ce passage du témoignage de Ginguené, n’est-on pas conduit à penser que Chamfort ne tarda guère, en prenant ses notes, non pas peut-être à être guidé par un dessein, mais dominé par une préoccupation ? Il voulut, en observant la société de son temps, saisir l’influence que les institutions politiques et sociales exerçaient sur les mœurs, et marquer comment les abus engendraient la corruption. C’est là le sens du titre ironique qu’il voulait donner à son ouvrage : Produits de la civilisation perfectionnée. Et ce qu’on y trouve surtout en effet, ce sont des études qui semblent bien avoir été faites pour composer un tableau de la décadence morale delà société monarchique et aristocratique en France.

Pour faire cette œuvre d’observateur et d’historien moraliste, il fut assurément bien placé.

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