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SUR LE CARACTÈRE

Il y a, on ne peut le nier, quelques grands caractères dans l'histoire moderne, et on ne peut comprendre comment ils se sont formés : il y semblent comme déplacés ; ils y sont comme des cariatides dans un entre-sol.

Un homme d'esprit est perdu s'il ne joint pas à l'esprit l'énergie de caractère : quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton.

Il faut savoir faire les folies que nous demande notre caractère.

On anéantit son propre caractère dans la crainte d'attirer les regards et l'aftention, et on se précipite dans la nullité pour échapper au danger d'être peint.

Il y a quelquefois entre deux hommes de fausses ressemblances de caractère qui les rapprochent et qui les unissent pour quelque temps ; mais la méprise cesse par degrés, et ils sont tout étonnés de se trouver très écartés l'un de l'autre, et repoussés en quelque sorte par tous leurs points de contact.

PENSÉES ET MAXIMES 1 l

Tel Homme a été craint pour ses talents, haï pour ses vertus, et n'a rassuré que par son caractère. Mais combien de temps s'est passé avant que justice se fît !

Il n'est pas rare de voir des âmes faibles qui, par la fréquentation avec des âmes d'une trempe plus vigoureuse, veulent s'élever au-dessus de leur caractère. Cela produit des disparates aussi plaisantes que les prétentions d'un sot à l'esprit.

L'entêtement représente le caractère à peu près comme le tempérament représente Vamour.

On s'effraye des partis violents, mais ils conviennent aux âmes fortes, et les caractères vigoureux se reposent dans l'extrême.

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