SUR LA COUR
A la cour, tout est courtisan : le prince du sang, le chajielain de semaine, le chirurgien de quartier, l'apothicaire.
Je conseillerais à quelqu'un qui veut obtenir une grâce d'un ministre de l'aborder d'un air triste plutôt que d'un jiir riant. On n'aime pas à voir plus heureux que soi.
Amitié de cour, foi de renards et société de loups.
Quand les princes sortent de leurs mi-^érables étiquettes, f-e n'est jamais en faveur d'un homme de mérite, mais d'une fille ou d'un bouffon. Quand les femmes s'affichent, ce n'est presque jamais pour un honnête homme, c'e.^t pour une espèce. En tout, lorsque Ton brise le joug de l'opinion, c'est rarement pour s'élever au-dessus, mais presque toujours pour descendre au-dessous.
A'ous croyez qu'un ministre, im homme en place, a tel ou tel principe, et vous le croyez parce qtie vous le lui avez entendu dire. En conséquence, vous vous abstenez de lui demander telle ou telle chose qui le mettrait en contradiction avec sa maxime favorite. Vous apprenez bientôt que vous avez été dupe, et vous lui voyez faire des choses qui vous prouvent qu'un ministre n'a point de principes, mais seulement l'habitude, le tic, de dire telle ou telle chose.
Etes-vous l'ami d'un homme de la cour, d'un homme de qualité, conmie on dit ,et souhaitez-vous lui inspirer le plus vif attachement dont le cœur humain soit susceptible, ne vous bornez pas à lui prodiguer les soins de la plus tendre amitié, à le soulager dans ses maux, à le consoler dans ses
PENSÉES ET MAXIMES Vj
I)eines, à lui consacrer tous vos moments, à lui sauver, dans l'occasion, la vie ou l'honneur ; ne perdez point votre temps à ces bagatelles : faites plus, faites mieux, faites sa généalogie.