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diaphragmes passés devant l’œil artificiel étant portés en abcisses et les champs correspondants en ordonnées.
Cette expérience a été faite pendant que notre œil était encore soumis à l’action mydriatique afin que notre pupille ne fût pas sujette à varier.
On peut répéter bien plus aisément cette expérience en se servant d’un appareil photographique en guise d’œil artificiel.
On trace sur le verre dépoli une série de cercles homocentriques, puis transportant l'appareil dans une chambre obscure, on éclaire ces cercles en plaçant une bougie en arrière de l’appareil.
L'’observateur se place alors à une petite distance de l’objectif et regarde au travers de celui-ci en mettant devant son
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Distances à l’œil artificiel de Perrin comptées en millim., F1G. 10.
œil un trou sténopéique qui élimine les variations de son ouverture pupillaire. En plaçant différents diaphragmes devant ou dans l'objectif, l'observateur verra que, pour une même position de son œil, le nombre des cercles vus croît avec la grandeur des diaphragmes.
Influence de la distance des deux yeux. —La courbe (fig. 10) représente la variation expérimentale que subit le champ d’observation lorsqu'on s'éloigne de l’œil observé, les autres quantités, qui pourraient l’influencer, restant constantes. On voit que la courbe est une hyperbole très régulière conforme par conséquent aux formules trouvées.
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Influences des amétropies. — Dans les yeux artificiels que nous avions entre les mains, les amétropies axiles s’obtenaient en avançant ou reculant la lentille, le fond de l'œil restant fixe. Nous les avons abandonnés pour cette dernière vérification, car il devenait difficile, en faisant varier la réfraction de l'œil, de nous replacer toujours à la même distance de lui. C’est l’appareil photographique qui nous a servi; il est disposé dans la chambre noire comme précédemment avec un diaphragme de . 1 cent. environ de diamètre dans l'objectif. L'observateur reçoit les images des cercles homocentriques tracés sur le verre dépoli de l'appareil en plaçant un trou Hu devant son œil et à une distance très.rapprochée.
Il les verra ainsi toujours nettement malgré qu’il ne soit pas adapté pour les rayons qu'il reçoit. L'observateur rapproche alors le verre dépoli de l'objectif, ce qui simule le cas d’une hypermétropie axile. S'il se trouve en avant du foyer antérieur de l'objectif, il verra le nombre des cercles homocentriques tracés sur le verre dépoli diminuer à mesure qu’en agissant sur la crémaillère de l’appareil on éloigne le verre dépoli de l'objectif, ce qui correspond d’abord à l'emmétropie puis à la myopie.
Il y à une position de l'observateur pour laquelle le nombre des cercles vus est indépendant du tirage de la chambre photographique. C’est lorsque le trou sténopéique occupe la position du foyer antérieur de l'objectif.
Enfin le champ d'observation croît avec le tirage de la chambre photographique lorsque l'observateur (ou plutôt le trou sténopéique) se trouve entre l'objectif et son foyer.
Pour des positions du trou sténopéique très peu distantes du foyer, le champ d'observation varie dans de grandes limites pour des déplacements suffisants du verre dépoli. Frappé de cette grande sensibilité, nous faisons réaliser en ce momentun focomètre basé sur le principe précédent. Il servira en outre à vérifier la régularité de taille des verres, à déterminer leur centre et leur axe optique. Enfin il s’appliquera à la mesure directe des constantes des systèmes astigmates et du pouvoir réfringent des lentilles divergentes.
Nous décrirons très prochainement cet instrument actuellement en construction.
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IV. — Opinions émises antérieurement. | Helmholtz (1) s'exprime ainsi au sujet du champ d’observation ophtalmoscopique dans la méthode à l’image droite : « Dans cette méthode le champ visuel n'est pas nettement cir- « conscrit étant limité par le bord de la pupille de l’œil observé, « bord qui est vu diffusément. Pour déterminer d'une façon « complète, une limite nette, on peut prendreles lignes visuelles « de l'observateur menées suivant le bord de la pupille de l'œil « observéet dont le pointd’intersectionse trouveau centre de la « pupille de l’'examinateur. Si l’on considère ces lignes de visée « comme des rayons lumineux émis par le centre de la pupille « de l’examinateur, on constate que le champ visuel de l'obser- « vateur sur la rétine de l’œil observé correspond à l’image de « diffusion que donnerait sur cette rétine le centre de la pupille « de l'observateur. »
Le champ d'observation serait donc mdépendant de l’ouverture pupillaire de l’examinateur ; il serait le même, que celui-ci
ait la pupille contractée ou dilatée, conclusion en contradiction
avec la théorie et les expériences que nous avons faites.
Pilz @), Zander (3), Snellen et Landolt (4) sont de l’avis d'Helmholtz et indiquent l’utilisation des lignes visuelles pour la construction du champ d'observation.
D'après Perrin (5), l'étendue de fond d'œil accessible à l’exploration ophtalmoscopique est nécessairement limitée dans
tous les cas à l’étendue qu’il est possible d'éclairer dans une
direction donnée. « L’éclairage bien dirigé pouvant, dit-il, foura nir un cercle lumineux de diffusion sensiblement égal au « cercle pupillaire, la partie de la rétine examinée à un moment « donné sera donc tout au plus égale au diamètre de la pupille. » Nous avons vu que le champ d'observation pouvait être tel que
(1) HezMHOLTrz. Opt. phys., traduction française, p. 242; 2e édit. allemande, p. 217.
(2) PILZ. Compendium d. Augenhrankeiten.
(3) ZANDER. Der Augenspiegel.
(4) SNELLEN et LANDOLT, Traité d'ophtalmoscopie de de Wecker et Landolt, 6. L0p: 1799; PERRIN. Traité pratique d'ophtalmoscopie et d'optométrie. Paris, 1872,
le donnait Perrin, mais seulement lorsque le point de croisée M défini plus haut coïncidait avec le foyer antérieur.
Fick (1) dit que « dans la pupille de l'œil observateur ne peu- « vent arriver des rayons du fond d'œil observé que des points « qui inversement peuvent recevoir les rayons de l'œil obser- « vateur supposé lumineux. Mais l’ensemble de tous ces points « est l'image, dans le grand sens du mot, de la pupille de l’ob- « servateur sur le fond d'œil observé ». Il est aisé de voir que le champ d'observation, ainsi défini par Fick, correspond au champ que nous avons construit et calculé. En effet, les rayons d'inclinaison limite qui peuvent pénétrer dans l'œil observateur sont inversement ceux qui pénétreraient dansl’œilobservé, la pupille de l’observateur étant lumineuse. Léur construction délmitera donc l’image de diffusion de la pupille de l’examinateur sur le fond de l’œil observé.
Ulrich (2) arrive pour le champ d'observation à l’image droite aux mêmes formules que nous. Ainsi que nous l’avons déjà dit, il n'étudie le champ d'observation que dans les amétropies de courbure. Nous ne savons pourquoi il suppose, dans ses calculs, la pupiile placée dans le plan nodal de l’œil réduit, ni pourquoi il fait abstraction de son agrandissement à travers la surface réfringente de la cornée. On peut voir, d'après notre travail, qu'il n’est nullement nécessaire de faire ces restrictions qui, à l'encontre du but que s’est proposé leur auteur, ne peu vent qu'atténuer l'exactitude des résultats.
Il arrive à conclure : « qu’en pratique le champ d'observation « paraît être plus petit que l'indique Helmholtz ». Cette conclusion contraire à la théorie ne saurait être admise et peut s’expliquer par les causes d’erreurs auxquelles Ulrich s’exposait dans ses expériences. Il opérait avec un miroir percé d’un trou et sans tenir compte de la distance du miroir à l'observateur. Il est clair que dans ces conditions il n’aurait pas fallu porter dans les formules la dimension du trou de l'ophtalmoscope. Il nous semble bien difficile qu'Ulrich ait pu dans ses expériences déterminer exactement les distances des yeux de l'examinateur et de l’observé,et une petite erreur dans cette évaluation
(1) Fiok. HerMANN. Æandbuch d. Physiologie, &. IT, p. 127. (2) UcrioH. Das ophtalmoskopische Gesichtsfeld. Æin. Monatsbl. f. Awgenheilk., 1881, p. 186-212.
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| é'observation ve Fick, Ulrich, Biertant assignent, en théorie, au champ d' Fou HU x vation ophtalmoscopique une valeur dépendant de la grandenr RARE Ne des pupilles de l'observateur et de l'observé et de leur distance. Ulrich prétend, après Ruttenberg (3), qu'en pratiquele champ d'observation ophtalmoscopique est plus petit que celui donné PAL par Helmholtz. Les auteurs disent que cela tient en général à MA ce que le champ qui serait visible n'est pas complètement éclairé. Mais il est toujours aisé de satisfaire à cette question | d'éclairage. Il est facile d'éclairer le fond de l'œil dans des limites même bien supérieures à D du champ d’ observation A possible. RENE On peut donc ne pas compliquer la question du champ visuel ophtalmoscopique par celle de l'éclairage. Si dans certains procédés d'observation, cela devenait nécessaire, le champ visible
(1) EPERON. Détermination à l’image droite des degrés élevés de myopie. ; Archives d'ophtalmologie, &t. IV, 1884, p. 219. (2) BIERRUM. Znstruction pour l'emploi de l'ophtalmoscope à l'usage des étudiants et des médecins. Traduct. française, par Grosjean, 1891. (3) RUTTENBERG. Ueber ophtalmoskopie die aufrecten Bildes mit erweiterten Gesichtsfeld. Ælin. Monast. Zehenders, 1887.
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serait donné par les portions communes au champ d’observation théorique et au champ d'éclairage.
D'accord avec Fick, Ulrich, Bjerrum sur la manière dont se détermine théoriquement le champ d'observation ophtalmoscopique à l’image droite, nous ne saurions admettre les conclusions pratiques auxquelles arrive Ulrich à la suite d’expériences bien peu rigoureuses.
En effet, le champ tel que l’a donné Helmholtz est exact pour une ouverture pupillaire punctiforme de l'observateur. Nous avons prouvé expérimentalement qu'il croissait très vite avec ouverture pupillaire de l’examinateur. Donc, pour peu que cette dernière soit grande, le champ d'observation est supérieur à la limite que lui assigne Helmholtz. Mais tont en restant supérieur à cette valeur, il ne saurait cependant atteindre la valeur calculée, car Les portions périphériques du champ d'observation théorique ne peuvent être perçues. La clarté diminue en effet graduellement vers la périphérie du champ, car la portion utilisée des faisceaux de rayons lumineux allant de l’observé à l’examinateur va en décroissant. La limite théorique du champ est celle pour laquelle l'œil observateur reçoit seulement un seul rayon lumineux d’un point du fond de l'œil observé. Ce point n’est pas perçu, de même que ceux qui en sont voisins et n’envoient que très peu de lumière à l'observateur.
Le champ d'observation ophtalmoscopique tout en étant plus grand que celui d'Helmholtz est donc plus petil, en pratique, que le champ d'observation calculé.
L'image de l'iris de l'œil observé contribue un peu à diminuer la netteté de la portion périphérique du champ, car elle donne, sur je fond de l’œil observateur, une image de diffusion dont tout au moins les portions internes recouvrent la périphérie de l'image ophtalmoscopique se formant sur la rétine de l’examinateur. Les limites internes de l’image diffuse de liris sont déterminées par le cercle de diffusion central que donne l’image de l'ouverture pupillaire de l'œil observé. Cette image diffuse recouvre la portion de rétine recueillant la périphérie de l'image ophtalmoscopique dans uneétendue d'autant plus grande que l'observateur étant adapté pour la vision nette du fond de l'œil, l’est moins pour celle de l'iris. Cette portion impressionnée tout à la fois par l’image diffuse de l’iris et celle du fond de l'œil
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croit également, comme toute image de diffusion, avec la gran- deur de l’ouverture pupillaire de l'observateur. Mais au point de vue de la netteté de perception de l'image ophtalmoscopique, il y a surtout à se préoccuper de l'intensité de cette image diffuse. Disons tout d’abord que la portion la plus interne de cette image de diffusion est très faiblement éclairée. Il est aisé de voir que l’éclairement croît vers les portions périphériques jusqu’à la partie moyenne de l'anneau de
diffusion de l’image de l'ouverture pupillaire. Mais au delà la
clarté de l’image diffuse de l'iris est constante et d'autant plus faible que l’image est plus diffuse.
Or, nous croyons que l’on peut avancer que l'éclairement de cette image diffuse est en général bien plus faible que celui de l'image ophtalmoscopique. Elle ne nuirait guère, dès lors, à la perception de cette dernière.
Nous nous contenterons de citer l'expérience suivante qui, croyons-nous, suffira à convaincre.
Tournant le dos à une fenêtre, on regarde les objets situés au loin, par exemple sur le mur opposé. On amène graduellement devant la pupille une carte blanche que l’on tient très rapprochée de l'œil. Elle est déplacée jusqu’à ce qu’elle recouvre partiellement, par son bord, l'ouverture pupillaire. La carte forme une image de diffusion qui recouvrira les images nettes des objets fixés au mur, mais n'empêchera pas leur perception.
On verra des objets très nettement, puis plus à la périphérie, du côté de la carte ils apparaîtront sur un fond très légèrement blanchâtre augmentant d'intensité à la périphérie. Avec un carton noir la perception des objets périphériques est bien plus nette encore puisque l'image de diffusion n'est presque pas éclairée.
L’analogie entre les conditions de vision réalisées dans cette expérience et celles qui se présentent dans l'examen à l'image droite, est trop frappante pour que nous y insistions.
Rappelons, pour terminer, que dans la vision la plus distincte, celle dite directe, l’image rétinienne de l’objet se forme sur la fovea centralis de la tache jaune. Cette vision directe ne peut s'exercer que dans un champ très limité que l’on sous-entend à partir du point nodal par un angle de 12° à 15’. Ce champ est plus petit que celui de l'observation ophtalmoscopique, ce qui