Champignons et truffes
Rien n'est plus naturel, lorsqu'on se promène au printemps et en automne dans les prés et sur les lisières des bois , que de céder à la tentation de récolter quelques-uns de ces beaux champignons qu'on y trouve à profusion, à demi-cachés dans le fin gazon des pelouses. Trop souvent on est cruellement puni d'avoir trop compté sur ses propres lumières, et d'avoir livré à la cuisine quelques mauvais champignons égarés parmi ceux des espèces comestibles.
L'auteur de ce traité a eu pour but principal de rendre plus rares de déplorables accidents, en vulcfarisant la connaissance des ca-
ractères distinctifs des bons champignons, et des signes certains qui permettent de ne pas les confondre avec ceux des espèces vénéneuses; il entre à cet égard dans les détails les plus précis, convaincu qu'on ne peut être trop explicite lorsqu'il s'agit d'écarter un danger dont tous les ans tant d'imprudents sont les victimes.
Dans la pensée de l'auteur, il y aurait un moyen certain , un moyen radical de rendre à jamais impossibles les empoisonnements par les champignons vénéneux; ce serait d'étudier leur mode de végétation, de cultiver toutes les espèces comestibles, comme on cultive dans les environs de Paris le champignon de couches, et de ne livrer à la cuisine que des champignons cultivés, chose qu'il croit non-seulement possible, mais même assez facile.
La partie la plus étendue de cet ouvrage est, pour cette raison, consacrée à la description des procédés de culture des champi-
gnons, en commençant par la méthode des champignonistes parisiens, la pins productive de toutes; ce chapitre a pour complément l'exposé des procédés de culture du champignon de couches en Angleterre et en Belgique, de l'Agaric atténué, du Palomct et du Bolet comestible dans les Landes. Les résultats obtenus de ces cultures confirment les vues de l'auteur quant à la possibilité de multiplier artificiellement, par une culture intelligente, toutes les autres espèces de bons champignons.
La truffe, bien que l'auteur ne la regarde point comme un champignon, ne pouvait être oubliée. Tout en réduisant à leur juste valeur les truffières artificielles établies avec peu de résultat utile dans plusieurs de nos départements du Midi, il n'en donne pas moins tous les détails qui peuvent conduire à les rendre plus productives; puis il développe des vues nouvelles sur la nature de la truffe, et sur la route à suivre pour arriver à
la reproduire artificiellement à volonté, ce que personne n'a su réaliser jusqu'à présent.
L'exposé des meilleures recettes pour accommoder les diverses espèces de champignons ainsi que les truffes, et pour les conserver, afin de pouvoir en faire usage toute l'année, sans interruption, succède naturellement à celui des procédés de culture; ce chapitre sera surtout apprécié des maîtresses de maison.
Une section est consacrée aux champignons comestibles peu usités en France, et une autre aux champignons vénéneux. Sans aborder les détails botaniques et physiologiques compréhensibles seulement pour ceux qui ont fait sur ce sujet des études spéciales et à qui Tusage du miscroscope est familier, l'auteur s'est surtout attaché au côté pratique de la question. Il décrit avec la plus minutieuse exactitude les champignons dangereux les plus communs en France, etil insiste tout particulièrement sur ceux d'entre ces cham-
pignons qui, par leur ressemblance plus ou moins grande avec les champignons des espèces comestibles, peuvent le plus aisément donner lieu à de funestes méprises.
Cette section est complétée par la description des symptômes de l'empoisonnement par les champignons vénéneux, avec l'indication des premiers secours à donner aux victimes des accidents de ce genre, quand ceux de Tart médical se font attendre. Dans cette partie de son travail, l'auteur a su se tenir dans une sage réserve, en mettant seulement sur la voie des moyens sûrs et exempts de danger d'arrêter les progrès du mal, en attendant rintervention indispensable du médecin. Les conseils qu'il donne à cet égard sembleront d'autant plus précieux que trop souvent, faute de lumières suffisantes, on rend plus grave le mal qu'on cherche à soulager, et quand le médecin arrive, il est trop tard.
On peut juger par ce rapide coup d'œil jeté sur Tensemble de ce livre substantiel, du
genre de services qu'il est appelé à rendre, soiL à une branche intéressante de l'horticulture, soit à l'économie domestique, et à la médecine familière.
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