PROMENADE AUX J^N VIRONS
J^ERS deux heures et demie, M. Turj^eon monte en landau pour faire un promenade aux environs ; il esl accompag-né du vicomte de Viile-d'Avrav, vice-président du Vieux-Hon fleur, de M. Hincelin, trésorier de la Sociélé et de M. Lemieux.
Celle promenade comportait trois étapes : la ferme du Mont Saint-Jean, le village de Barneville et le bois du Breuil.
Au Mont Saint-Jean, le ministre esl reçu par le fermier, M. Yger, auquel se sont joints ses collègues du Conseil municipal de Saint-Gatien-des-Bois.
L'exploitation est visitée en détail, ainsi que les caves où se trou vent d'énormes tonnes de cidre dont l'une ne contient pas moins de vingt-cinq mille litres.
Après avoir goûté aux meilleiws crûs delà vallée d'Auge et trinqué, selon l'usage normand, à la santé des personnes présentes, M. Turgeon quille la ferme pour se rendre à Barneville-la-Bertran.
Chàtoan de Daiaevllk^-la-r.ortraa
Cette commune mérite d'être visitée non seulement pour la bcaulé de ses sites, mais encore par les souvenirs historiques qu'elle rappelle. Klle appartenait dès le x« siècle à la famille des Bertran de Briquebec et de Roncheville, dont le maréchal Bertran fut, sous Charles V, le plus illustre représentant. Le château que possède aujourd'hui M"^^ la comtesse d'Andigné, servait sous Louis XIV de résidence à Galherine de Bai'neville comtesse d'Aulnoy, l'auteur si estimé des Contes de fées et des Mémoires de la cour d'Espagne. Dans
l'église, que domine une belle tour du xu^ siècle, est inhumé le corsaire Jean Doublet, l'émule et l'ami de Jean Bart.
M. Turgeon fait le tour du village, visite le sanctuaire, traverse le parc magnifique du château dont les grilles ont été ouvertes sur l'ordre de M""" la comtesse d'Andigné, puis se rend au presbytère, où le curé de la paroisse M. l'abbé Loiseleur offre au ministre, ainsi qu'aux personnes qui l'accompagnent, la collation.
Le parcours des célèbres allées Marguerite dans le bois du Breuil forme la dernière partie de cette charmante promenade.
Le soleil couchant empourpre l'horizon lorsque le landau revient à Honfleur par la route du bord de la mer.
MOIRÉE DE THEATRE ^0/?AMiV/)
A huit heures et demie du «oir, la r,'^racieuse salle du théàlre mtinicipal offrait le plus brillant aspect. Dans les loges, aux fauteuils, d'élégantes foileltes jetaient une note de clarté et de joie. Toutes les places étaient remplies d'une foule compacte et sympathique, désireuse d'applaudir un spectacle entièrement inédit. Le programme comportait, en effet, des œuvres d'inspiration normandes, écrites spécialement pour ces fêtes.
Au hasard de la lorgnette nous remarquons : MM. Blanchet, maire de Honfleur ; Albert Sorel, de l'Académie Française; Gh. Bréard, président d'honneur du Vieux-Ho7ifleur ; Ullern, président de la Chambre de Commerce ; le colonel Lachèvre ; Ballif, admiuistrateur de la marine ; Boudin, président ; le vicomte de Ville-d'Avray, vice-président et les membres du Comité du Vieiix- Honfleur ; les Membres du Conseil municipal ; de V Union Commerciale, etc.
Lorsque M. Turgeon, accompagné de ses deu.v secrétaires, vient prendre place dans la loge de face qui lui est réservée, la salle toute entière lui fait une ovation.
La soirée s'ouvre par une charmante causerie de M. Albert-Emile Sorel sur le Théâtre populaire.