LA SOIRÉE
A la chute du jour s'allument les lanternes, les ballons, les verres de couleurs, les rampes de gaz et bientôt la ville toute entière est illuminée. Une fête vénitienne a lieu sur le vieux bassin, là, le coup d'œil est féerique : Des barques décorées de fanaux multicolores, glissent sur l'eau transparente , des cordons de feu entourent les quais, courent le long des maisons dont les fenêtres étincellent; la Lieutenance s'embrase et apparaît comme un château de rêve dans la fantasmagorie des flammes de bengale. Du haut des terrasses de la vieille forteresse, les cors de chasse jouent d'anciens airs français : chants mélancoliques et tendres, appels lointains, échos prolongés, voix de clochesque la brise nocturne enveloppe et nuance d'un exquis mystère.
De nouveaux feux s'allument cours de la République, où les Sociélés de gymnastique forment des pyramides humaines.
Sur la place Thiers, éclairée à giorno, des Sociétés musicales donnent un concert.
Enfin, veis onze heuies, le public se rend en foule à la grande poissonnerie où un l)al populaii'e commence pour se continuer très animé pendant une grande partie de la ruiit.
Dca:^ième loupnée