Champlain célébré par les Normands et les Canadiens
Iiisidi iqiies qui rallaclienl Honlleur au Clauada. Ct's sniivcniis soni plus nniiilireiix el plus importants qu'où ne le croit fiénéraleuient ; niihliés ou coulbudus avec ceux (les ports de Saint- Midn et de Dieppe, ils ont été récemment remis en lumière, ^ràce aux savants tiavaiix de MM. Charles et l'aiil Hréard de la Kniiciére, K. Guénin, eli'. C'est en nous iuspiiiint de leurs ouvrages que nous avons rédiiié cette comte notice destinée à servir, en quelipie ^orte, de jiistidcation aux l'êtes Noriuandcs-Cauadiennes relatées plus Inin.
L'honneur du premier voyance île découverte accompli par les l'"rançais dans l'Améiiqup du Nord, revient au capitaine hunneiiiais .Icau Ilcuisi. tlelui-ci, aidé par iiu pilote rouennais uuuiiné (iauiart, alidida, ni l.")!!!), ,iux ci'iles de Terre-Neuve et explora remhoucliurc ilu Saiiil-l-auiciil , nue carie |iarlicllc dressée par ses soins ^iiida, plus lard, les iiaviL;ateuis d;uis ces paraiics-.
f^n lùOS, un aiitic uiaiiu île lloiillriir, 'l'houias Aiiliert, coiiiiuaudaiit le navire l.n-l'citxi'c. aiuii'' à hicppe par .Icaii Au;;ci'', suivit la même roule,
1 II' ini'iiiii'i- iMviri' liMiiiMis i|iil .-ilinrii.! mu- li's colcs ilc l'AMirrii|iM' ilii Siiil. rluil r mIimiiciiI lii' il'.iilli'iir. Itiiiut l'aiilinici- de (Imiih'v illi' le iihiiiii.iikI.iiI. Ce Mi.\a^;i' ilalc ilu liiO.l.
i. (;ii.nii'M)ix. — lllslnirr ol ilcsn'l|ili(iii de l.i NcinM'lli' Fraiii-c.
:i. l'ci-i' du l',iiii(Mi\ vii-i)i»li' ili' llii'|j|ii'. Ou II i|iicliiii(' l'iiisnn de ciniic (inc .-i' Ji'mii Aiil:i) r'l;iil vi'iiu di' llniilli'iii'. l'ai- son iiuiii li.'iin' à ri'ilV' dr ii'iix iW Tliniiias AuIji'iI id dr Jean Cniisiii. sur la lisle des l'i'OiTs du uluu'ilc du la |iai-ijisse Nulru-Uaiiii.' di; IluiilU'iir.
remonta le Saint-Laurent jusqu'à quatre-vingts lieues et déposa sur ses rives, un premier groupe de colons. Jacques Cartier, le découvreur officiel de la Nouvelle France, ne devait y aborder que vingt-six ans après.
C'est, en effet, le 20 avril 1534, que le célèbre navigateur Malouin entreprit son premier voyage au Canada. 11 y retourna l'année suivante, puis une troisième et dernière fois en 1541. Or, cette même année, trois navii-es lionfleurais, commandés par Roberval et portant plus de deux cents hommes, remontaient le Saint-Laurent jusqu'au Cap Rouge d'aujourd'hui et tentaient de fonder un établissement sur ce point.
De 1541 à 1598, c'est-à-dire dmant un intervalle de plus d'un demi-siècle, il n'est signalé aucun voyage de marins français au Canada ; mais à cette dernière date, alors que l'avènement de Henri IV venait de clore une longue période de troubles, nous voyons un navire honfleurais se diriger vers l'Amérique du Nord ; il était aux ordres d'un gentilhomme breton : Troilus du Mesgouez, marquis de la Roche, qui avait obtenu du roi le titre de h lieutenant général des terres neuves de Canada ». Le bâtiment aborda à l'île de Sable dans le golfe Saint-Laurent. Des colons furent débarqués à cet endroit, mais ils y restèrent abandonnés par suite de l'emprisonnement de leur chef qui, à son retour en France, était tombé aux mains des ligueurs.
La succession du marquis de la Roche fut obtenue en 1599 par Pierre de Chauvin, sieur de Tonneluil, capitaine pour le roi en la marine'. L'année suivante ce dernier ayant pour lieutenant et associé Dupont-Gravé '-, quitta le port de Honfleur avec quatre navires; ceux-ci remontèrent jusqu'à Tadoussac, à quatre-vingts lieues de l'embouchure du Saint-Laurent. L'établissement que l'on tenta de fonder sur ce point ne put être maintenu.
De 1601 à 1602, trois navires honfleurais revinrent dans ces parages mais sans plus de succès.
Pierre de Chauvin étant décédé à Hontleur au commencement de 1603, sa commission passa aux mains du commandeur de Chastes, gouverneur de Dieppe, qui décida aussitôt d'organiser une expédition dont le commandement fut confié à Dupont-Gravé. Cette expédition quitta le port de Hontleur dans les premiers jours d'avril. Elle se composait de la Bonne-Renom mce que montait Dupont-Gravé et de la Françoise, capitaine Jehan Gigot ; ce dernier navire était celui qui avait jiorté à l'île de Sable, en 1598, le marquis de la Roche et « ses gens ». Sur la Bonne-Renommée se trouvait Samuel Champlain, géographe du roi, qui entreprenait son premier voyage au Canada pour « voir
1. Pierre de Chauvin iaait originaire de Dieppe, mais nous le trouvons dés l'année «389 lixé à Honfleur où il commandait une ioni|ia^'uie di' soldats. Devenu armateur ii avait à son serviec les meilleurs capitaines liunlleurais.
2. Prançois-Gravp, sieur du l>i>nt dit Dupniit-Uravé. marin et armateur, na'init à Saint-Malo vers l'année tSôl ; il commença dans ce port ses premiers \o>a.ïes. Il était capitaine pour le roi en l> marine du ponant. Nous ne serions pas surpris ipiand des opérations conunerciales combinées a\ec Pierre de Chauvin l'auraient attire à Honneur dés t:'98 ; il est du moins bien cerlain qu'il l'accompaprua dans la première expcilihon ipii' ci'lui-ci conduisit au C.inad i en qualité de lieutenant du roi. On juije que ce fut pour se iiictln' en elal d'étendre ses armements que Dupont- Gravé \int se lixer à Houlleur, où on le trou\e à demeure avec s;i f;imille depuis l'.iunee 1600 jusqu'en 4628. Son habitation était située dans la Graude-liue (aujourd'hui dite rue de l.i Ville), paroisse Saint-Etienne.
« Le Vieux Honfleur ei ses Mniinx », par Cli. IfRÉ.vno.
ce pays ». Après avoii- icnioiili' le lleiivo Sainl-I.Miiiriil ins(|u';iii saut Saint- Louis, Dupont-Giavé et C.ii.'miplaiii rcviniiMit à iloiillciir nu ils étaient île retour avant le t27 ()itoi)re ItiUli.
Pendant ce voyajîe, M. de Cliastes était nioii. Il fut remplacé dans son piivil(Ve par Pierre du GuasI, sietu- de Monts, ((ui ;ivait accompagné comme volontaire le capitaine Cliauvin à Tadoussac. I.e Irisie souvenir qu'il avait "ardé de ce voyage, le décida à fornuîr un établissenuMit jilus au Sud dans l'Acadie. Accompa>;né de ipielques i;t'ntilsliommes, de cenl-vingt soldais et ouvriers, il pai tait du Havie le 7 mais KiOl avec deux naviresarniés et équipés à Honlleur: Champlain et Dupont-Gravé taisaient paitie de l'expédition. Après un hivernage à l'île Sainte-Croix et une nouvelle exploration des cotes, les colons se fixèrent à Port-Royal, aujourd'hui Annapolis. Un établissement fut fondé et l'on entama avec les indigènes, des relations qui devinrent bientôt excellentes.
Dans l'automne de 1605, de Monts lai.-^sant le foin de sa colonie naissante à Champlain et Dupont-Gravé, repassa en Fiance où il vit son privilège révoqué sur les plaintes des pêcheurs bretons, basques et normands ; d'autre part, la Société qu'il avait fondée ayant été ruinée par les agissements des Hollandais, il en informa Cliamplain et Dupont-Gravé qui durent, avec tous leurs compagnons, abandonner l'orl-Royal, laissant les bâtiments à la garde des indigènes.
La ruine des établissements d'Acadie avait enlevé au sieur de Monts toute espérance de ce côté ; sur les conseils de Champlain, il résolut de tliriger ses etl'orts vers le Canada. Ayant encore obtenu du Uoi, pour une année, le privilège de la traite des pelleteries, il fréta deux navires dont l'un, commandé par Dupont-Gravé. devait séjouiner à Tadoussac, pemluit que Champlain, a qui l'autre était conlié, irait éditier une habitation ilans l'iulériour des terres, eu remontant le Saint-Laurent. Partis de Honlleur le lo avril 1608, les deux bâtiments arrivaient le "3 juin à Tadoussac ; Dupont-Gravé s'y installait pour commercer avec les indigènes. Champlain, de son côté, remontait le Saint- Laurent jusqu'à un endroit que les sauvages algonquins du voisinage nommaient Kebbec, terme signiliant rétréci.ssemenl.
Ayant décidé d'installer en ce lieu sa colonie, Champlain lit abattre les arbres qui recouvraient le sol, élever des magasins pour mettre les vivres et les marchandises à couvert, et commencer une maison comprenant trois corps de logis à deux étages ; un fossé de quinze ]iieds de largeur fut creusé autour des bâtiments et une plateforme garnie de pièces de canon établie entre l'habitalion et la rivière. En même temps que les constructions s'achevaient, le terrain aux alentours était défriché et ensemencé '. 'J'el fut le commencement de la future cai)itale du Canada.
Dès lors une suite ininterrompue d'armements pour la Nouvelle France se poursuivit à Hontleur. Ile nombreux naviii>s de ce port vinrent tantiM sous la conduite de Champlain. lantôl sous celle de |iu|ii>nl-Gravé, approvisionner la colonie en houinics. ei: vi\ies, eu maléiiaux cl eu iiiunilions -. Pendant vingt
i l.a N'niivc'llo Kr.'uii-o piii- ICn^viic Ciiii'iiiii.
-2. Kn IGIO, lOH. lOn. ICUi ri 11117, CliainpIaiM nul ili' iioiiviMU à la Mille du luut di' llunilciii- [)OUl" sa roloilii' (le Olli'lu':',
ans Quéljec et Tadoussac ne furent guère rattachai? à la mère patrie que par Honfleur.
De ces faits, il résulte clairement que Honfleur a joué un rùle très important dans la découverte et la colonisation de la Nouvelle France. Il est donc naturel que le vieux port normand ravive aujourd'hui des souvenirs glorieux que le temps et les mauvais jours avaient à demi effacés.
Avec Québec qu'elle a fondé, Honfleur veut se souvenir.
Eli 1620. Clmmjilaiii iH.iiit au Canada, son lidélc licnteiiaiit Dnimiit-Gravr partit di> Hmillciir avec des sei-oiiis en linmmes et en vivres; les inatelots ijui l'ai'eûm|iagnnient se faisant inaeons et maiiouvriers. travaillèrent smis la direi'tiiiii de leur ea|iitaine à la eonslnii-ljoii iln (ireiiiii'r édiliee éle\é eu maçonnerie an Canada. leLtlise Notre-Dame-des-.Vnges.
FÊTES HoHMAHDES - caHadieHHes