‹ Champlain célébré par les Normands et les CanadiensChapitre 2 sur 45 · Août 1Q · texte numérisé non relu

Août 1Q

™P4/ics fêles iiorniaii(lt.';i-cuiiutlieiines qui se sont iléroulées à Hontleur les VA, 14 et 15 août 1905 ont élé oi-j^aniséessurrinilialivede la Société Normande d'Ethnographie et d'Arl populaire Le Vieux Honfleur et avec le concours de la Municipalité, de la Chambre de Commerce, de l'Union Commerciale et des diverses sociétés de la ville. Ces fêles avaient pour but de célébrer les souveniis des anciennes expéditions Honfleuraises au Canada. Elles étaient motivées par l'érection, au musée «Saint-Etienne», d'un vitrail commémorant l'œuvre de Champlain et jjar la venue, à Honfleur, de l'Honorable Adélard Turgon, minisire de la province de Québec.

Dans les lignes suivantes, M. Hector Fabre, commissaire général du Canada à Paris, a très exactement montré le caractère et la significalion de ces manifestations qui suivaient de quinze jours les fêles de Jacques Cartier à Saint-Malo, et précédaient immédiatement celles de Morlagne organisées en mémoire de la colonisation / ^$ percheronne en Nouvelle France.

« Comment, écrit M. Fabre, n'élre pas touché de ce réveil des vieux souveniis communs à la France et au Canada sur divers points du sol français? Comment ne pas reconnaître que la constance du sentiment fiaiiç.iis au Canada, enfin a ému l'âme de ceux ipii, en Fiance, ne veulent rien oubliei' du passé et (]ui cherchent avidement où reposer leur pensée lecueillie ou

attristée do patriote fervent? La fidélité qui nous anime apparaît aux yeux des Bretons, -^ des Normands et des Perche-

rons ainsi qu'un hommage rendu à leurs propres vertus, à la durée de leurs tradilions, à la force, à la vitalité, à la purelé de leur sang. Ils en aiment d'autant pins leur province, que les descendants qui en sont sortis depuis des siècles y sont restés à ce point attachés. Il faul donc qu'il soit bien pur, ce terroir, pour que au loin il ne s'épui.=e pas, et pour qu'un voyageur arrivant au Canada dislingue aussitôt un Hreton d'un Normand, ou que, s'il les rapprodie, ce soit pour les unir el les confondie en un seul type, mélange robuste de deux races.

« Les dissemi)lances, sans doute, e.xistent dans le type originel et le type dérivé, le temps a fait lentement son œuvre : nous avons gagné et perdu quelque chose, mais ce qui est perdu peut se reprendre à de nouveaux et plus fréquents contacts, el ce qui est gagné, ce que nous avons acquis dans les jours de patience, dans le commerce constant avec la race anglo-saxonne nous reste. Nous en rendons tout de même hommage aux dispositions natives, à la souplesse normande, à la fermeté bretonne, à la générosité percheronne.

« Ces fêles, d'une saveur de vieux terroir si prononcé, ont donné aux canadiens qui y ont assisté, cette impression (|u'ils se trouvaient reportées dans des milieux restés à peu près les mêmes qu'aux siècles derniers, ayant gardé cette physionomie d'autrefois, ayant renouvelé a chaque saison cette floraison d'enthousiasme, de passion, d'ardeur, de vie intense que n'a pu atteindre la frivolité de tant de choses ou l'inutilité de tant d'efforts ».

HOXFLEiR EN .hKTE

[ orsqi'a liLiil lieures du iruilin, une salve d'ailil- lerie tirée ilu (|u;ii de l;i Pinoulière, :innonce l'ouvtrlure des fêtes, Honlleur à déjà revêtu sa parure des grands jours. La pitloresque cilé de Jean Doul)let et de laul de niaiins fumeux, oflVe l'aspect le plus riant et le plus enilianteur.

A toutes les fenêtres, sui- les quais, dans les luelles toi tueuses aux vieilles maisons de liuis, dans les avenues, sur les places, les guirlandes de verdure 'iillii'ut liarnionieuseuient aux théories de lanternes véiiitieiiues et de venes de couleurs; de Irais arbustes lioidcul les tidttoirs. Sous une lirise légère, à p(>iue pcMcpliiilc, les (irillaïuuies, les pavilluus de marine, les drapeaux tiicdlores, s'agitent joyeusement. Au l'oud du Vieux-liassin, par delà la Poissonnerie (pielqnes halcons sont ornés de merveilleuse fa(,-on ; lien d'artiliciel ici, la seule paiure des géiaruiuiis et des hortensias en lleuis, tianst'ormeut les fenêtres en adorables jardinels suspendus.

T.e cours de la Ilêpublique et les rues adjacentes nul reçu une décoration spéciale; c'est là, en ellet, (|ue iliiil ariivri- le ministre canadien ; des mâts ornés de faisceaux, de diapeaux et d'écussons au.x armes de Normandie, de Honlleur et de Québec, forment une

double haie ; au delà du rond-point, des pavillons aux couleurs variées barrent cette splendide avenue. Les monumenls public?- ont arboré leurs drapeaux et les navires dans le port ont hissé le i^rand pavois.

La journée s'annonce splendide. Une foule joyeuse circule, elle est giossie à ctiacjue instant |>ar le ilol des touristes que déversent les bateau.K du Havre, ainsi que les trains venant de Lisieux, Ponl-l'Evêque, Trouville et Pont- Audetner.

Tandis ipie la Société musicale de Monlivilliers, précédée de ses tambours et clairons, parcourt les principales voies de la cilé en lançant ses plus allègres pas redoidjlés la chorale lionllcuraise « l'Union des Ti'availleurs » inaugure par un concert, l'exposilion d'Art ndiinaud installée à l'école de la rue de la République. Mais ce n'est là qu'un préluile ; l'intérêt des léles normandes-canadiennes va se trouver, pendjni celte matinée, à quelques kilomètres de la ville. Le ministre a promis, en ell'el, tie visiter d'abord la commune de Saint-Gatiendes-Bois, berceau des ancêtres de M'"" Tingeon.

(^■^ SMXT-VA riHX-I)KS--/l()IS

tu iiiiiiiiieiKi'iiu'iil lie la matinée, MM. Lùoii Le Clei'c,secrélaire général et l'iene Monlieuil, membre du Vicuxlloti/lciir, viennent à Poiit-l'Kvêque rejoini\vr M. 'riii-i;eon, arrivé depuis la veille, en cumpaiiMie de hes secrétaires MM. Devuux et Leniirux.

Vers iieul'lieuie.s, le ministre monte dans une voiture automobile qui doit le conduire à Saint-Galieu-des-Bois. La distance étant courte l'on prend par le chemin des écoliers. Aus.si bien, cette promenade à travers la campa.uiie normande est-elle le prélude natniel de la léle qui se prépare. Dans ce coin (If pays, les ancêtres de M""' Turgeon

Clocher tlo l'out l'Kvrciin;

ont vécu, ils ont connu ces mêmes plaines leiiiles, ces mêmes vergers où les pommiers se tassent, cette même fotét aux profondeurs mystérieuses, et aussi, animant ces frais paysages, les mêmes églises de pierre et les mêmes maisons de bois. Au.\ yeux de noire lioto apparaît sous une forme tangible, tout un passé (pii lui est cher, aussi l(iisi|M'il par'lcivi <lans un instant des souvenirs qui le ratlatlKi-ril à la terre luiiinaridi', il s'cxiiriuier.i non seulement avec .son habituel lali'ut.non seulement avec la rlialeur arileute de son patriotisme, mais encore avec l'émolion pénê'i'aute q\ii résulte des cbo.^es vues.

La viiiture lile in.nulciianl ,'i vi\c allinr, soulcvaul cicriirre elle un long panache de poussièi'e. La roiil.' ^e déroule l.uile lil.iinln' mius le soleil en un

S^St '

Mannir de (laiM|ivilli' interiiiin.ible ruban; |ilaiiies, rolliiies, buis, h;nue;ni.\ passent avec la rapidité des tableaux d'utu; lanterne magique. Voici le village de Cinidray-Uabut et son vieux clocher roman. l'Ius loin le hameau de Canapville et .-ou curieux manoir du XV siècle, aux grands toits (!(■ tuile hérissés d^ lucaines.

Voici la polite ville liisloriqiie de Touques. Les voyageurs niellent un instant pied à terre; rapidement ils visilent l'église Saint-Pierre, l'un des plus intéressanis spécimens de l'architecture normande du xi" siècle, mais c'est en vain qu'ils cherchent les anciennes halles en hois; une municipalilé ignorante les a fait démolir uniquement pour satisfaire au désir enfantin de pos=éder une place. Sur cette place — et comme pour symboliser la menialilé des démolisseurs — s'élève ime misérable baraque foraine contenant un ihéâlre de marionnettes.

Trouville est si peu loin, qu'il serait dommage de ne pas faire un crochet jusque là. L'automobile reprend sa course et quelques minutes plus tard elle vient stopper- au bord de la plage. M. Turgeon et ses compagnons de roule vont pouvoir se promener un bon quart d'heure sur les planches.

Un public élégant commence à circuler. Au pas.^age ilii niinislredes groupes s'arrêtent, paraissent intrigués un instant, puis tinalemenl saluent. La personnalité du repiésentanl du Canada est découverte, mais celui-ci a liientot regagné sa voiture qui repirt à grande vitesse, en se dirigeant tout droit, cette fojs, sur le village de Saint Gatien.

Les premiers kilomètres franchis il fuit ralentir : la route est sillonnée par des charrettes lemplies de paysans se rendant en hàle à la fêle.

Un bruit, d'abord à peine perceptible grandit et se précise, c'est celiri d'un carillon lointain. Au milieu d'un océan de verdure, là bas, la pointe d'un clocher émerge.

Maintenant l'automobile roule lentement sur le territoii'e de la commune, le lourd véhicule se laisse dépasser par les charrettes dont les chevaux sont lancés au galop. Sa corne d'appel déchire l'air, les fouets claquent joyeusement, les cloches semblent redoubler leur carillon.

Tout à coup, au détour du chemin, le village apparaît. Décoré à profusion de drapeaux, d'oiiflammes, de guirlandes lleirrios, iloflVe un coup d'œil ravissant. La population entière est massée sur la gr-ande place, tandis qire la voiture vire doucement et vient s'arrêter devant la mairie. Les cloches se sont lues. Au moment où M. Tuigeon apparaît la foule se découvre.

En haut du perron, sons une voûte de ferrilles d'érables où brillent les armes de la province de Québec, se tiennent : le maire M. Gervais, l'adjoint M. Le Verrier et le Conseil municipal au complet. Le ministre accompagné de MM. Le Clei'c et Lemieux gravit les marches de la mairie, aussitôt M. Gervais s'avance et prononce les paroles suivantes :

« C'est un grand honneur porrr moi, Monsieirr le Ministi-e, de vous adresser « au nom de la Municipalité, tous nos souhaits de bienvenue, Saint-Galien fier « de votre visite, salue en vous une haute personnalité d'un pays qui nous est « resté cher, mais aussi le compatriote, le Normand, heureux de se l'econnaitre « au milieu d'autres Normands, et retrouvant toujours avec joie, dans ces coins « de notre vieille province les traces d'un passé déjà lointain, mais toujours vivace à notre canir.

« Ce fut précisénrent au nom de ce culte du souvenir, que vous avez voulu « faire à Saint-Galien ce pieux pèlerinage.

— lit —

» Mais iii un aiilro soiiliiueiil a ,L;iuilé vos pas ; dans un élan de reconnais- « sance émue, vous avez voulu revoir le modeste village où vécurent les ancêtres « de M™" Turt;eon.

« Nous savons qu'elle avail piis l'iniliilive de celte visite, et nous « déplorons, qu'une indisposition la tienne loin de nous, qu'il me soit permis « de lui exprimer tous nos regrets et de lui adresser publiquement l'assurance « de noire respectueux hommage. >

« Les archives communales nous rappellent, en efTet, que ce fut vers le « commencement du dix-seplième siècle, que naipjirent à Saint-Gatien, Jacques « et Gabi'iel Sansou, qui devaient quelques années plus tard paitir pour le « Canada. Sans doute ils devaient cultiver la leiie,mais quel fut l'emplacement « exact de leur demeure ? A notre grand regret nous n'avons pu le retrouver.

« Le temps, en efl'et, est un terrible destructeur, il a détruit documents et « murailles, mais plus de deu.K siècles se sont écoulés, il n'a pas elTacé du « cœur de M"'" Turgeon, les ouvenir du passé, les souvenirs du petit village « noimand qui fut le berceau de sa famille. Les babilants de Sainl-Gatien ont « voulu eux aussi .se souvenir, et c'est pourquoi ils fêlent aujourd'hui avec « fierté votre arrivée.

« Sans doute ils n'ont pu vous oITrir la l'éceplion fasiueuse 5 laquelle vous « accoutument une promenade triouipbante à travers les villes normandes, « mais sous la modestie des pavoisemerits, vous sairiez retrouver. Monsieur le « Ministre, nous en sommes persuadés, toute la cordialité de leur accueil et la « sincérité de leurs sentiments. »

M. Turgeon remercie M. le Maii-e de ses paroles de bienvenue dont il est profondément toirché.Ce |)èlerinage à Saint-Gatien-des-Bois, que M""" Turgeon regrette si vivement de n'avoir pu accomplir, i^esteia pour lui un des souvenirs les plus charmants de son voyage en Fiance.

Le Mair'e pi'ésente alors à son bi'ile, deirx cousins de M'" ' Tiiigenn: MM. Léon et Emile Sanson, ainsi que les membres drr Conseil mrrnicipal ; puis il l'irrrirrrie que l'heure de l'oriice est arrivé. « Norrs savons. Monsieur le Minisli'e, dit il, que vous avez l'habilude le dimanche, (l'a.ssister à la messe, nous allons si vous le voulez bien vous y accompagner'. <<

Le cortège sort de la mairie, tandis qrre les cloches reprennent leirr joyeux carillon.

Au por'che de l'église M. Tur'geon est reçu par le vénérable cur'é de la paroisse, M. l'abbé Galley, qui lui pr'ésenfe l'eau bénite et prononce une touchante allocution. M. le Curé rappelle la vieille foi des Normands ([ue partagèr^ent les ancêtres de M™° Turgeon et qir'ils contribuèrent à implanter' en Nouvelle Fr-ance. En restant fidèles à la religion de leurs pères, les Canadiens sont parvenus arijoui'd'biri à former une natiorr libr'rî, prospère et Ironoréo. Le Curé delà paroisse de Saint-Galien est heureux de pouvoir saluer au seuil de son église l'un des plus dignes représentants de ce noble pays.

M. Turgeon est errsirile conduit pr'ocessinnnellement à la place (ju'il doit occuper- au milieu du chœur.

Dans l'église, art isteinent décorée de feuilles d'érables, d'arbustes et de fleurs, les fidèles se pressent en foule, un nombreux clergé se tient au pied de l'aulel et les chantres revêtus de leur chape d'or, sont rangés au lutrin.

La messe commence aussitôt; célébrée par M. le chanoine Laulour, curédoyen de Honfleur, elle se déroule solennelle et lente. Aux clianis lituri^iques alternent des morceaux de musique reliffieuse remarquablement chantés par M™" Couesne. Après l'évangile, un très éloquent sermon sur la fialernité des peuples est prononcé jiar l'officiant.

Dans la seconde partie de lame.sse, l'on distribue à Tassi-stance un iiiagnilique pain béni offert par M. le Curé, tandis qu'une quête fructueuse est faite par M"' Jeanne Haussoullier.

L'office terminé, M. ïurgeon est reconduit à la porte de l'église avec le même cérémonial qu'à l'arrivée. Lorsqu'après avoir remercié chaleureusement M. le Curé, le Ministre |iarail sur la place, les habitants lui font une clialeiiieuse ovation.

Clirlic de M. l'icrrc Mumhki il M. Tuiir.EON sur la iilaoedc I'ôkUsc de Saiiilllallcii-desliois

L'on se lend alors dans la j^iande salle de la mairie où un banipiet e.'^t préparé. La table rouverte de lleuis olfre un coup d'Leil cliarmant ; les muj's disparaissent sous un épais tapis de fouilles d'érable, que rehausse des écu.ssons aux armes de Normandie, de Honlleur et de Québec.

Aux côtés de M. Turgeon, prennent place MM. Gervais, maire, Leverrier, adjoint, Léon Sanson, Emile Sanson, maire de Préaux, Lemieux, secrétaire particulier du Ministre, Léon Le Clerc, secrétaire général du Vicu.v Uoiijlcur. Pierre Montreuil, délégué du Yiciix llonllvtiv, les membres du Con.seil

iminici|):il : MM. Diilxniin, Daiihonosquo, Pelil, liullii, Senécal, Bréavoine, Yger, DécoLilb', (Juillel, Hcuiinais, ainsi que l'instituteur de la conitiiune M. A. Lesajio, l'un des Di'Lî'aiiisateiii's les plus dévoués de cette cliannanle l'ète. Le menu excellent et des mieux servi est ainsi composé :

Hors-d'œuvre variés

Turbot sauce câpres

Poulets chasseur

Trou Normand

Gigot d'agneau

Flageolets maître d'hôtel

Laugouste sauce mayonnaise

Salade

Entremets

Dessert

Café

Vins

Sauterne — Saint-Emilion — Ponard — Champagne

Au dessert, M. le Maire présente au Ministre, le vieux registre paroissial où se trouve inscrit l'acle de haptènie de Toussaint Sanson, ancêtre de M""^ Turgeon.

Le repas s'achève au milieu de la [)lus franche cordialilé. La conversation devenue générale roule naturellement sur l'agriculture; on parle de « pommages, » de « brassaison, " def< Ijouillage « et M. Turgeon étonne les convives par ses connaissances approfondies sur toutes les questions qui concernent les travaux de la campai;ne.

Il est deux heuies. Un landau vient s'arrêter devant la mairie ; le moment du départ pour Honlleur est venu. Non sans legret, le ministre prend congé de ses nouveaux amis, puis il uioiite en voiture salué une dernière fois par la population.

Sur la gi'ande route ensoleillée, le landau roule e.scorté de deux voitures automobiles. A son passage des paysans accourus aux barrières des vergers, agitent leurs chapeaux. Des chais à bancs, où s'entassent de nombreux habitants des communes, voisines surgissent de tous les chemins et rivalisent de vitesse poiu- gagner la ville Le bniui; d'Kquemauville que l'on traverse au grand galop des chevaux, parait désert, les maisons sont closes, la presque totalité des habitants s'est rendue à Honlleur.

Un brusque détour et le landau s'engage dans l'avenue de la Réi>ubli(iue, véritable voie liiomphale lont^aie de plus de deux kilomètres et qui aboutit à la ville. Là bas, dans le lointain estompé de brune, sous la voûte .sombre des arbres séculaires, une masse cord'iise ondule ; des rayons de soleil qui percent la verdure font par moments scintiller des casques et briller des bannières. Au bas de la côte une fanfare éclate, une autre, aiïaiblie par la distance,lui répond. L'ar-i'ivée de M. Turgeon est annoncéeà la forrleamie iirii l'attend.

(L'ARRIVEE de m. (SURGEON

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