L.v JEUNE Fille, ximplcmcid
Non ! notie châtelaine aujourd'hui se marie.
B.vcqueville, à part :
(Ciel !)
liant, (tvcc force :
Knlanf, c'esl liien vrai loul ce que tu m'as dit '? Siu- Ion salut?
La jeine Fille, simplcincnt :
Sans doute.
(A part'
(Il est lout interdit, Qu'est-ce que tout cela peut lui faire, à cette heure?)
Bacqueville (à part) (Ah! ne laisse rien voir, mon cœur, vis, soulTre et pleure!) Haut, au.r pai/fiana et triftlcment :
C'est hou, enfants, c'est hon, j'ai liien tout entendu. Allez!
Tons, arec un'! rcvcrence :
Bonjour seiL;neur !
Bacquevh.le Adieu !
(A part, seul)
(Tout est perdu !) Lesjeuneu ijcnti et la jciDW jille s'en roui, nu peu confns, pnis, ijuaml ils ont dis])arn ilansia conliss:-, on les rnlcml rhanlrr à nonrran : \'iiil,'i la Saint-Jean !
Bacqueville, seul, les écoute :
Allez, dansez, riez, soyez gais, moi je pleure ! Remplissez de vos chants cette aiitiqu(! demeure. Et sa forêt profonde, et ses larges laillis. Que m'importe à présent ma vie et mon pays! Ce que j'aimais en eux, moi, héros d'aventure. C'est l'amour d'une aimahle et seule créature, Et les jardins, les llours, les forêts, la clarté, Tout n'était là ipie piiur rudicllii sa licauté. Ah ! pur pitié. Dieu jusl.' et li.m, hicu ipje j'iinplme, liendez-moi ma prison puni que j'espère encore I
Ne me laissez pas seul ici, parmi les fleurs. Etre oublié, c'est là l'exil et ses douleurs ! — A quoi bon revenir pour la voir infidèle? C'esl plus souffrir que de se sentir plus ])rès d'elle. Que ne me laissiez- vous là bas, la mort au front : La vie est un fuideau quand elle est un affront, Et, si mon seul amour n'élait rien (ju'illusoire, Bien mieux valait la mort, jiuisque c'était la icloire.
Ah ! vieux serviteur ! loi qui paie en ce moment
Ta fidélité noble en un dur cliàliment,
Kt, ne me trouvant plus quand la mort te vient prendre,
f'eul-étre, en Ion cachot, me maudit .*ans comprendre,
,Ie t'envie, ù mon vieux compagnon d'autrefois !
Que ne revins tu seul, à ma place, en ces bois '.'
Toi, tu pouvais sans crainte .au moins voir la patrie !
Mais moi, veuf désormais, très vieux, r.'une nieurlrie.
J'ai compris dans mon cipur, triste et tout alïaihii.
Que la Moit sé|)ai-ail moins encor que l'Oubli !
Kt vous, vieux bois chiMius dont la i-ime se mêle, M'avez-vous en ce jour nuhlié hinl rdinnie elle? Non ! vieux contempur lius discrels de tous nos maux, Votre feuille a changé, mais non pas vos rameaux. Et comme un souvenir dans l'àme noble et fiancbe, La même odeur divine y lleuril sui- l,i branche, Ah ! chêne épais, roseau pliant, frêle lilas, Que n'en disiez-vous rien à la cruelle, hélas!
Hrf/avditiil son unncau Et loi qui, quand mon creur saigne à sa déchirure Ne me sert plus de rien, pas même de paiiue. Vieil anneau d'or, témoin d'un amour désuni, .Te puis te rejeter maintenant, c'est lini ! Tu n'es plus à mes yeux, quand mon cœin- te regrette, Qu'une vieille monnaie usée, et qu'on rejette. Et, comme un rameau mort écrasé sous mes pas, Tes tronçons séparés ne se rejoindront pas.
7/ vi' fléchit . puis tout à coup :
Mais, o Liieu. quelle idée !... oui, je veux, il n'importe, Quoi qu'il puisse advenii' frapper à celte porte, Et de nouveau l'entendre, et voir, tout aitligé. Si pareil à son coHir son visage a changé.
/S'e reprenant Mais quoi, la voir ainsi, d'un coup ! . . . c'est impossible ! Tu ne pourras jamais, pauvre êlre trop sensible;
Meurs donc pliilôt, oui, iiieiiis! loi dont le sort inni|ii(iir A [iréservé la chair [loiir mieux |iei'cer le cœur!
L'a temjis. — Riisoln : Non, non ! je la verrai ! j'eulrerai comme une omljre Vieux .s|)eclre déi;tiisé par les douleuis sans nonihre, Kt, d'un pan de maiileau voilant mon IVoutclienn, Je la démasipierai sans être l'econnu !
// /iv(/i//(' iiit lii'urtoir Holà !