‹ Champlain célébré par les Normands et les CanadiensChapitre 45 sur 45 · LE BANQUET · texte numérisé non relu

LE BANQUET

Un banquet servi à l'hôtel Saint-Siméou était oflert le soir par le Vieux Ilonflcur.

A la table d'honneur prenaient place : M. Ruel ayant à ses côtés MM. Hector Fabre ; Baudry, maire ; le capitaine de frégate Guilbor, commandant V Ibis ; le lieutenant de vaisseau Pillu, commandant le Munijini : Blauchet, conseiller

(I) Voir le très romaniuablc ouvrii?:c de M. Jean I.ioiinct : Chez h<s Frnnrniti au Canada, l volume. Pion, étliteur.

génùral ; GeolViioii, Aiii^usle Monireuil, présidont du TiilmiiMl do Commerce ; Poli^ny, ;uliiiiiii.sltMlcui- de la Marine; Jean Lionnel, elc.

Au flianiiKiyiie, M. Uiiel apiès avoir excusé plusieurs personnes qui lui ont exprimé leur leyiet do ne pouvoir assister au banquet, lève son verre aux convives et à tous ceux (]ui se sont unis à eux de cœur. Il boit également à l'Honorable Adélard Turgeon qui a laissé parmi les Hondeurais un souvenir inell;ii,able. Une salve d'applaudissements souligne ces paroles.

M. Haudry, maire, prend la parole en ces termes :

Messieurs.

Rien ne [louvait être plus agréable à nos conciUiyens ijue de commémorer le tri-centenaire de la l'ondaliou de (Juébec. C'est en eflet ù Honlleur, dans le courant de l'année 160:), que Samuel Canipiain. en compagnie de l'ont- Gravé s'enibanjua pour cette expi'dilion mémorable qui devait avoir pour conséquence la fondation d'un Etat nouveau dans l'Amérique du Noiil. Notre ville fut le point de départ choisi par de grands capitaines jiour de lointaines explorations.

.lean 13enis en était parli un siècle auparavant pour aborder aux rives de Terre-Neuve, dix ans à peine après le grand voyage de Christophe Colomb. On parlait alors de l'Amérique comme d'une terre à la fois lointaine et mystérieuse où les navires du temps ne pouvaient aborder qu'au prix d'un courage indomptable et d'un efîort surhumain.

Vous n'allendez pas de moi. Messieurs, tfue je vous retrace ici l'expédilion dt' liiOS. Il faudrait une voix plus autorisée ipie la mienne pour rappeler cet évi'nement historique, pour raconter l'audace généreuse, les périls et les résultais IV'conds de cette entreprise gigantesque qui fut alors considérée comme ténii''raire et irréalisable.

Samuel Champlain et ses compagnons ne se dissinu.ilaienl pas, croyez-le bien, l'étendue des efforts qu'il leur faudi-ait déployer pour mener leur œuvre à bonne lin. Après la traversée de l'Atlantique, ils jetèrent l'ancre à Tadoussac et remontèrent le Saint-Laurent jusqu'au saut de Saint-Louis. Les suites de cette expédition ailaii'nli'lre considé'raljles puisi]u'elles eurent pour conséquence la fondation dr (jutMiei- cpii allail devenir la (Capitale du nouvel empire.

Le temps tourne la page. Les (''normes territoires de r.\nii'Tii|Ui' du Nord dont (.'.hamplain lui-nié'me ne jiouvait estimer l'i'tendue et les richesses, se sont transformi'S couqdètement avec les éléments nouveaux venus du vieux monde. Trois siècles li'expi'dilion, de relations suivies, d'un accord pacili(|ue enllnavec le continent d'Europe oïd révolutionné c(>s terres alors inconnues et en ont fait l'un des plus puissants groupements de rAnié>ri(pie.

C'est toujours avec (''motion i|ue les Normands i''Voquent ces smivenirs lointains. Malgré les siècles, malgré la distance énorme qui les sépiu-e, ils ont conservé une amitii' indissoluble pour leurs frères d'.\m(''rique, poLU' ceux qui pai'Ient la iU(''me langue là-bas et ([ui, eux aussi, ont conservi' im pieux souvenir à leur patrie d'origine.

Monsieur le ISIinislre, Votre pri'Seni'e au milieu de nous me conOrme cpie ces sentiments de cordiale entente ne sont pas près de s'i''teindre. Aussi au nom de la petite ville où s'endjai'qua jadis Samiirl Champlain, je suis heureux de vous l'enouveler les remerciements que je vous adressais hier api'ès le salut de bi(uivenuo. .Je vous priei'ai do bien vouloir les transmettre à votre (iouvernement et en particulier à sir Wilfrid Laurier, premii-r ministre, dont nous

ft?tons ici le représentant autorisé. La Ville de Honfleiir est heureuse de saluer en votre personne, le haut dignitaire du Gouvernement du Canada.

Je vous propose donc, ^Messieurs, de lever vos verres en l'honneur de l'honorable Hector Fabre, di'-légué du Gouvernement Canadien, à la nation amie qu'il représente et pour laquelle nous professons les sentiments de la plus cordiale aftection ; entln aux organisateurs de cette fête du souvenir et en particulier à la Société du Vieux Hon/!eur qui nous fait l'honneur de nous recevoir.

Vive le Canada! Vive la France !

M. le capitaine de frégale Guilhor, en une heureuse improvisation, rappelle combien les marins de Honfleur et de race normande illustrèrent la Marine et la France.

11 félicite le Vieux Honfleur de s'attacher à une œuvre qui élève les caractères et prépare l'avenir, puis il termine en associant dans un toa.st la France et les familles françaises du Canada si fidèlement attachées à leur patrie d'origine.

M. Hector Fabre, en termes charmants, évoque le mouvement qui s'est créé en France, depuis quelques années, en faveur du Canada et dont Honfleur a donné le signal. « Depuis un siècle, dit-il, nos frères de France ne pensaient plus à nous, mais malgré notre isolement nous étions restés fidèles à la mère patrie, nous avions triomphé dans les luttes Apres et difficiles. Maintenant que nous retrouvons l'amitié de la Fiance, les difficultés ne seront que plus facilement aplanies ».

Après avoir rappelé combien le souvenir de la France est vivace au Canada, M. Fabre ajoute : " Nous ne voyons que la France, dont nous admirons l'histoire, espérant que vous resterez ce ipie vous êtes, une grande et une bonne nation.

M. Lionnet, au nom du Comité Duplei.x cl de la Canadienne, remercie le Vieux Ilon/leuv de son cordial accueil et le félicite des manifestations organisées en l'honneur de Champlain.

Ces toasts, esl-il besoin de le dire, furent soulignés par de vifs applaudissements, puis les convives se séparèrent enchantés de ces tieux journées de foies qui inauguraient la série des manifestai ions en l'honneur du troisième centenaire de la fondation de Québec.

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