SÉANCE AU MUSÉE SAINT-ÉTIENNE
Un public notniireux se rendait l'après-niidi, au Musée Saint-Etienne, pour assister à la conférence sur le Canada, l'aile par M. Lionnet, président de la Canadienne.
Sur l'estiade, prennent place : MM. Hector Fabre, Ruel, lîaudry, maiie, GeofTrion, D' Duiel, M. l'Administrateur de la Marine; MM. les Ofliciers de VIbis et du Mangini ; les Membres du Comité du Victu- Ilonlleur.
M. Ruel, au nom de ses collègues, salue en M. Hector Fabre, le représentant de sir Wilfrid Laurier, et le prie de transmettre leur reconnaissance au [iremier ministre du Canada.
11 remercie les autorités civiles et militaires qui ont voulu honorer de leur présence, cette réunion. En des termes très heureux, le Président de la Société fait l'historique du départ de Samuel Champlain, retrace les luttes qu'il soutint, les travaux qu'il entreprit pour fonder Québec, où l'on montre encore l'emplacement des premières constructions. M. Ruel fait ensuite ressortir le respect qui s'attache au nom de Champlain après trois cents années et termine son discours par les paroles suivantes qui sont vivement api)laudies :
Nous aussi, nous avons le culte di.uujs gloires cl dans co roliiiuairu du Vienjc Hon/leiir, temple des souviînirs, nous, les [jolils-nis des luu'dis matelots et des laborieux artisans compagnons de Cliainplain, associons dans une même glorilication, l'illustre marin et ses obscurs sorviteui's.
r.es aïeux de ces humbles sont les nôtres : le sang liontleurais coule dans les veines des <',anadi(?ns; ce sont des « gens de cliesf nous » qui sont là-bas sur les rives du Saint-Laurent.
Monsieur le Minisli'o. diles-li'ur, no\is vous en [U'ions,(iue sur 1rs rives de la Seine, il est un Imil prtit purl bliilli dans la verdure, où l'on a féli' le
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troisième centenaire de la fondation de Québec ; dites-leurs qu'ils ont, lu, des arrières-cousins qui les aiment, et qu'aujourd'hui, à leur délicate devise : « Je me souviens, » un écho a répondu dans le cœur de chacun de nous : Je me souviens «.
M, Ruel donne ensuite la parole à M. Lionnel, Celui-ci, après avoir expiinié le plaisir éprouvé par lui en visitant pour la première fois noire ville pittoresque et ses promenades incomparables, nous décrit, en conférencier excellent et des mieux documentés, le Canada.
L'orateur qui a parcouru ce beau pays, nous l'ail part des impressions que ressent le voyageur arrivant par la voie maynilique et vraiment royale du lleuve Saint-Laurenl.
.\ Québec, l'ancienne capitale de la Nouvelle-France, l'on se trouve au milieu d'une population qui nous porte la plus vive sympathie et qui conserve jalousement nos traditions ainsi que notre langue.
Pour montrer quel zèle les Canadiens-franç^'ais mettent à garder, dans toute sa pureté, le langage des ancêtres, M. Lionnet cite l'exemple de la Sociélé du Parler Français au Canada, dont M. Adjutor Rivard est le dévoué et très actif secrétaire général. Cette .société est une petite académie essentiellement militante, un concile jiermanent ipii poursuit sans cesse l'extermination de l'hérésie. . .
Successivement, le conférencier nous conduit à- Montréal, ville de 400,000 baliitants, où les Canadiens français gagnent tous les jours du terrain ; à Ottawa, capitale de la confédération, où notre race occupe également une place très importante.
Sir Laurier Wilfrid, premier ministre, est lui-même d'origine française. Sa haute intelligence, sa largeur de vues, son autorité bienveillante, font (ju'il conservera longtemps encore le pouvoir.
En poursuivant son voyage dans l'ouest, M. Lionnet montre (jue, même dans cette innnense terre déserte, les Canadiens-français réussissent à merveille. Ils réussiront partout d'ailleurs, car la haute mission qu'ils se .sont donnée avive leur esprit et multiplie leurs forces, ils ont l'espoir et l'ambition de faire de leur pays, la France d'Amérique, c'est-à-dire le champion de l'idéal dans le nouveau continent, i')
Celte conférence, attachante en tous points, a été vivenjent applaudie; aussi, M. Ruel s'est fait l'interprète de tous, en remerciant chaleureusement le conférencier.