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Champlain et Hudson [microform]

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10Xx 14Xx

1 d LR ln À

Sacriox L., 1909.

[87] Méuoinxs S, R.

V.—Ciamplain et Hudson.—La découverte du lac Champlain, et celle de la rivière Hudson.—A l'occasion du Tricentenaire de ces deux événements. — 1609-1909.

Par M. PAbbé AUGUSTE GossELIN, docteur ès lettres. (Lu le 27 mai 1909.)

Nous avons célébré l'année dernière le troisiè fondation de Québec en 1608. Son “ abitation ” Y passa l'hiver, et retourna en France dans l’ mais pour revenir bientôt au Canada, Le Pour ainsi dire, sa nouvelle Patrie, Ily res Voyages qu’il fait en France n’ont d’ canadienne! 1] ne pense qu’à elle, plore et la parcourt en tous sens ; j vertes. Que de tricentenaires i célébrer d’ici à 1935, trois-centième anniversaire de sa mort : la découverte des Grands Lacs du Haut-Canads, en 1615; la fondation de la mission canadienne cette même année; l'érection du fort Saint-Louis, en 1620; l’héroïque défense de Québec contre les Anglais en 1629, et, la

petite bourgade ayant été forcée alors de se rendre? son retour à la France en 1632; la construction de Notre-Dame-de-Recouvrance en 16331 5

Je n’ai pas mentionné la découverte du lac Champlain, qui suivit de près la fondation de Québec. C’est en effet en 1609, au mois de juillet, que Champlain remonta pour la première fois la rivière Chambly ou Richelieu,s “ce qu’aucuns chrétiens—comme il laffirme lui-même— n’avaient fait avant luit et qu’il se rendit jusqu’au fond du lac où il

me centenaire de la

111 allait exciter le zèle des gouvernants, parlait des ressou mais en même temps faisait connaître les dificuités de l'établisseme du chevalier d'Iberville, par l'abbé Desmazures, p. 4.)

2 Le 20 juillet 1629, Deux tourelles du fort étaient tombées d’elles-mêmes le 8 juillet 16285, ce qui avait été regardé comme un mauvais présage: “ Ce n'était pas la vieillesse qui avait causé leur ruine, écrit Sagard, mais l’indévotion des habitants, que Dieu voulait châtier par le ravage des Anglais” (Histoire du Canada, édition Tross, t. I11, D. 832, pag. inférieure. )

8 Cette rivière a porté successivement les noms de riv Richelieu, rivière Chambly, rivière Sorel.

d'hui prévaloir, C’est le nom du premier fort qui fut construit à l'embouchure de cette rivière, à l'endroit où est aujourd'hui Sorel. Sorel et Chambly sont les noms d'officiers du régiment de Carignan, venus au Cana!

da du temps de M. de Tracy.

+ Les Œuvres de Champlain, édition Laverdière, p. 829, pag. inférieure,

rces du pays, nt.” Histoire

ière des Iroquois, rivière Le nom de Richelieu semble aujour.

livra son premier combat contre les Iroquois1 «Ce

lieu, dit-il, fut Dommé le lac de Champlain” fn est englobé aujourd’hui dans le territoire de la grande république icai

qu'une toute petite Partie, la baie de Missisquoi, Préparent-ils à célébrer avec éclat, l'été Prochain, le tricentenaire de la découverte de ce lac, une des Plus belles Dappes d’eau de leur Pays. Nous aurons donc le plaisir de les entendre &lorifier à le

l'avons fait l’année dernière, ie, les travaux, les vertus et les mérites du père de la Patrie canadienne.

Ils ne Manqueront pas, sans doute,

dans Jeurs éloges, d’unir au nom de Champlain celui de Hudson, et de

célébrer, en même temps que la

suivant une

York, et découvrait le beau fleuve

même lac Champlain, ]] le remontait à

Point qui n’est Pas parfaitement déterminé, mais que l’on croit peu éloigné de celui où Champlain s'était Jui

t jamais Vus, qui ne % Connaissaient probablement Pas même de DOM, —l’un retardant quelque peu son voyage, l’autre Précipitant sa marche, contrer et se donner Ja i

comme il s’en est peu fallu qu’

auraient pu se ren- +. Quelle étonnante

1 Le 29 juillet, à l'endroit nommé aujourd’hui Crown Point. 2 Œuvres de Champlain, D. 844.—Remarquons

[aossnzin) CHAMPLAIN ET HUDSON 8°

cidence,! et de rappeler les principaux détails des deux voyages, qui aboutirent, l’un à la découverte du lac Champlein, l’autre à celle de la rivià à Hudson.

Le voyage de Champlain est bien connu: ii mn a fait lui-même le récit, que je me contenterai de résumer aussi su..nctement que possible. Celui de Hudson l’est généralement moins: ce voyage se fit à peu près à l'aventure, dans des conditions assez extraordinaires, et au milieu d’incidents tous plus ou moins étranges, plus ou moins tragiques les uns que les autres, qui ont été notés fidèlement par Hudson lui-même et quelques hommes de son équipage. J'en ferai le récit d’après un ouvrage tout récent, dont l’auteur a eu accès à ces notes précieuses conservées aux archives de Londres.?

En partant, au printemps de 1609, pour remonter le cours de la rivière Richelieu et se rendre &'. pays des {roquois, Champlain ne courait pas, lui, à l’aventure. Il avait déjà quelque idée du pays qu’il allait parcourir. Les descriptions et les récits que lui avaient faits les sauvages, ses alliés, avaient piqué sa curiosité. Il entreprenait le voyage ‘pour sa propre satisfaction, et aussi pour remplir la promesse qu’il leur avait faite à maintes reprises de les assister dans les guerres qu'ils voulaient porter chez leurs ennemis. 11 tenait à leur être fidèle. Comment aurait-il pu, en effet, fonder un établissement solide sur le Saint-Laurent, sans s'assurer le concours des sauvages amis qui venaient annuellement commercer avec les Français, sans réduire à l’impuissance les Iroquois qui ne cherchaient qu’à les molester et à les détruire ?

“T1 n’était p23 homme à rester en repos,” dit Lescarbot.3 Il fait donc gréer, au mois de mai, une bonne chaloupe, y monte avec une vingtaine d’hommes, et part vers la mi-juin, accompagné de quelques sauvages montagnais.

Ces sauvages, pleins de ruses, toui amis qu’ils sont, l’ont trompé: ils lui ont dit que le chemin pour aller aux Iroquois était des plus faciles.#{ Que fera-t-il avec sa chaloupe dans les rapides de Chambly?

1 Notre distingué collègue, M. Sulte, a déjà mentionné incidemment cette coïncidence dans son remarquable travail Le Haut-Canada avent (15, publié dans les Mémoires de la Société Royale, 1904. I. p. 80.

2The Conquest of the Great Northwest, being the story of the Adventurers of England, known as T'he Hudson's Bay Company. New pages in the History 0’ the Canadian Northwest and Western States, by Agnes C. Laut, author of ‘“ Lords of the North.” “ Pathfinders of the West,” etc. In two volumes. New York. The Outing Publishing Company, M. C. M. VIII. ;

8 Histoire de la Nouvelle-France, Paris, 1609, p. 653.

4 Œuvres de Champlain, p. 330.

Il arrête un instant au Platon ou Pointe Sainte-Croix, puis à Sainte-Anne de Ja Pérade; et, rendu à Batiscan, sence de deux à trois cents sauvages algonquins dent, campés sur Je rivage. 11 leur annonce qu’il

me, Eh bien, qui le croirait ? cette résolution ne rencontre chez eux que défiance. Il

a beau leur Protester qu’il n’a aucune arrière-pensée, il a beau leur faire voir qu’il n’y a aucune marchandise dans sa chaloupe, ri armes, et que par conséquent ce n’est Pas le désir de Commercer qui l’amène,

Mais uniquement celui de les Accompagner à la guerre: ils veulent éprouver sa bonne foi, et exigent qu’il retou

r égoïsme: ils ne pensent qu’à hamplain, qui les connaît à fond, consentir à leurs volontés: il

Pagne dans leur voyage à Québec. Les voilà qui se livrent pendant huit jours aux réjouissances insensées qui sont le prélude obligé de leurs Buerres; et ce n’est qu'après #’être épuisés en folies de toutes sortes qu’ils se déterminent enfin à partir..

Cette fois, Pontgravé: accompagne Champlain, dans une barque à part. Mais rendu à Sainte-Croix, Champlain se décide à monter tout seu] ; il renvoie Pontgravé à Québec, gardant avec lui neuf h mmes, ainsi que son pilote Laroutte, et Desmarais, gendre de Pontgravé.

Il quitte Sainte-Croix le 8 juillet, et se rend aux Trois-Rivières, “un fort beau pays,” dit-il. Puis il s’avance dans le lac Saint-Pierre, et observe toutes les rivières qui s’y jettent, la rivière du Loup, la rivière Nicolet, l'Yamaska, ete, Le voilà enfin à l’entrée de la rivière des Tro-

nr ne ee — e 1 Cette rivière s'appelait déja Batiscan en 1608.

(Ibid. p. 91.) C'est évidemment Je nom du capitaine Champlain rencontra À Québec en 1611. )

et couranaturel complaisant et

* et avait toujours le petit mot en bouche pour rire,” dit Sagard, (Æ'istoire

[oossauin] CHAMPLAIN ET HUDSON vl

quois;! et là, tous ces sauvages qui l'ont suivi, et qui étaient jadis si chauds pour aller en guerre, se disputent à qui n'ira pas® Les délices de Capoue—je veux dire Québec—les ont gâtés. Une soixantaine seulement se décident à accompagner Champlain, les autres retournent dans leur pays. La barque de Champlain entre alors dans la rivière Richelieu, suivie de vingt-quatre canots sauvages.®

Désormais Champlain voyage en pays tout nouveau pour lui. Il est tout yeux et oreilles pour observer le panorama merveilleux qui se déroule devant lui, pour écuuter ce que peut lui dire cette nature encore vierge. Il est dans l’admiration à la vue de ces rivages enchanteurs, si riches en essences forestières de toutes sortes: “ Tout ce pays, dit-il, est fort uni, rempl de forêts, vignes et noyers.” * On lui dit que ces prairies et ces forêts étaient autrefoi: habitées par une infinité de sauvages: la guerre a tout balayé: on n’y entend plus que le souff!- :« la brise et le chant des oiseaux. Le fondateur de Québec, remontant le cours de la rivière Richelieu, et contemplant ces paysages admirables, eut-il quelque prévision de ce que devait être un jour ce pays “ si uni, rempli de forêts, vignes et noyers,” avec ses villages populeux, ses paroisses riches et prospères, le grenier de la patrie canadienne? On aime vraiment à le croire.

“ Nous eûmes assez de peine, dit-il, à monter la rivière à la rame.” Il arriva cependant au pied des rapides de Chambly avant les sauvages. Mais ici impossible d’aller outre, À moins de faire portage. Et y a-t-il moyen de faire portage avec une chaloupe sur les épaules ‘dans cette épaisse forêt? Sans attendre les sauvages, qui ne sont pas encore arrivés, il va explorer le rivage:

“ Desmarais Laroutte et moi, dit-il, et cinq hommes fûmes à terre voir si nous pourrions passer ce lieu, et fûmes quelque lieue et demie sans en voir aucune apparence... Voyant qu’il était impossible de couper les bois avec si peu d’hommes que j'avais, je résolus de faire autre chose que ce qu* nous nous étions promis, d'autant que les sauvages m'avaient assuré que les chemins étaient aisés, et que nous trouvâmes le contraire. . .”

T1 revient donc à sa barque, avec tout son monde, Pesprit rempli d'incertitude et de chagrin. Va-t-il renoncer à continuer son voyage, et reprendre le chemin de Québec ?

1 La rivière Richelieu fut d’abord appelée la rivière des Iroquois, parce qu'elle était la voie ordinaire que suivaient ces sauvages pour descendre dans la vallée du Saint-Laurent.

2 Œuvres de Champlain, p. 333.

3 Ibid., p. 329.

« Ibid., p. 329.

“Cela me chagrina, dit-il,*et me donna beaucoup de déplaisir, de m'en retourner Sans avoir vu un grandissime lac, rempli de belles Îles, et quantité de beau Pays, qui borde le lac...»

de périls inconnus, que Jeur imagination Srossit sans doute, « saignent du nez” 1 eux seulement se présentent, et se font fort de le suivre partout; il les garde et renvoie les autres, Puis, er route pour le lac Champlain.

nuent, en effet, sur un assez Jong Parcours. Mais bientôt les canots élissent sur une eau calme, limpide et brillante comme un miroir, Voici Pile Sainte-Thérèse, avec ses pe gracieux, « remplie des plus beaux pins que j'aie jamais vus” 2 qit Champlain, Quelques lieues plus loin, 02 aperçoit ur endroit charmant, sur le rivage, Les Sauvages décident d'y atterrir Pour passer la nuit, Les Canots s’alignent sur la grève; puis

environs. Si l’on n’a rien vu, tout le monde s’endort Paisiblement, I] nest jamais question de faire veiller quelques gardiens de nuit, en cas de surprise :

rite, et qui, selon les mouvements qu’ils

É Rs.

1 Œuvres de Champlain, P. 810.—On dit qu’un homme saigne du nez lorsqu'il Manque de résolution, Quand ji] faut exécuter quelque entreprise, quoiqu'il eût

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