LES MÊMES, CLAUDINE, JEAN-PIERRE
JEAN-PIERRE
Claudine, j'entrerai ; la chose est assez grave.
CHAMPMESLÉ, apercevant Jean-Pierre.
C'est ce garçon! Encore une nouvelle entrave!
JEAN-PIERRE, has à Claudine.
Le patron m'a grondé.
Apercevant Champmeslé Mon homme, le voilà !
MARIE, à part.
Il a le médaillon.
CLAUDINE, has, à Jean-Pierre.
C'est l'époux.
JEAN-PIERRE, avec étonnement.
Celui-là!
CLAUDINE, bas.
Tais-toi.
Elle passe devant lui et va se mettre à gauche de sa maîtresse. Jean-Pierre fait un pas du côté de Marie. MARIE, &as, à Jean-Pierre.
Tais-toi.
Jean-Pierre se recule avec étonnement.
c HAMPMESLÉ, en donnant un coup de coude à Jean-Pierre.
Tais-toi.
Haut à Claudine.
Qu'est-ce donc?
CLAUDINE, vivement.
Ce n'est rien ! Ce garçon, dont l'amour en ce moment s'explique. Me voyant des bijoux pour monter sa boutique.
Elle montre ses bagues.
Croit devoir demander votre consentement Pour notre mariage.
JEAN-PIERRE, de plus en plus étonné.
Ah! bah!
Eh! quoi! Vraiment!
Tu penses à l'hymen ?
A part.
Heureuse est la ressource.
Haut.
J'y consens.
CLAUDINE, avec intention.
Pas de dot?
Tiens, prends toujours ma bourse.
Jean-Pierre intercepte la bourse au passage et la porte à Claudine.
* La Fontaine, Champmeslé (Claudine, Jean-Piene dans le fond], Marie.
MAGASIN THÉÂTRAL
MARIE, à part.
Claudine, par bonheur, me tire d'embarras !
CHAMPMhSLÉ, bas à Marie.
Je veux la marier, donc je ne l'aime pas.
JEAN-PIERRE, bas à Claudine.
J'accepte tes bijoux pour monter ma boutique : Mais pas de médaillon, de lanterne magique.
CHAMPMESLÉ, à part.
De sa coquetterie, hélas I trop convaincu,
J'ai beau lutter, je crains un jour d'être vaincu.
MARIE, à part.
Un mystère est là, oui, je ne me rends pas compte De cet éloignement de Racine et du comte !
CHAMPMESLÉ, à La Fontaine assis.
V^ous voilà maintenant honteux et confondu...
LA FONTAINE, Sortant de sa rêverie.
Je songe au dénoùment de notre Veau perdu.