‹ Chancres génitaux et extra-génitaux, chancres syphilitiques, chancres simplesChapitre 11 sur 18 · MIS · texte numérisé non relu

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sillon du gland par exemple, dans l’interslice des grandes cl des poli les lèvres. La convergence de plusieurs chancres simples développés au voisinage les uns des autres donne lieu à la formation de surfaces ulcéreuses étendues, de forme irrégulière, limitées par des bords polycycliques déterminés par l’intersection de cercles d’un diamètre relativement grand.

Le chancre simple n’est naturellement pas 1res douloureux, il ne le devient qu’à la suite de froissements et des irritations extérieures : il est le siège d’un travail sourd donnant naissance à une sensation comparable à celle d’une souris qui rongerait; cette sensation agaçante et pénible plutôt que douloureuse se reproduit plusieurs fois par jour, par accès d’une à deux heures de durée (Diday). La marche, le frottement des pièces de pansement, le tiraillement de la région malade exagèrent les phénomènes douloureux et le chancre peut devenir sous leur influence le siège de douleurs très vives.

L’ulcéralion chancrelleuse a toujours une certaine profondeur; ce n’est point une érosion superficielle comme celle de l’accident primitif de la syphilis, c’est une cavité véritable creusée au milieu des tissus, entamant l’épaisseur du derme. Les bords sont taillés à pic comme si la plaie avait été faite avec un emporte-pièce; ils ont le plus ordinairement un millimètre au moins de hauteur : le fond se trouve ainsi fortement déprimé au-dessous des parties environnantes. Les bords sont décollés, minés par la suppuration qui s’insinue au-dessous d’eux, ce qui constitue une rigole de suppuration tout au pourtour de l’ulcère. Diday estime avec raison qu’il y avait lieu de tenir le plus grand compte de celle

CHANCRE SIMPLE

rigole de suppuration sur laquelle le médecin s appuie souvent pour établir son diagnostic et trouve qu’au lieu de définir l'ulcère chancrelleux « un ulcère aux bords taillés à pic » comme on le lait ordinairement, il vaudrait mieux dire qu’ils sont taillés plusipià pic puisque le décollement des bords donne à l’ensemble de l’ulcère la forme d’un entonnoir renversé plutôt que celle d un vase cylindrique. Les deux caractéristiques de l’ulcération chancrelleuse sont renfoncement prononcé par suite de la destruction du derme, le décollement des bords minés par la suppuration.

La base sur laquelle l’ulcération repose est souple, ce qui a valu au chancre que nous étudions la qualification de chancre mou en opposition avec le chancre syphilitique auquel la résistance chondroïde de sa base a valu la qualification de chancre induré. Souvent cependant on rencontre au-dessous de 1 ' u 1 cération chancrelleuse un degré plus ou moins accentué d’induration inflammatoire; mais celle-ci n'a le plus ordinairement pas le degré de dureté, les limites nettes de l’induration syphilitique ; c’est une induration moins résistante, œdémateuse, aux limites diffuses, ayant les caractères des indurations inflammatoires ordinaires.

Le fond de h ulcération chancrelleuse est inégal, irrégulier, mamelonné, hérissé parfois de papilles volumineuses, distinctes les unes des autres ; il est recouvert d’un enduit mollasse, pultacé, très adhérent. diphlhéroïde et épais dans certains cas, blanc jaunâtre. L’ulcère fournit un pas abondant présentant les caractères du pus louable des plaies simples : ce pus devient facilement séreux, roussâlre, sanieux ;ï ia suite d’irritations artificielles ou de la tendance

• le la plaie aux altérations gangréneuses. On n’élail jusqu’à ces derniers temps parvenu à découvrir dans le pus de la chancrelle, ni par l’examen macroscopique, ni par l'examen microscopique, ni par la culture, aucun caractère, aucun élément particulier et spécifique permettant de reconnaître sa nature spécifique. Quelques auteurs, Ferrari, Mannino, de Lucca, avaient bien déclaré y trouver un bacille, des microbes caractéristiques; mais aucun des microbes annoncés comme spécifiques n’avaient encore reçu droit de cité définitif dans la science et mon savant ami, le professeur Straus, dont tout le monde connaît la compétence et la sagesse, déclarait, il y a trois ans, ne connaître encore le microbe du chancre simple.

Le seul caractère un peu particulier que nous connaissions au pus du chancre simple nous avait été enseigné par le professeur Leloir et mon collègue Balzer : on rencontre constamment des fibres élastiques en grand nombre, dont la présence permet d’affirmer presque à coup sur la nature de l'ulcération. Dans les cas où une certaine hésitation existe pour le diagnostic entre une ulcération chancrelleuse, un chancre syphilitique et une ulcération herpétique, la présence de fibres élastiques en quantité notable permettra de déclarer presque à coup sûr la nature chancrelleuse de l’ulcération : celle-ci en effet, atteignant profondément le derme, entraîne avec la suppuration un grand nombre de fibres élastiques ; les autres ulcérations peu destructives, érosives plutôt qu’ulcéreuses, ne détruisent ordinairement que l’épiderme ou les parties les plus superficielles du derme, ne renferment pas ou renferment très peu de fibres élastiques. Le docteur Leloir a

chancre simple.

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