‹ Chanson de RolandChapitre 129 sur 323 · CHARLEMAGNE APPROCHE · texte numérisé non relu

CHARLEMAGNE APPROCHE

GLXXXII

Aoi.

Aoï.

Li quens Rollanz fut mult hardis e fiers, Gualtiers de l’Hum est bien bons chevaliers, Li Arcevesques prozdum e essai ez :

« El 'j'ai tant de blessures aux côtés et aux flancs « Que te clair sang coule de toutes parts,

« Tout mon corps va s'affaiblissant ,

« Et je sens bien que je vais mourir.

« Je suis votre homme, Roland, et vous tiens pour mon seigneur et mon appui.

« Si je me suis enfui , ne m'en blâmez.

« — Je n'en veux rien faire, » dit le comte Roland .

« Mais , tant que vous vivrez , aidez-moi. »

Roland est tout en sueur , de colère et de douleur.

U tranche en deux les pans de son^bliaud Et se met à bander les flancs de Gautier.

Roland est plein de douleur, Roland est plein de rage.

Dans la grande mêlée, il commence à frapper;

11 jette à terre vingt-cinq païens d’Espagne, raides morts. Gautier en tue six, l’Archevêque cinq.

« Quels terribles hommes î » s’écrient les païens.

« Prenons garde qu’ils ne s’en aillent vivants :

« Honte à qui n’ira pas les attaquer !

« Honte surtout à qui les laisserait échapper ! »

Alors recommencent les cris et les huées ,

Et de toutes parts les païens envahissent les trois Français. Que Dieu, qui jamais ne mentit, que Dieu vienne à Leur aide !

Page 1