CC1II
Pour la troisième fois , Roland frappe sur une pierre bise : Plus en abat que je ne saurais dire.
L’acier grince ; il ne rompt pas :
L’épée remonte en amont vers le ciel.
Quand le Comte s’aperçoit qu’il ne la peut briser,
Tout doucement il la plaint en lui -même :
« Ma Durendal , comme tu es belle et sainte !
« Dans ta garde dorée il y a bien des reliques :
« Une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile,
« Des cheveux de monseigneur saint Denis ,
« Du vêtement de la Vierge Marie.
« Non, non, ce n’est pas droit que païens te possèdent.
« Tu ne dois être servie que par des mains chrétiennes.
« Combien de batailles j’aurai par toi menées à fin,
« Combien de terres j’aurai par toi conquises,
« Que tient Charles à la barbe fleurie
« Et qui sont aujourd’hui la puissance et la richesse de l’Empereur !
« Plaise à Dieu que tu ne tombes pas aux mains d’un lâche !
« Que Dieu n’inflige point cette honte à la France ! »
Roland sent que la mort l’entreprend Et qu’elle lui descend de la tête sur le cœur.
Il court se jeter sous un pin :
Sur l’herbe verte il se couche face contre terre;
Il met sous lui son olifant et son épée,
Et se tourne la tête contre les païens.
Et pourquoi le fait-il? Ahl c’est qu’il veut
Faire dire à Charlemagne et à toute l’armée des Francs,
Le noble comte, qu’il est mort en conquérant.
ration de ces reliques a varié suivant I provenance et l’âge de ces différents les Remaniements. Il y a là quelques textes, éléments de critique pour ^établir la |
Cleimet sa culpe e menut e suvent.
2365 Pur ses pecchiez Deu puroffrit le guant :
Le Angle fi-ôu h pristrent erraument . Aoj,
Ço sent Rolianz de sun tens n’i ad plus ;
Devers Espaigne gist en un pui agut.
A P une main si ad sun piz batut :
« Deus ! meie culpe par la tue vertut,
2370 « De mes pecchiez , des granz e des menuz ,
« Que jo ai fait dès Pure que nez fui « Tresqu’à cest jur que ci sui consoüz ! »
Sun destre guant en ad vers Deu tend ut :
Angle de Y ciel i descendent à lui. Aoi.