V. Curune, corune
CORONET. S. s. m. Celui qui est tonsuré ( Coronatus ), 1563. — R. p.
m., coronez : Proveires coronez, 2956. V. Corone.
CORS. R. p. m. Trompettes, clairons ( Cornua ), 1629. V. Corn.
CORS. S. s. Corps [Corpus) , 3900. —
GORSABLIS — CRUISIR
R. s. : cors, 118, 305, etc. — R. p.
cors , 2967.
CORSABL1S. S. s. m. Nom de païen ( ? fait d’après cursabilis ) , 885. — R. s. m., au v. 1235, on trouve la forme corsablix.
CORT. R. s. f. Cour du Roi ( Curtem }, 351. V. Curt.
CORUNE. R. s. f. ( Coronam ), 2684.
COSTENtInNOBLE. R. s. f. (Constantinopolim ) , 2329.
COSTED, COSTET. R. s. m. Côté (Costatum , de costa) : costed, 346, et costet, 1066, 1315, etc. — R. p.
m. : costez , 305.
COSTEÏR. Verbe act., inf. prés. ( Custo dire , qui signifie ici « garder les morts » ) : Li Emperere fait Rollant costeïr , 2962.
COUS. R. p. m. Cuisiniers, queux ( Coquos de coquus ), 1817.
CRA VENT. Verbe neutre, 3® p. p du subj. prés : N:en ad recet dunt li mur ne cravent, 1430. — On avait proposé: <i crèvent, crepent, » de c repare ; mais c’est la seule fois que cette désinence du pluriel entrerait dans un couplet en en. Il faut écrire li murs et regarder cravent comme une 3® p. s. du subjonctif du verbe craventer employé au neutre. V. le suivant.
CRAVENTE. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind. prés. Renverser ( Crepentat ) :
Ambure cravente en la place devant sei, 3549. — Subj. prés., 3® p. s. : cravent, 1430.
CREINT. Verbe act., 3® p. s. de l’ind. prés. ( Tremit) , 2740. V. Crent.
CREIRE. Verbe employé tantôt comme actif et tantôt comme neutre , inf.
prés. Croire ( Credere ), 987, 3980. — Ind. prés., 1™ p. s. : crei, 575, etc. 3® p. s. : creit , 577, etc. — Fut., 2® p. p. : crerez, 196. — Impér., 2® p. s. : crei , 3599 , et 2® p p. :
creez, 692. — Imparf. du subj., 2® p.
p. : creïsez, 1728.= Rem. l’expression : Se ne Vassaill, dune ne fazjo que creire , 987. « Le sens serait : « Je ne fais chose que l’on doive croire ». (Note de Fœrster. ) = Au v. 3667 on trouve creit en Deu; mais en a été ajouté par une autre main.
CREISTRE. Verbe neutre, inf. prés.
Croître ( Crescere ) : Bleit n’ i poet pas creistre , 980.
CRENT. Verbe act., 3® p. s. de l’ind.
prés. Craint ( Tremit ), 549, et creint , 2740. — Fut. , 2® p. p. :
crendrez , 791. — Cond., 1« p. s., crendreie : Jo me crendreie que
vos vos meslisez , 257. L’assonance
exige crient.
CRI. S. s. m. (C’est le substantif verbal
de crier), 2064.
CRIENT. Verbe actif ou neutre, 3® p.
p. de l’ind. prés. Crier, et surtout « jeter le cri de guerre » [Quiritant) : Li chrestien te recleiment e crient, 3999. — Parf. cornp.. 2® p. s. avee un r. s. f., ad criée : Li Amiraz Preciuse ad criée, 3564. — Impér., 2® p.
p., criez : Adubez vos , si criez vostre enseigne, 1793. — Subj. prés., 3® p. s. (?) : criet, 1618.
CR1GNELS. R. p. m. Cheveux (d’un diminutif latin de crines), 2906.
CRIGNETE. R. s. f. Crinière de cheval (diminutif roman de crinis ),
CRIMINEL. R. s. f. (Criminalem)
GR1STALS. S. s. m. Ce mot désigne les pierres fines, ou plutôt les verroteries qui ornaient le pommeau de l’épée, la boucle de l’écu et le cercle du heaume (Crystallus), 2296. — R.
s. m. : cristal , 1263.
CROCE. S. s. f. Tous les traducteurs ont rendu ce mot par « croix ». Cependant on trouve, au v. 2504, la forme cruiz, qui est régulière. Croce vient de croccea, dont le primitif est croccum , croc, et a le sens de « crosse » : En i Arcevesque est ben la croce salve. 1670.
CROLLÉE (ad). Verbe actif, parf.
comp., 3® p. s. avec un r. s. f. : A brandi... ( Corotulatam habet) : De sun algeir ad la hanste crollée ,
CRUISIEDES (ad). Verbe act., parf.
comp., 3® p. s. avec un r. p. f. ( Cru datas habet ) : Cruisiedes ad ses blanches (mains) les beles, 2250.
Cruisiedes est un des très rares participes du Roland qui ont conservé la notation graphique de la dentale.
Tous ceux du Saint Alexis l’ont gardée, et c’est un des principaux caractères de l’antiquité de ce poème.
Toutefois nous pensons que la dentale était depuis longtemps tombée dans la prononciation , et qu’à la fin du xi® siècle elle devait avoir disparu de l’orthographe même des participes passés. C’est pourquoi nous ne l’avons pas rétablie dans notre texte critique où nous prétendons reproduire l’original de la Chanson de Roland, lequel fut écrit entre 1066 et
CRUISIR. Verbe neutre, inf. prés.
Grincer, craquer [Cruscire. — V.
CRUIZ — CUMANT
dans Dncange ce mot , qui a le sens de crepitare) : Ces escuz sur cez helmes cruisir, 3485. — Ind. prés, (ou parf. simpl.), 3e p. s., crüist :
Cruist li acers, 2302. — 3« p. p. :
cruissent, 2540.
CRUIZ. R. s. f. Croix ( Crucem ), 2504.
CRUPE. R. s. f. Croupe (Nordique kryppa ) : Curte la quisse e la crupe bien large, 4653.
CRUTE. R. s. f. Grotte ( Cryptam ) : Ad Apolin en curent en une crüte,
CUARD. S. s. m. Peureux (de coda , queue; l’animal qui a peur porte la queue basse: c’est un cuard). 888.
— R. s. m. : cuard, 116. — S. p.
m. : cuart, 3337.
CÜARDET (se). Verbe pronominal, 3e p. s. de l’ind. prés Est ou devient lâche (voy. le précédent) : Mal seit de V coer ki tl' piz se cuardet,
CUARD1E. R. s. f. Lâcheté (voy.
Cuard), 1647.
CUARB1SE. R. s. f. Lâcheté (voy.
Cuard), 3043, 3521.
CUART. Adj. s. p. m. Lâches (voy.
Cuard), 3337.
CUE. R. s. f. Queue [Côdam et non caudam ), 1665.
CLIGNEES. R. s. f. Cognées ( Cuneatas ), 3663.
CUISSE. R. s. f. ( Coxam ), 1653.
CULCHET. Verbe actif ou réfléchi, 3e p. s. de l’ind. prés. ( Collocat .} 1® Au réfléchi : se culchet, 12, et se culcet, 2449. — Parf. comp., 3« p. s. avec un s. s. m. : s’est culceet, 2358; s’est culcet. 2496, et s’est culcez . 2992. = 2° A l’actif.
Parf. comp., 3e p. s. avec un r. s. m.. at culchet : Sur V erbe verte puis V at suef culchet, 2175 , et ad culchet, 2204. — Subj. prés., 3e p. s. :
culzt, 2682. = 3° Au passif? Ind. prés,, 3e p. s., avec un s. s. m., est culchet ; Li soleilz est culchet,
CULOR. R. s. f. ( Colorem), 3720. V.
Culur et Color.
CULPE. R. s. f. ( Culpam ), 3720.
<< Clamer sa culpe, » c’est « réciter son mea culpa », 2239 et 2364. — Dcus ! mcie culpe ( c-’est - à - dire :
mea culpa) , 2369. — R. p. f. : culpes, 1132
CULUMBE. R. s. f. Colonne (De Columnam , par l’intercalation d’une labiale , 2586.
CULUR. R. s. f. Couleur [Colorem), 441, 2299, etc.; color, 3763; culor, 3720. — Au r. p. f,, cülürs a (vers
2594) le sens de a peintures murales » : Fait sei porter en sa cambre vollice : — Plusurs culurs t ad peinz e escrites, 2593, 2594. V. Culor et Color.
CULVERT. Adj. s. m. Misérable (Collibertus. ?? Les colliberts formaient une classe ntermédiaire entre l’esclavage et la liberté, mais plus près des esclaves] , 1394. — Voc. s. m. :
culvert, 763, etc.
CULZT. Verbe act., 3e p. s. du subj.
prés, de cidcher ( Collocet ) , 2682.
CUM , CUME. Conjonction. [Quomodo.) Cum a deux sens : 1° « De la façon que, ainsi que », et 2® « Quand, lorsque , dès que ». =: Il convient d’ajouter que, presque partout, cum se distingue nettement de cume dans le texle de la Bodléienne. Cume ne s’emploie guère qu’avec des substantifs et adjectifs (Cume fols... Neirs cume peis)\ tandis que cum s'emploie presque toujours avec un verbe :
Faites la guère cum vos l'avez enprise, etc. Néanmoins il y a, en des textes du même temps, des exceptions à cette règle, que nous avons dû consacrer dans nos additions au texte d'Oxford.zr: Après avoir précisé le sens , il en faut venir aux exemples : 1« Cum|, dans le sens de « de la façon que »
On le trouve employé avec un verbe aux vers suivants : 'Que il me cfieded cum fUt à Guenelun , 769. St cum li cerfs s'en voit devant les chiens, 1874. Si cum il poet, 2203. De*<s les deux derniers cas, il est précédé de si [sic quomodo).\Jne seule fois, on le trouve avec un substantif : Altresi cum un urs , 1827 ; mais c’est sans doute par suite d'une erreur qui est aisément répa râble. = Cum est également employé dans le sens exclamatif ; mais ce n’est là qu’une variété à peine sensible du sens précédent : E !
Sar- raguce, cum ies oi desguarnie , 2598. = 2° Cum, dans le sens de « lorsque » : Cum il le vit, 1643. Cum je serai à Eis en ma chapele, 2917.
CUMANT. Verbe neut. et quelquefois actif, De p. s. de l’ind. prés. [Commendo ), 273, 289, et gomant . 318, 3e p. s. : cumandet, 319, 1138, et COMANDET , 298. 3e p. p. : CUMANdent, 3694. — Parf. simpl., 3e p.
s.: cumandat, 1817. — Parf comp., 3e p. s. : ad gomaxdet , 2453 ( sans complément), et 2952 (avec un r. n ).
— Imp., 2« p. p. : cumandez, 2949.
— Part, pas^é, s. s. m.; comandet, 696. = Ce verbe a plusieurs sens :
1° Il a gardé le sens latin de « con-
CUMBATANT — GUNFUNDRE
fier, recommander » (vers 2253, 2815, etc.). = 2® 11 signifie encore « commander, ordonner >* ( vers 273, 2673, etc.). = 3® Enfin il faut signaler une acception particulière aux vers 3015, 2432, 2970, 3057. Li reis cumandet un soen veier, 3952. Ce dernier sens est celui de « requérir par ordre »>. V. Comand et Coman -
CUMbTtANT. V. le suivant.
CUMBATTRE. Verbe qui, partout, est employé au réfléchi, sauf en un seul cas , v. 2603 : S’il ne cumbat à cele gent hardie . (L’étymologie est bat tuere avec cum.V. Batre .) Inf. prés.:
Me cumbatre, 566.— Ind. prés., 3® p.
s.: se cumbat, 733. — Parf. simpl., 3® p. s. : s’i cumbatit , 2778. — 2® p. p. : se cumb[a]tirent, 1777. — Parf.
comp., 3® p. s., avec un s. s. m. :
s’est cumbatuz, 2041. — Fut., lr® p.
s. : me cumbatrai , 3844 ; 3« p. s. :
CUMBATRAT SEI , 614.— Gond., 3e p.
s. : se cumbatreit, 3804. — Part, prés. (?) : En cumbatant, 1769. Asez estmielz que moerium cumbatant, 1475. C’est un véritable gérondif.
— Cumbatanz est encore employé comme substantif (s. p. m.) au v.
3188: De cels de France XX. mille cumbatanz, et aussi comme un adjectif signifiant « brave »> ( s. s. m. et f. : cumbatant ) : Li Emperere est ber e cumbatant, 2737. Une ne vi gent ki si fust cumbatant , 3516. — Part.
• pass., s. s. m.: cumbatuz, 2041.
CUME. Conjonction. ( Quomodo. ) Cume s'emploie toujours avec des substantifs et adjectifs : Cume celui qui ben faire le set , 427. Issi est neir cume peiz } 1635, etc. V.
Cum.
CUMENCER. Verbe actif, inf. près.
Commencer ( Cum-initiare ) , 2413. — Ind. prés.. 2e p. s : Malvais sermun cumences, 3600. 3® p. s. : cumencet, 138, 179, etc. 3e p. p. : cumencent, 3910. — Parf. simpl., 3« p. s. : cumençat, 323. == On dit cumencer a.
Ex. : Cumencet a plurer , 2217.
CUMENT. Conjonction. Comment, de quelque manière que... (Quomodo inde?) : Deus set asez cument la fins en ert, 3872. — Cument qu’il seit, ne s’i voelt celer mie , 3522.
Dans le premier vers cité, cument a le sens actuel ; dans le second , il doit se traduire par : « De quelque façon que... »
CUMFAITEMENT. V. Faitement.
CUMPAIGNE. S. s. f. Compagnie,
troupe (Cumpania) , 3034. — R. s.
f . : cumpaigne, 827, 912, etc. — S.
p. f. : cumpaignes , 1757. — R. p. f. : CUMPA IGNES , 3324.
CUMPA1GN1E. S. s. f. (Cumpania, avec l’accent tonique sur l’« ) , 1735. — R. s. f.: cumpaignie, 587, et cumpa- GNIE , 1632.
CUMPAGNUN. V. le suivant.
CUMPAINZ. S. s. m. (11 faut, pour cumpainz , supposer un type tel que companius, tandis que cumpaignun dérive de companionem , déclinaison qui déplace l’accent), 285, 546 , 3194 , etc. , et cumpaignun , 1160.
— Voc. s. m.: cumpainz, 1059 ;cumpaign , 1051 , et cumpa in , 2000. — R.
s. m. : cumpaignun , 1020. — S. p.
m. : cumpaignuns, 2178. — R. p. m.:
cumpaignuns, 858.
CUMPERÉE (avrunt). Verbe act., fut. antérieur, 3® p. p., avec un r. s. f. Auront payée ( Comparalam habere- habent ), 449. — Subj. prés. 3® p. s., cumpert , 1592.
CUMPERT. Verbe act., 3® p. s. du subj. prés, de cumperer ( Comparet , paye), 1592.
CUMUNE. Adj. s. s. f. Générale ( Communis) : La bataille est cumune,
CUMUNEL. Adj. s. p. m. Agissant en commun ( Communales ) : Tenent l’enchalz , tuit en sunt cumunel . 2446.
CUMUNEMENT. Adverbe. Tous ensemble (Peut-être pour cumunelmenty de communali- mente), 1416, etc.
CUN. Conjonction ( Quomodo ) : Tut issi cun il sunt, 2435; et, au sens exclamatif : E! France dulce, cun hoi remendras guaste, 1985. V, Cum.
CUNDUIRE. Verbe actif, inf. prés. ( Conducere ), 945.— Ind. prés., 3® p.
s.: cunduit, 3370. — Parf. simpl., 3® p. s. : cunduist , 1315, et cundoïst, 1392. 3® p. p. : cunduistrent , 685.
— Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s. m. : ad cunduit, 3689, et, avec un r.
p. m. : ad cunduiz : 542, et ad cünduit , 527. — Fut., lr® p. s. : Jo cunduirai , 892. = Passif. Subj. prés., lr® p. p., avec un s. p. m. : seiuns cunduiz, 46.
CUNFÈS. Part, pass., s. p. m. Confessés ( Confessi ) : Ben sunt confès e asols , 3859.
CUNFORT R. s. m. Reconfort, encouragement (substantif verbal de conforter, confortiare ), 1941.
GUNFUNDRE. Verbe act., inf. prés.
( Cunfundere ), 17, 389, etc. — Ind.
CUNGET — GUNTRALIEZ
prés., 3e p. p. : cunfundent, 300. — Subj.prés., 3e p. s.: cunfunde, 788.
= Au passif, ind. prés., 2® p. s., avec un s. s. m. : ies cunfunduz , 3955. — Part, passé, s. s. f. : cunfundue,
CUNGET. R. s. m. Ce mot est employé dans le sens de « prendre congé, donner congé» [Commeatum , commiatum.pav laconsonnification de l’ï):
El gentilz hom , car me duriez cunget , 2177. — Prennent cu(n)get, 2764. — gungied, 337. D’après les assonances , cette dernière forme est la bonne.
CUNOïSANCES. R. p. f. Signes qui, peints sur l’écu, servaient à reconnaît re dans la mêlée les chevaliers de différentes nations. Ce ne sont pas des armoiries ( Cognoscentias ): Es cuz uni genz de multes cunoisances, 3090. V. Conoisance , 3987.
CUNQUERE. Verbe act., inf. prés.
Conquérir [Conquirere, et, en langue vulgaire, conquerere) , 2920 — Ind.
prés., 3® p. p. : cunquerent (L'assonance semble exiger cunquièrent ), 3032.— Parf. simpl. : 1*-® p. s. : cunquis, 198. 3® p. s.: cunquist, 3 et 2047. — Parf. comp., l™ p. s., avec un r. p. m. et f., ai cunquis, 2333.
2® p. p., avec un r. p. m. : avez cunquis, 1859. — Fut., lr® p s.: cunquerrai , 988. 3® p. S. : CUNQUERRAT, 401. — Fut. ant., 1™ p. s., avec un r. p. f. : avrai cunquises, 2352 — Part, prés., s. s. m. : conquérant, 353 , 2363 — Part, passé , r. p. m.:
cunquis, 1859.
CUNQUERRANTMENT. Adv. En conquérant, à la façon d’un conquérant ÇConquerenti-mente ), 2867.
CUNREER. Verbe actif, inf prés.
Préparer, disposer, armer (d’un type germanique , raidjan, mettre en ordre (?), qui a donné en bas latin conrediare, conredium ) : De guar nemenz se prent à cunreer, 243. — Parf. comp., 3® p. p., avec un r. p.
m.: XII. serjanz les uni ben cunreez, 161.
CUNREID. R. s. m. Equipement, bagage (V. l’étymologie du mot précédent, et Ducange, au mot Conredium), 2493.
CUNSEILL. S. s.: 1<> Avis, sentiment (Consilium) , 223. — R. s. : cunseill, 3454; conseill, 3510. On trouve l’expression « prendre conseil » dans le sens de « se décider » : Si pren cunseill que vers mei te repentes , 3590. = 2° Conseil , assemblée. Se dit en particulier du Conseil
du Roi. S. s., cunseill : Dès ore cumencet le cunseill que mal prist , 179. - R. s.: cunseill, 62, 78. Rem.
la locution « tenir conseili »> : Ore en tendrum cunseill, 3761.
CUNSE1LLER. Verbe act., inf. prés.
Donner un conseil [Consiliare], 2212.
— Parf. comp., 3® p. p. unt cunseillet, 2668. — Impér., 2® p. p. : cunseillez, 20. Ce mot entre comme assonance dans les laisses en ier.
CUNSENT. Verbe act. impér., 2® p. s.
( De consentire.) Accorder, donner :
Par ta mercit, me cunsent — Que mun nevold pois (se) venger, 3108 , 3109. — Subj. prés., 3® p. s., cunsexte : Deus tut mal te cunsentk ,
CUNTE. R. s. m. ( Comitem .) C’est le cas régime de Quens ( Cornes }. Quens se trouve aux v. 194 , 625 , etc ; — cunte, aux v. 327, 635, 1526, etc.
etc. — S. p. m. : cunte, 378, 577, etc. — R. p. m. : cuntes , 14 , 207 ,
CUNTE. R. s. m. (Subst. verbal de cunter ) : L. miliechevaler sunt par cunte , 3078.
CUNTENANCE. R. s. f. Figure, maintien ( Continentiam ), 118. — R. p.
f., cunten anges : Quant Caries veit si beles cuntenances, 3006. Cf. 30S6.
CUNTENANT. R. s. m. Même sens que le précédent ( Continentem ) :
Cler le visage e de bon contenant,
CUNTENCE. Sun ceval brochet ki ort de f’cuNTENCE , 1 591 , pour : Sun ceval brochet ki de V curre cuntence. Dans cette dernière hypothèse, cuntence serait? un ind. prés.
3® p. s. d’un verbe fait sur conten dere, et ayant le sens de : <i s’efforcer de, faire un effort... »
CUNTENÇUN. R. s. f. Effort. ( Con tentionem), 855.
CUNTENEMENT. R. s. Attitude (V.
Cuntenance ) , 1598.= Les trois formes cuntenance , contenant et cuntenement nous montrent avec quelle facilité nos pères ajoutaient au même radical latin plusieurs suffixes différents. Les exemples abondent.
CUNTER. Verbe act., inf. prés. Raconter, dire ( Computare ) : Por la raison cunter, 68.
CUNTES. V. Cunte.
CUNTESSES. R. p. f. (Comitissas).
CUNTIENENT (se). Verbe réfléchi, 3® p. p. de l’ind. prés. Se tiennent (Se contenent ), 3797.
CÜNTRALIEZ. Verbe réfl. impér. 2® p.
CUNTRARIER — CURIUS
p. ( d’un verbe créé sur contrarium ) : Pur Deu vos pri, ne vos cuntra liez, 1741. V. le suivant.
CUNTRARIER. Verbe neutre, inf.
prés. Le même que le précédent . et employé dans le même sens. A quatre vers d’intervalle on trouve cuntraliez et cuntrarier, IV et VI étant aisément pris l’un pour l’autre : Li Arcevesques les ot cuntrarier, 1737.
Dans les deux cas, ce mot signifie :
« Se disputer. »
CUNTRARIUS. Adj. s. s. m. Hostile (d’un adjectif en osus , fait sur contrarias ) : Envers Franceis est mult CUNTRARIUS, 1212.
CUNTRE. Prép. [Contra.) Cuntre a plusieurs sens dans la Chanson de Roland: 1° Tout près de, etc.:
Cuntre sun piz puis si Vad emhracet , 2174 — 2° En échange, en comparaison de... : Cuntre un de noz en truverat morz quinze , 1930.
Ce sens dérive du précédent. = 3« Vers , du côté de... : Cuntre le ciel ambesdous ses mains juinles , 2015. = 4o A la rencontre de...: Vient curant cuntre lui, 2822. = 5« Au moment de... : Cuntre midi tenebres i ad granz , 1431. = 6° A peu près, approximativement (comme l’allem.
gegen) : Cuntre dous deie Vad de Vfurrer gelée, 444.
CUNTRED1RE. Verbe neutre, inf, prés. S’opposer à, démentir, dire le contraire (Contradicere) , 195. — Subj. prés., 3e p. s.:? cuntredie, 3669. — Part, pass., r. s. f., contredite : La contredite gent , 1932 (dans le sens de : la gent maudite, les païens).
CUNTRÉE. S. s. f. Pays ( Contrata , de contra) : Grant est la plaigne e large la cuntrée , 3305. — R. s. f. :
cuntrée, 448; contrée, 1455.
CUNTREMUNT. Adverbe. En haut, en amont ( Contra-montem ) : Ambes ses mains en levât cuntremunt, 419.
CUNTRESTER (se). Verbe réfl. inf.
prés. Résister [Contra- star e): Pur co ne s'poet nule gent cuntrester ,
CUNTREVAILLET. Verbe neut.,subj.
prés., 3e p. s. Cuntrevaleir a le sens de « valoir » avec une idée de comparaison ( Contra - valeat ) : Jamais n’ iert hum ki tun cors cun- TREV AILLET , 1984.
CUNTREVAL. Adverbe. En bas, en aval Contra vallem ) : Li altre en vunt cuntreval ftotant , 2472. Cf.
Cuntremunt.
CUNTURS. R. p. m. Comtes ( Comi -
tores). Dans la hiérarchie féodale, les cunturs viennent après les vicomtes et avant les vavasseurs. Cela est vrai en particulier pour la Catalogne et pour le midi de la France (V. Ducange, au mot Comitores, el Raynouard, au mot Comtor , II, 453.) A Barcelone, l’amende pour un vicomte valait deux fois celle d’un comtor , et celle d’un comtor deux fois celle d’un vavasseur. Je ne crois pas qu’il faille faire la même distinction dans les textes du Nord , et l’on trouve ici cunturs dans le sens de « comtes » : Les filz as cunturs, 850.
CUNVERTISSET. Verbe neut., subj.
prés., 3e p. s. Cunvertir signifie: se convertir (de convertere passé à la 4e conjugaison ) : Ço voelt li Reis par amur cunvertisset, 3674.
CURAGES. S. s. m. Intention [Coraticus ) : J o ne sai quels en est sis curages, 191. — Dans le sens de cœur : S. s. m. : curages, 56. — R.
s. m. : curage , 650.
CURANZ. Adj. verb., s. s. m. [Curant vient de currentem. Nous avons vu ailleurs comment tous les participes présents avaient été ramenés à ceux de la h* conjugaison latine, en antem.) Ce mot a plusieurs sens. Le plus souvent il signifie « rapide », et est l’épithète constante des mots cheval ou destrer : Li destrers est e curanz e aates , 1651. Cf. 1153, 1302 , etc. z= Il se dit également des eaux courantes : Les ewes curant, 1831. Dans ces deux cas, il est véritablement adjectif. = Mais il a également conservé son sens strict de participe présent ou plutôt de gérondif : Desuz un pin i est alet curant- 2357. Curant i vint, 955. = Au s, s. m., on trouve: curanz, 1651. — S. s. f. : curant, 2466. — R. s. m.:
curant, 1153. — R. s. f. : curant, 2225. — S. p. m. : curant, 3966.
— S. p. f. : curant, 1831. — R. p.
m. : curanz , 1142. — R. p. f. : curant, 2729.
CURE. R. s. f. Soin, souci (Curam):
N'ai cure de manace, 314. — N'ai cure de parler, 1170. — N'unt cure de lur vies, 2604. — De vos nen ai mais cure , 2305. L’expression « avoir cure » signifie donc « avoir souci de... ».
CURENT. Verbe neutre, ind. prés.,. 3® p, p. [Currunt) , 2580. V. Curre.
CURIUS. Adj. s. p. m. Soucieux, inquiets. ( Curiosi ?) : Li Franceis dolenz e curius, 1813. Cf. 1835.
Le manuscrit porte, au vers 1813,
CURONE — DE
cur. . . ius , et ces trois dernières lettres ont été ajoutées après coup; au v. 1835 , il offre curi.us, et il est manifeste qu’une ou deux lettres ont été effacées au milieu du mot. Donc (quoique l’on trouve curius dans la traduction des Livres des Rois avec le sens « d’inquiet », et que Muller 8 ait ici adopté la leçon curius ) , nous estimons que dans les deux cas il faut lire curuçus. Venise IV lève tout doute en "nous offrant la leçon coroços. V. curucus.
CURONE. R. s. f/( Coronam) , 930, 1490. V. Corone, Corune , Curune .
CURRE. Verbe neut., inf. prés. Courir [Currere) , 1197, etc. — Ind.
prés., 3« p. s. : curt, 890 ; 3e p. p. : curent, 2580. — Parf. comp., 3e p. s., avec un s. s. m., est curut, 2086. Part. prés. : curant. V. ce mot.
CURREIES. F p. f. Courroies ( Cor rigias ) , 3738.
CURS. R. m. Course [ Cursum ) :
Descent à pied , aled t est pleins curs , 2878 (?).
CURT. R. s. l. La cour du Roi (Curtern), 231. — Cort, 351.
CURT. Verbe neut., ind. prés., 3e p.
s. de curre ( Currit ) , 390 , 1539.