V. Entret
ENTRESQUE. Prép. Jusqu’à (Voy.
tresque?) : Des porz d’Espaigne entresqu’a Durestant , 870. Entresqu’a la charn , 1265. Cf. 1613 (entresque) et 956 (entresqu’a).
ENTRET. Verbe neut., 3© p. s. de l’ind. prés. ( Intrat), 395, 660. — Parf.
simpl., 3e p. p. : entrèrent, 2709.
— Parf. comp., 3« p. s., avec un s. s. f. : est entrée , 747.
ENTREVEIENT. Verbe réfl., 3® p. p.
de l’ind. prés. S’entrevoient [Intra ei vident) , 3294.
ENTUR. Prép. A l’entour de [In, avec le subst. verbal de tornare ) : Entur lui , 410, 2090.
EN V AIR. Verbe act., ind. prés. [Invadere , passé à la 4e conjugaison : invadire.) Le sens est celui de « marcher sur » : Tut par seit fel ki ne’ s vait envaïr, 2062.
ENVE1ER. Verbe- act., inf. prés. Envoyer [In-viare), 252. — Ind. prés., 3e p. s. : enveiet, 421, 483. — Parf.
simpl., 3e p. s. : enveiat, 202. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s.
m. : ad enveiet, 2526. — Fut. lre p.
S. : ENVEIERAI , 43. ‘ lre p. p. : EN- VEIERUNS, 244. 2e p. p. I ENVEIEREIZ, 573 (en assonance dans une laisse masculine en ei). — Impér., lre p. p.; enveiu(n)s , 42. 2® p. p. : enveiez, 40. — Subj. prés., l^ p. s. : envei , 493. 3e p. s. : enveiet , 2727.
ENVEISET (s’). Verbe pronomin. 3e p.
s., ind. prés. Se divertit, s’amuse (Se rapporte à la famille de voiseus , etc.) : Greignor fais portet par giu , quand il s’enveiset , 977.
ENVERS. Adj., s. s. m. Sur le dos, opposé à adenz ( Inversus ) : L’un gist sur V altre e envers e adenz , 1624.
ENVERS. Adv. [In et versus ). 1® Vers : Envers le cel, 723. zz 2® Du côté de, à l’égard de : Envers le rei , 468.
Envers Franceis est mult cunlra rius , 1222. z 3® A : Après parlât ses fils envers Marsilie , 495.
ENVERS. Erreur du scribe. Ki tint Valeri e envers sur le Rosne , 1583.
Müller a restitué le vrai texte : Ki tint Valence e l’unur sur le Rosne.
ENVIRUN. 1® Préposition. Autour de...
[Virer vient de gyrare; viron ~ giron ) : Envirun lui plus de vint milie humes , 13. zr 2® Adverbe :
Dis Canelius chevalchent envirun.
ENVOLliPET. S. s. Enveloppé (Etymologie très - incertaine. Cf. l’anc.
espagnol : volopar ; prov. envolo par?). 408.
ENZ. Prép. (?) ou adv. Dedans (Jntus). 1® Comme préposition, enz ne
EQUITAIGNE — ESCHINE
s’emploie pas seul, mais avec en ou de : Enz en lur mains , 93. Enz ej* la fosse des leons o fut enz , 3105.
D’enz de la sale , 730. Enz eV cors , 4266. =: 2° Adverbe : Les dis messages ad fait enz hosteler, 160. A icest mot Franceis se fièrent enz,
EQUITAIGNE. r. s. f. [Aquitaniam),
ER. Adv. Hier ( fferi ), 383. 1er, 2701. Her,2745. = Locution proverbiale:
Li altr’er, 3185. V. Her e t Ier, ERBE. R. s. f. ( Herbam ), 671, etc.
Herbe, 1569. — R. p. f. : herbes,
ERENT. Verbe estre, 3® p. p. du fut.
( Erunt ), 3048.
ERME>. Verbe estre, lre p. p. du fut.
( Erimus ) , 1977.
ERM1NES. R. p. m. Arméniens (Hrmenios donnerait Ermins ?). 3227.
ERET. Verbe estre, 3® p. p. de l’imparfait ( Erat ), 719.
ERRER. Verbe neut., inf. prés. ( lie rare.) 1° Marcher: Ki errer voelt, à met venir s:en ait , 3340. = 2® Agir (dans le sens actuel de notre mot errements) : Par cels de France voelt- il de V tut errer, 167. Parf.
comp. , 3® p. s. : Guenes... tant ad erret . nen est dreiz que plus vivet, 497. Dans ce dernier vers seulement on
pourrai t admettre l’étymologie errare,
ERT. Verbe estre, imparf. de l’ind., 3e p. s. [Erat), 880, etc.
ERT. Verbe estre, fut., 3e p. s. ( Erit ), 51 , 190 , etc. V. lert.
ES. En les [In illis). Masc. et fém. 1® Masc. : Seiez es lius Oliver e Rollant, 3016, etc. = 2® Fém. : Il est escrit es cartres e es brefs, 1684 , etc.
ESBALDISSENT (s’). Verbe pronominal , 3e p. p. de l’ind. prés. Se mettent en joie [v. Balz) : A icest mot si s’esbaldissent Franc, 1481.
ESBANEIER. Verbe, aet., inf. prés.
Amuser, divertir (Étym. incertaine.
Diez propose la même origine? que pour bande et bannière) : As tables juent pur els esbaneier, 111.
ESCABABI. R. s. m. Nom d’un chef païen (?), 1512.
ESCALGÜAITE. R. s. f. Sentinelle, guet, grand’garde (Germ. , schaar, troupe, et wahtan, guetter). 2495.
ESCANGE. R. s. Échange ( a' excambium, par la consonnification de l’t) :
Deus ! se jo Vpert, ja n’en aurai escange, 840. Cf. Eschange, 3714.
ESCANTELET. Verbe act., 3» p. s. de l’ind. prés. Escanteler, c’est « abattre
le cantel de l’écu ». Or le cayitel, ce sont les parties ou quartiers dont l’ecu se compose. Le latin cantellus a donné lieu à excantellare. Et il ne nous paraît pas douteux que cantellus ne soit lui-même un diminutif de canthus, qui signifie® le cercle de fer, la «bande entourant la roue». L’écu primitif était entouré et garni de bandes de fer qui en déterminaient les quartiers [Ex et cantellat): L'escut de V col li freint e escantelet, 1292.
ESCAPET. Verbe neutr., 3® p. s. de l’ind. prés. Échappe [Ex -cappat; du lat. cappa, manteau , suivant Diez et Littré) : [S] uns en escapet, mon ies , 3955.
ESCÂRBUNCLE. R. s. m. Escarboucle (... Carbunculus) , 1488. Cf. la forme carbuncle. 1326, 1662, etc. — « Escarboucle » est aujourd’hui féminin; mais, d’après le v. 1326 [L'elme li freint u li carbuncle luisent ), on peut affirmer qu’escarbuncle est masculin.
ESCARBUNET. Verbe neutr., 3® p. s.
de l’ind. prés. Sortir, jaillir du charbon [Ex-carbonare , de carbo) : Des helmes clers li fous en escarbunet,
ESCHANGE. R. s. [Excambium.) Rem. les expressions : « duner eschange » : Jo t'en durai mult es for cet eschange, 3714 ; et « prendre eschange » : De Munjoie iloec out pris eschange , 3095. Cf. Escange ,
ESCHEC, ESCHECH. R. s. m. Butin ( Haut allem. : schâh, schach, butin) :
Mult grant eschech (ou eschec) en unt si chevaler, 99, 2478. La vraie forme serait eschiec.
ESCHECS. R. p. Jeu d’échecs l Du pers. ech-chah, le roi) : ^4s tables juent... e as eschecs, 111 , 112.
ESCHELE. S. s. f. Bataillon, corps d’armée (Germ. schaar, troupe), 3084. — R. s. f. : eschele, 3045. — S. p. f. : escheles , 3026. — R. p. f. : ESCHELES, 1034, et ESCHIELES , 3024.
Cette dernière forme nous paraît la vraie, à cause des vers 3026-3034, laisse féminine en ié -}- e.
ESCHEWID. R. s. Svelte, allongé (Ane. haut allem., scafjan, ordonner, façonner, achever, suivant Diez) :
Heingre out le cors e graisle e ESCHE-'VID , 3820.
ESCH1EZ. R. p. m. Esquifs (Haut allem. skif) : Eschiez e barges e galées curanz , 2729. Cf. 2625.
ESCHINE. R. s. f. La colonne vertébrale , l’épine dorsale (haut allem.
ESGHIPRE - ESCUZ
skina, épine), 1201. — R. p. f. :
ESCHINES, 1612.
ESCHIPRE. R. s. m. Marinier. Dans les Livres des Rois, servos suos nautas est traduit par Humes ki eschipre furent bon [Schippidam, d’après le haut allem. skif) : N’ i ad eschipre qui s’ cleimt se par loi nun .
ESGHIVERUNT. Verbe act., fut., 3® p.
p. Éviteront (haut allem. skiuhan, allem. scheuen, avoir peur) : J a pur mûrir w’eschi verunt bataille , 1096.
ESCICLES. V. Esclices.
ESCIENT. R. s. Se trouve uniquement dans cette locution : Men escient, 524, ou Par le mien escient, 1936.
(Vient du mot scientem , qui s’employait dans le même sens en latin.)
ESCIENTRE. R. s. Même origine, même sens que le précédent dans une locution toute semblable : Men escientre, 539, 552. Par le men escientre, 1791. Cf. 756, 2073.
ESCLACES, S. f. (Dans la Chronique des ducs de Normandie , esclaz signifie « caillots de sang » , 2170.
Bartsch traduit par « gouttes ». L’étymologie et le sens sont très douteux) : Encuntre tere chéent les
esclaces, 1981. Cf. Esclices.
ESGLAIRET. Verbe neutre, 3® p. s.
de l’ind. prés. [Ex et un verbe en are formé sur clarus) : Par main en V albe , si cum li jurz esclairet, 667. Tut li païs en reluist e esclairet , 2637. en Actif. Subj. prés., 1*® p. s., esclair : Que jo ’ n esclair ceste meie grant ire , 301.
ËSCLARG1EZ. Verbeact.,impér.,2® p.
p. Rendez plus clair [Ex-claricalis) :
Esclargiez le dreit , 3890. Et, dans le sens « d’éclairer par la joie » : Esclargiez voz talenz e voz coers , 3628. = Au passif, 3® p. de l’ind.
prés., avec un s. s. f. : Esclargiez est la sue grant ire (lisez esclargiée ), 3992. Cf. le vers 1807 : Esclargiez est li vespres e li jurz.
ESGLAVOZ. R. p. m. Nom de peuple païen (d’un mot formé sur Sclavus, qui lui -même dérive du haut allem.
Sclave ), 3225. Cf. C laver s.
ESCLICES. S. p. m. Morceaux , éclats de bois (du haut allem. kliozan, fendre) : Envers le cel en volent les esclices, 723. Le manuscrit porte Escicles. Cf. Esclaces.
ESCL1CET. Verbe act., 3® p. s. de l’ind. prés. Brise, fend, met en morceaux (Même étymologie que le précédent ) ; La hanste briset e esclicet .
ESCOCE. R. s. f. ( Scotiam ), 2331.
KSCORDUSEMENT. Adv. Du fond du cœur (Il faudrait supposer ex-cordosa- mente) : Recleimet Deu muh escordusement , 3099.
ESCREMISSENT. Verbe neutr., ind.
prés., 3® p. p. S’escriment, jouent (Formé sur le haut allemand skirm,)
ESCREMIZ. S. s. m. Nom de païen (?)5 931. — R. s. m. : Escremiz , 1291.
ESCRIER. Verbe neutr. ou act. ( Exqui ritare. Dans le Saint Alexis, la dentale persiste : cridel)A° A l’actif, a. Appeler quelqu’un à grands cris : Après, escriet Rollant qu’il li aïut, 1964.
Franceis escriet, Oliver apelat, 1112. — b. Jeter tel ou tel cri. Grant est la noise de Munjoie escrier, 2151.
n2»Au neutre : Ses chevaliers en ad fait escrier , 3148. = 3« Au réfléchi : S’escrier, 891, 2985. = 4« Au passif :
Munjoie est escriée, 1328. m Voici toute la conjugaison de ce verbe : Inf. rés. : escrier, 2151. — Ind. prés., ® p. s. : escriet, 1112; s’escriet , 891 : 3® p. p. : escrient , 2921. — Parf. comp., 3® p. s.: s’en est escriet, 900. 3® p. p. : unt escriet, 1180. — Part prés., s. s. rn. : s’escriant , 2841. = Ind. prés, du passif, 3® p. s., avec un s. s. f. : est escriée,
ESCRIT. Verbe passif, ind. prés., 3® p. s.: Il est escrit... ( Illud scriplum est) : Il est escrit en la geste Francor , 1443. Il est escrit es cartres , 3742. — Part, passé. R. s.
f . : escrite, 487. R. p. f.: escrites,
ESCULTER. Verbe actif, inl. prés.
Ecouter ( Auscultare , que le peuple prononçait asculiare) , 455. — Ind.
prés., 3® p. p. : escultent, 1767. — Parf. simpl., 3® p. s. : escultat, 2105. — Parf. comp., 3® p. s. : ad ESCULTET , 164.
ESCULUREZ (fut). Verbe passif, 3®p.
s. du part'. Fut décoloré , devint pâle ( Ex-coloratus fuit ) : Marsilies fut esculurez de Vire, 485. La leçon est mauvaise. Il faut lire desculurez , à moins que l’on n’adopte la version escoler. V. les Notes pour rétablissement du texte.
ESCUMBATUES (ai). Verbe actif, parf. comp., 1«-® p. s., avec un r. p. f. J’ai conquis [Ex- cum avec le part, d ebattuere) : Tantes ieres larges [ai] ESCUMBATUES ! 2307.
ESCUZ. S. s. m. ( Scutum , et bas îat.
scutus ) , 1262 ; escut , 1495 , 3355. — R. s. m. : escut , 526. — S. p. m. ;
ESDEMETRE — ESPANDRE
escuz, 1453. — R. p. m. : escuz,
ESDEMETRE. Verbe act.; réfl. et neutr., inf. prés. A l’actif, le sens est celai de « lâcher, abandonner ».
D’où sans doute le réfléchi s’esdemetre , et le neutre esdemetre , qui signifie « se la. cer, prendre son élan » ( Ex-de-mittere ) : Sun bon ceval i ad fait esdemetre, 1567.
ESFORCET. Part. pass. employé adjectivement, au r. s., dans le sens de « plus considérable » [Ex- fortiatum) :Jo V en durai mult esforcet eschange, 3714.
ESFORZ. R. s. m. (Subst. verbal d'ex- for tiare.) I» Se dit, en particulier, d’une forte armée dans le sens où nous disons encore aujourd’hui :
« Les forces de l’ennemi. » N’asemblereit Caries si grant esforz , 599.
= 2° La locution adverbiale : ad esforz , signifie « avec élan . avec emportement, rapidement » : Sun cheval brochet, laiset curre a esforz , 1197.
ESFRÉED (fut) Verbe pass. parf., 3e p. s., avec un s. s. m. Fut épouvanté (On a proposé Ex - frigidatus fuit, mais il semble que ex-frediatus conviendrait mieux. Ce mot signifie « mis hors de paix, hors du compagnonnage » ; du germ. frid , combiné avec la répulsative ex. V.
Ducange, au mot exfrediare ) : Li reis Marsilies en fut mult esfréed , 438. V. le suivant.
ESFRÉEDEMENT. Adverbe. Avec effroi , 2767. Muller a rectifié ce vers avec raison , et imprimé : A V Amiraill en vunt [tut) esfréed.
ESGRU1GNET , ESGRUNIE. Verbe neut., 3e p. s. de l’ind. prés. S’ébrèehe, se brise, s’égraine: Cruist U acers, ne freint, ne n ’ esgruigxet , 2302. Cruist li acers ne briset ne n’ESGRUNiE, 2313.=A raison de l’assonance, on doit restituer ce dernier vers ainsi qu’il suit , d’après les manuscrits de Venise et de Paris :
Cruist li acers , ne briset , ne n’ESgraniet. Étymologie incertaine.
ESGUARDET. Verbe act., 3e p. s. de l’ind. prés. Regarde [Ex latin, et warten, germ., veiller sur: ex-icardat ) : Uns Sarrazins tute veie V es- GUARDET , 2274. 3e p. p. : ESGUAR- DENT , 306.
ESGUARET (est). Verbe pass., 3® p.
s. de l’ind. prés., avec un s. s. m.
Est égaré, fou (du germ., waron :
prendre garde, même racine que le mot précédent : EfnJ lui meïsme en est mult esguaret. 1036.
ESLAIS. R. s. m. Faire sun eslais, c’était , pour le jeune chevalier qui venait detre armé chevalier, faire faire à son cheval un temp3 de galop sous les yeux de tous ceux qrn avaient assisté à son adoubement.
Dans le Roland, cette locution est employée d’une façon plus générale.
Laschet la resne , mult suvent les peronet , — Fait sun eslais veant cent milie humes , 2996, 2997. Fait sun eslais , si tressait un fosset , 3166. Ce mot eslais est le substantif verbal de eslaisser [ex-laxare).
ESLEGER. Verbe act. et neut. Disputer, débattre [Ex-litigare d’après Tobler. La forme ordinaire est esligîer ); As espées V estuverat esleger, 1151.
= Au passif. Subj. prés., 3e p. s. : Que as esoées ne seit einz eslegiet, 759.
Restituer partout eslegier.
ESL1SENT. Verbe act., 3e p. p. de l’ind. prés. (Fait d’après ex-legunt ; décomposition romane ) : Entre s’eslisent , 802. =r lmp., 2e p. p. : eslisez . 275 , 877.
ESMAER, ESMAIER. Verbe act., inf.
prés. Mettre en émoi , étonner, troubler (De ex, latin, et de magan , haut allem., qui signifie « pouvoir »
être fort. A proprement parler, comme l’observe Littré , esmaier, c’est (l’action d’ôter force et pouvoir) : Deus , dist li Reis , tant me pois esmaer, 2412. Pur orgoillus leintre e esmaier, 2211. — Impér.. 2® p. p., esmaiez : Ne vos esmaiez ; 920.
ESMEREZ. Part. pass. employé adjectivement, r. p. m. Affinés; d’or affiné, épuré ( Ex - meratos , de merus ) :
Besanz esmerez, 132.
ESMUT. Verbe act., parf. sïmpl., 3e p s. Mit en mouvement [Ex-movit , du verbe esmuveir) : Li Àmiralz k\ trestuz les esmut , 2813.
ESPAENT ( s’). Verbe réfl. Subj. prés.
1 3® p. s. S’épouvante ( Se ex-paventet :
diminutif de expaoeat ) : Ne poet muer qu’il ne s’en espaent , 1599.
ESPAIGNE. S. s. f. ( Hispania ), 907.
— R. s. f. Espaigne j 2 , etc.
ESPALLE. R. s. f. Épaule [Spatulam ), 647. — R. p. f.: espalles. 1344.
Le texte porte , par erreur, V espalles .
ESPANELIZ. S. s. m. Nom de païen, 2648. Le mot Hispanus entre peutêtre dans la composition de ce mot, qui n’a d’ailleurs rien de traditionnel ni d’historique.
ESPANDRE. Verbe act , inf. près.
Répandre ( Ex-pandere) : Trenchet iü tes*° pur la cervele espandre, 3617. — Ind. prés., 3® p. s. : espant ,
ESPANS — ESTABLER
(dans le sens de « se répand ») :
Sur Verbe verte en espant li cler sanc , 3972. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s.,ad espandut. 3928.
ESPANS. S. s. m. Espagnol ( Hispa nus), 612. — R. p. m. : Espans,
ESPANT. Verb. act. 3© p. s. ind. prés, avec le sens du réfléchi ou du passif. {Expandit), 3972. V. Espandre.
ESPAR1GNET. Verbe act., 3® p. s.
de lind. prés. Épargne, fait grâce ( Étym. très difficile. Les patois nous donnent reparmer, ce qui empêche de penser à un composé de parcere ), 1665. — Parf. simpl., 2e p. s. : espa- RIGNAS , 3103. 3e p. S. I ESPARIGNAT , 2091.— Parf. comp., 3« p. s., avec un r. p. m. : ad esparmiez , 1689. — Impér.,2® p. p. : esparignez , 1883.
Restituer partout espargniez , etc.
ESPÉE. S. s. f. [Spata), 2340, etc. — R. s. f. : espée , 465 , etc. — R. p. f. : espées, 684, etc.
ESPERANCE. R. s. f. ( Sperantiam ), 1411. Il y a sans doute erreur du scribe pour espairnance, ou esparig nance.
ESPERONET. Verbe act., 3« p. s. de l’ind. prés. Éperonne (du hautallem.
sporon), 2996.
ESPERUNS. R. p. m., 345. Esporuns, 3430. V . le précédent.
ESPÉS. Adjectif, r. s. neutre. Épais ( Spissum ). Il est employé dans cette locution : « Au plus épais de » : El’ plus espès se s’ rumpent , 3529.
ESP1ET. R. s. m. Ce mot , dans notre texte, est presque partout synonyme de lance ( Le type bas-latin serait spe tum ; Torigine du mot est allemande), 867, 1266, etc. — S. p.
m. : espiet , 1043; espiezz, 1811; espiez, 3308. — R. p. m. : espiez, 554 , etc.
ESPIEZ (ad). Verbe actif, parf. comp., 3e p. s. Épier, et, par exten ion, trahir (haut allem., spehen) : Guenelun nos ad tuz espiez , 1147.
ESPINE. R. s. f. ( Spinam ), 3521.
ESPLE1T. R. s. (Subst. verbal d’espleiter.) A espleit est une locution adverbiale qui veut dire « en toute liberté, vivement, rapidement, avec force » : Fel ki n ’ i fierget a espleit,
ESPLEITER. Verbe act., inf. prés.
Travailler, agir (Le sens primitif d ’explicare est « dérouler ». Explicar e volumen, c’est dérouler un rouleau, c’est achever de le lire : d’où le mot explicit. Explicare avait depuis longtemps le sens d’achever, et
l’a communiqué à son diminutif ea> plicitare, qui nous a donné expleitier, avec le sens très vague « d’achever, travailler, agir ») ; Per quele gent quiet- il espleiter tant, 395.
— Ind. prés., 3e p. s. : A luit ben espleitet qui Damnes Deus aiuet 3657. ~ Restituer espleitier, etc.
ESPORUNS. R. p. m., 3430. Cf. esperuns, 346.
ESPRENDRE. Verbe neutre , inf.
prés. Il est employé dans le sens de s’esprendre, s’embraser ( Ex-pre hendere ) : Sait en li Vous que V erbe en fait esprendre , 3917.
ESPREVER S. s. m. Épervier (haut allem. sparvari) : Plus est isnels qu' ESPREVER, 1492.
ESPRIE’S. (?). Nom de païen, s. s.
m., pour Esperveris, 1388.
ESPROVET. Part, pass., s. s. m.
Éprouvé ( Ex-probatus ) : Devasselage est suvent esprovet, 3163.
ESQUASSENT. Verbe act., 3® p. p.
de l’ind. prés. Mettent en pièces ( Ex-quassant ), 3879.
ESQUIER. S. s. m. Écuyer ( Scuta rius ), 2437.
ESRAGES (t’). Verbe réfl. , ind. prés., 2« p. s. Tu te mets en rage ( Ex-ra bias, par la consonnification de Vi ) : Tut fol, pur quei t’esrages , 307.
ESSAIET. Part, passé , s. s. m.
Éprouvé, expérimenté, brave ( Exa giatus, d’exagium , pesage) : Li Arcevesque (est) prozdom e essaiet,
ESSAMPLE. S. s. f. Exemple (d’un pluriel neutre exempta pris pour un féminin) : Malvaise essample, 1016.
— R. p. f. : essamples dans le sens de «traits historiques» (comme nous disons aujourd’hui : La morale en exemples). Il s’agit de Bramimonde qui se fait instruire dans la foi chrétienne : Tant ad oït e sermuns e essamples, 3979.
ESSOIGN. R. s. f. Souci. Aveir essoign de, c’est « se snucier de »
(L’étymologie est germanique. Dans les chartes mérovingiennes et les lois barbares , sunnia signifie « les excuses que doivent fournir les noncomparants devant le placitum ou le mallum ». D’ou notre mot français essoigne , qui a le même sens.
Essoign en est la forme masculine, avec un sens plus étendu) : De vos manaces , culvert, jo n’ai essoign ,
EST. Verbe estre, 3« p. s. de l’ind.
prés., 5,6, etc. etc.
ESTABLER. Verbe act., inf. prés®
ESTABLISENT — ESTOET
Mettre à l'étable ( Stabulare ) : Les dis muiez fait Char (IJ es establer,
ESTABLISENT. Verbe actif, 3® p. p.
de l’ind. prés, d'establir ( Stabilire ): A près les dous establisent la terce , 3027. Establissent , 3217. — Parf.
simpl., 3® p. s. : establist, 3036. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s.
f. : AD ESTABLIE , 3068.
ESTACHE. R. s. f. Pieu, poteau (de l’allem. stock; de stecken, être ficné, attaché) : A une estache V unt atachel cil serf, 3737.
ESTAGE. R. s. Résidence , demeure ( Staticum ) : Il me sivrat ad Ais , à mun estage , 188.
ESTAL. R. s. (Le mot bas latin est stallum, de l’allemand stall , stellen; anc. haut allem. stalljan, être debout. V. Ducange , au mot Stallum) :
Nus remeindrum en estal en la place, 1108. Pur vostre amur ici prendrai estal, 2139. = Remeindre en estal, c’est « rester debout» ; prendre estal, c'est « prendre position, s'arrêter ». Cf. plus loin, au mot estant, l’expression remeindre en estant , qui semble donner raison aux partisans d'une étymologie latine.
ESTAMAR1N. R. s. m. Nom de païen (?), 64. V. Estramaris.
EST AND ART. R. s. m. (Germ. stand, être debout?) Ce mot ne s'applique, dans notre texte, qu’à un drapeau païen : L’estendart Tervagan e Mahum, 3267. Cf. 3330.
ESTANT. La locution en estant (de stare) signifie, au sens propre, « debout». En parlant des chevaux épuisés de l’armée de Charles , il est dit : N'i ad cheval ki puisset estre en estant ; — Ki erbe voelt, il la prent en gisant, 2522, 2523. Lorsque Baligant s'assied : Tuit li altre sunt remés en estant, 2655. Remeindre en estant signifie également « demeurer dans la même position » , ou, plutôt, « s’arrêter » : Li soleilz est remés en estant , 2459. V. Estal et Ester.
ESTED. R. s. Saison d’été ( Æstatem ), 2628. Estet, 3162.
ESTED (ad). 3® p. s. du parf. comp.
d 'estre ( Habet statum),2. Voy. Estre et Estet.
ESTEILES. S. p. f. Etoiles ( Stëlas ),
ESTEIT. 3® p. s. de l’imparf. de l’ind. d’estrc ( Ne peut régulièrement venir de stabat. Il faudrait supposer este bat), 979, 2318. V. Estre .
ESTENDANT. Part. prés, d ’estendre,
au s. p. m. ( Exlendentes.) Le sens est celui du part, passe. En parlant du supplice de Ganelon : Trestuit si nerf mult li sunt estendant ,
ESTER. Verbe neutre, inf. prés.
(Stare.) 1° Sens d’ESTER. a. « Se tenir ou rester debout » : Si grant doel oui que mais ne pout ester, 2219. =s. b. La locution « laisser ester » est l’équivalent de notre mot « laisser tranquille » : Laisez ester voz Francs, 265; ou « abandonner, planter là » : Païen s'enfuient , puis si V taisent ester. 2172, etc. = 2 <> Conjugaison d’ESTER. lnd. prés., 3® p. p., estunt : Les rues u li burgeis estunt , 2691 . — Estunt est le développement régulier de stant comme vunt de vadunt , unt de habent, funl de faciunt. — Parf. simpl, 3® p.
s., estut : Sur Verbe verte estut devant sun tref, 671. Et au réfléchi: S’estut, Li Empereres s’estut, si Vescultat , 2105. Parf. comp., 3® p. s., ad ested, 2, etc. — Fut., 2® p. p. esterez , 1134. — Impér., 2® p. p. : estez : El ' camp estez, que ne seium vencuz , 1046.' — Part, prés.:
estant, 2459, 2522, 2655. V. Estre.
ESTERM1NALS. R; p. Nom d’une pierre précieuse (Étymologie inconnue. Exterminales ??) : Ametisles e topazes, — Esterminalz e carbuncles, 1661, 1662. Il y a là peutêtre une erreur du scribe.
ESTES. Verbe estre, 2® p. p. de l’ind. prés. (Estis), 356, etc.
ESTET. R. s. m. Saison d’été ( Æstar tem ) : 3162. Ested , 2628.
ESTET. Part, passé d 'estre comme dans « Avum estet », etc. etc. ( Ha~ bemus statum, etc.), 134, 2028, etc.
V* Estre.
ESTEZ. Impér.. 2® p. p. d’ester (Statis), 1046. V. Ester.
ESTOERSTRENT (s’). Verbe neut. et réfl. 3® p. p. du parf. simpl. S’échappèrent ( Estoerstrent , ou mieux estortrent est le parf. d ’estordre , qui vient d ’extorquere): Poi s’en estoerstent, 3632. — Fut. 3® p. s., estoerrat : De quel ( bataille J que seit, Rollant w’estoerrat mie .
ESTOET. Verbe unipersonnel, 3® p.
s. de l’ind. prés. Il faut, il convient, il est nécessaire ( Origine incertaine.
« Les formes provençales, rhétoromanes et françaises demandent péremptoirement une étymologie telle qu estôpëre. Tobler propose est-opus , qui a été réuni plus tard en un seul
ESTONAT — ESTRÉE
et même mot. »> Note de W. Fœrster) : S’est ki l’ demandet , ne Z’estoet enseigner, 119. Mort vos estoet suffrir, 4257. — Si ’n ai un filz , ja plus bels n’en estoet, 313. Cf. 232, 300. — Fut. 3e p. s. estuverat : Or est le jur que V s estuverat mûrir, 1242.
ESTONAT. Verbe neutre, 3® p. s. du parf. simple ( Ex-tonavil ): Granz fut li colps , li Dux en estonat, 3438. En estonat est ici pour « en fut étonné », et « étonné » a le sens de « frappé comme par un coup de foudre ».
ESTOR. R. s. m. Bataille (haut allem.
siurm ) : Oliver chevalchet par Nestor, 1351. V. Estur.
ESTORGANT. R, s. m. Nom de païen (Suivant Michel et Génin, Estorgant signifierait « natif ou citoyen d’Astorga , Estorges » ? ) , 1297. Cf. Esturgus , 1358 , et surtout Esturganz , 940.
ESTRA1T. Part, passé, s. s. m. Né, sorti de... (Extraclus) : Estrait estes de mult grant parenled, 356.
ESTRAMARIZ. S. s. m. Nom de païen. ( Faut-il y voir, plus ou moins directement, extra-mare, extramarinus?), 941. — V. au r. s. m. Estamarin, 64. Le manuscrit, au v. 1304, porte Astramariz.
ESTRANGE. Adj. s. s. m., 3717.— R.
s. m. : ESTRANGE , 1236 , 2864. — R. s.
f. : estrange , 448 , 839 , 1086.— R.
p. m. : estrange, 2911 ( D’extra neus, extranius par la consonnificationde l’i). Dans presque tous ces exemples, estrange a le sens d’étranger : Bar barins est d’un estra[n]ge pais, 1236. De plusurs régnés vendront li hume estrange , 2911 , etc.
Mais déjà ce mot a revêtu dans le Roland sa signification moderne :
Aide respunt : Cest mot mei est estrange, 3717.
ESTRE. 1® Conjugaison. Inf. prés. :
Estre , 61 , 332 , etc. — Ind. prés.
1ï« p. s.: sui, 316, etc.; soi, 1478.
2® p. s.: ies, 318, 648, etc. etc. On ne trouve es que deux fois, 2030 et 2344. 3® p. s. : est , 56 , 886 , etc. 2® p. p. : estes, 356, 445, etc. 3® p. p.:
sunt, 91, 690, etc. — Imparf. de l’ind.
3® p. s, 1° Formes se rattachant directement à esse : Ert, 726, 880, etc. (On ne trouve jamais iert.) Eret, 719. 2® Esteit (forme analogique développée de l’infinitif roman estre), 2318. — Parf. simple, lr® p. s. ; fui, 2371; 2® p. s.: fus, 1561; 3® p. s. fut, 24, 208, 301, etc.; !'• p. p. ; fumes, 2146, 2®
p. p. ; fustes, 2027; 3® p. p. : furent , 108. — Parf. comp. 3® p. s. : ad
ESTET, 2. Ire p. p. ; AVUM ESTET ,
2028. 2® p. p. : avez estet , 134, etc. (V. Aveir) — Futur 3® p. s. 1® Formes se rattachant à esse : Ert, 51, 190, etc., et iert, 517, etc. Il faut partout lire iert : car ce mot ne se trouve en assonance que dans les laisses en ier. lr® p. p. : ermes , 1977. 3® p. p. erent , 3048; ierent, 3286.
2® Forme se rattachant à stare. 2® p.
p. Esterez, 1134. Il existe encore un 3® futur (d ’essere-habeo) : lr® p.
s. : serai, 86, 1076, etc.; 3® p. s. : serat, 52, 625., etc. 2® p. p.: serez, 39, 434, etc. — ■ Condit. 3® p. s. : fust, 899, 1102, etc.; sereit , 1705. — Subj.
prés. 3® p. p. : seient, 811. — Imparf. du subj. 3® p. s.: fust, 2137, etc. — 2® Étymologie. On a déjà observé que notre conjugaison d’estre se rapporte à trois types latins : 1® esse, et bas latin essere , d’où viennent estre [essere) ; sui et soi [sum) ; ies (es) ; est [est] ; estes ( estis ) et sunt (sunt) , ert, à l’imparf. ( erat) ; esteit au meme mode; le futur ert, iert, ERMEset erent (erit, erimus. erunt ), et l’autre futur serai ( essere habeo, etc.); le cond. sereit ( essere-habe bat, etc.) , et enfin le subj. seient (siant, pour sint par analogie avec les subj. prés, des autres conjugaisons). = 2® L’ancien verbe fuere, fuo , d’où viennent fui, fus, fut,
FUMES, FUSTES, FURENT (fui, fuistî, fuimus, fuis lis , fuerunt) ; le cond.
fust (fuisset) , et le même mot à l’imparf. du subjonctif. = 3® Le verbe stare, qui nous a donné le participe estet (status), et le futur esterez (stare habetis)...
3® Sens. Estre es-t employé par notre vieux poète dans tous les sens de notre langue actuelle. Rem. seulement qu’il s’emploie d’une façon absolue pour signifier « exister » ; ISi grant doel ai que jo ne vuldreie estre, 2929. — On sait comment il se combine avec les participes passes pour composer les temps et les modes du passif français, et aussi des parfaits actifs, comme dans cet exemple:
Cher me sui vendut, 2053. = Pour rendre l’idée du superlatif, on emploie volontiers estre avec par : Par est sages, etc. (V. Par.) — Le parf.
fut s’emploie, comme aujourd’hui, dans le sens d 'alla : Li Emperere fut ier as porz passer , 2772.
ESTRÉE. R. s. f. Route ( Stratam)t
ESTREÏT — FAIRE
ESTREIT.Adj.R.s.m. Étroitement serré [Striction) : Encuntre s><n piz estreit Vad enbracet , 2202, et estreiz , au lieu d eslreit ( stricti ) :
Si chevalchent estreiz , 1001.
ESTREU. R. s. m. Étrier (De l’allem.
strippe, courroie), 348. Le texte porte estren. — R. p. m. : estreus.
ESTROET (unt). Verbe act., parf.
comp., 3e p. p. Ont troué (Ex-traugatum , de traugus ) : Vescut Rollant unt frait e estroet, 2157.
ESTKUSSÉE (ad) Verbe act., parf.
comp., 3e p. s., avec un r. s. f. En parlant de la lance de Charles, on dit que Ganelon : Par tel aïr Vat estrussée e brandie. 722. Leçon douteuse.
ESTULTIE. S. s. f. ( Stultitiam ) :Mielz valt mesure que ne fait estultie, 1725. — R. s. f. : estultie, 1639, 2606, 3528. Dans ces trois derniers vers, estultie a moins le sens de folie que celui de « courage téméraire » : Vasselage ad e mult grant ESTULTIE , 2606.
ESTUNT. Verbe neutre. 3e p. p. de l’ind. prés, d 'ester, 2691. V. Ester.
ESTURGANZ. S. s. m. Nom de païen, 940.— R. s. m. : Estorgant, 1297.