‹ Chanson de RolandChapitre 296 sur 323 · RUSÉE — SAISIT · texte numérisé non relu

RUSÉE — SAISIT

trouve dans une laisse assonancée en ier\: c’est donc à tort que Mü. en avait remplacé les derniers mots par ceuxci : De Gennes de sur mer. 11 faut Runiers ou, peut-être, Riviers.

C’est cette dernière forme que j’ai adoptée. Cf. les exemples suivants :

Or vous dirai de V marchis Berengier.— Ja fut -il nez enz eV val de Riviers, Charroi de Nîmes, v. 342.

A mauris fu de la ior de Rivier, Huon de Bordeaux, éd. Guessard, p. 70. Riviers li doins , s'il devant moi voz jure, — Ma grant cité desor V ewe de Dunne, Amis et Amiles, v. 1757. Morans de Rivier, Ogier,

S’ pour SE. Pron. pers.iVes’ poet guarder que mais ne li ateignet , 9.

S’ pour SA. Pronom ou adjectif possessif, s. f. S 'espée, 346. V. Sis , sa.

SA. Pron. ou adj. possessif, s. s. f. (Ne peut venir de sua, qui a donné sue , mais de sa latin. On a fait observer avec raison qu’on trouve sam dans Plaute, pour suam. On a aussi proposé sea fait sur mea. En ce cas, le français aurait formé ses adjectifs possessifs sur celui de la l^e personne ( tea et sea sur mea ) : Sa custume est qu'il parole t à leisir, 144. — R. s. f., sa : Caries serat ad Ais, à sa capele, 52. V. Ses

SABEL1N. Adj., r. s. m. De martre zibeline (du russe sobol, ou du polonais sobal , martre zibeline. V. Ducange, au mot sabelum, qui a le même sens et a donné, l’adj. sabelinus. Cf. Diez, Lex. Etym. au mot zibellino, I, p. 450) : Afublez est d'un mantel sabelin , 462. — R. s.

f., SABELINES l CeZ pels SABELINES,

SACÉNT. Verbe actif, 3e p. p, du subj. prés, de savoir ( Sapiant , par la consonnification de l’i), 3136. V.

Savoir.

SACEZ. Verbe actif, 2® p. p. de l’impér. de saveir ( Sapiatis , consonnification de Pi), 520. V. Saveir.

SAFRÉE, Part. pass. employé adjectivement, r. s. f. Bordée ou brodée d’orfroi (de la même famille que « safran », qui vient de l’arabe za'faran; Diez, 1, 448, au mot zafferano ) :

Trenchet (sa) bronie bâfrée , 1372.

RUSEE. S. s. f. Rosée (d’un substantif formé sur vos , roris : rosata ) :

Pluie n'i chet, rusée n’i adeiset ,

RUSSILLUN. R. s. m. Roussillon. — Il ne s’agit pas ici du pays de Roussillon, au pied des Pyrénées, qui doit son nom à Ruscino , ville de la Narbonnaise; ni de cette petite ville du Dauphiné, qui correspond peutêtre à la localité appelée Figlinœ ou à Urseolis ; mais de Roussillon, château détruit près de Châtillon - sur- Seine , sur le mont Lassois. Ce mot ne s’applique, en effet, dans notre Chanson, qu’à Girart de Roussillon, lequel fut duc de Bourgogne, 1896.

Le haubert des ducs, des comtes et des hauts barons était, en effet, brodé de fils d’archal insérés dans les mailles.

— R. s. m. : sasfret , 2499. — S. p.

m. : safrez , 1032. Cf. sasfret, au vers 3141. — S. p. f. : safrées, 3307, et sasfrées , 1453.

SAGES. Adj. s. s. m. ( Sapius par la consonnification de .Pt), 3691, et sage, 648, 1093. — R. p. m., sages :

Laissum les fols, as sages nus lenuns, 229. = Dans ce dernier vers, sages est employé substantivement.

— Partout, comme on le voit, il est opposé à proz et à fols. C’est bien le sens actuel. Cf. Saives.

SA1. Verbe actif, 1™ p. s. de l’ind.

prés, de saveir ( Sapio ) : Jo ne sai quels en est sis curages , 191. Voir dites , jo V sai bien, 760. D'iço ne sai jo blasme , 1082. Jo ne l' sai cument quere, 1700. Jo sai asez que Caries ne m’atent, 2837. Cf. 291. — On voit q.ue ce mot s’emploie soit avec des substantifs pour complément; soit avec que et cument. Il faut encore noter la locution suivante dans le sens de notre expression : « Je ne peux pas mieux te dire » : Ço est Loewis, mielz ne sai a parler, 3715. V. Saveir.

SAILLENT. Verbe neutre, 3® p. p. de l’ind. prés, de saillir ( Salire ), 2469. V. Sait.

SAISIT. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind. prés. (Ane. haut ail. sazjan , et, en bas latin, sacire , comme l’établit Diez, Lex. Élym., I, pp. 362, 363.

C’est de sacire que vient immédiatement saisir ), 2280. 2® p. s. : saisis,

SAISNES — SARDONIE

2293. — Parf. comp., 3® p. s., avec un r. s. f. : ad saisie, 721. — Fut.

ant., Ire p. avec un r. s. f. :

averum saisie, 972.= Passif. Parf., 3® p. s., avec un s. s. m. : fut saisit, 3213. — Part, passé, saisit, saisie.

SAISNES. S. p. m. Les Saxons ( Saxones ), 3793, et Seisne, 2921.

— R. p. m. : Saisnes , 3700.

SAISONIE. R. s. f. La Saxe ( Saxo niam), 2330.

SAIVES. Adj., s. s. m. Sage ( Sapins .

C’est le même mot que sage . Ce dernier a été formé par la consonnification de l’t latin , et saive s’explique , sans cette consonnification, par le passage de Fi), 248, 315. — R. s. m. :

saive. 279. — S. p. m. : saive, 20.

— R. p. m. : saiv[e}s, 24. Cf.

Sages.

SALE. R. s. f. Salle (anc. haut allem. Sala) : Muntet eV palais , est venut en la sale, 3707.

SALOMON. R. s. m. Le fils de David ( Salomonem . De l’hébreu schalom , paix), 1524.

SALSE. Part. pass. employé adjectivement. Salée ( Salsam ) : La mer salse,

SALT. R. s. m. Saut (Saltum). Entre dans la composition de Sall-perduty nom de cheval, 1554. — R. p. m., salz : Les galops e les salz, 731.

SALT. Verbe neutre, 3® p. s. de l’ind. prés, de saillir. Saute, jaillit (Salit): Par mi la bûche en salt fors H cler sancs, 1763. 3®p. p., saillent : Puis , saillent enz , 2469.

SALT-PERDUT. R. s. m. Nom de cheval (V. Salt et Perdre ), 1554.

SALUÈRENT. Verbe act., 3® p. p. du parf. simpl. de saluer ( Salutârunt ), 121. — Impér. , r. p. p. : saluez,

SALUZ. R. s. (?) m. Salutation (Salutem) : Malvais saluz li firent ,

SALVE. Adj., s. s. f. ( Salva ) : En VArcevesque est ben la croce salve, 1670. — R. s. f. : Si receverat la noslre lei plus salve, 189. m Dans le premier de ces vers , salve a le sens du mot latin et signifie: « sauvegardée. » Dans le second, le sens est actif, au lieu d’être passif. Salve ici signifie : « Qui sauve, »> et non « qui

pet cqn vP t\

SALVEMENT. S. s. Salut, sauvegarde ( Salvamentum ) : Retenez les , ço est vostre salvement, 786.

SÂLVENT. Verbe act., 3® p. s. du subj. prés, de salver ( Salvent ) : Cil

Mâhumet... Tervagan e Apollin...

Salvent le rei, 2713. — Part, passé, s. s. m., salvez : Salvez seiez de Mahum, 416, et salvet : Salvet seiez do Dcu 123

SALVETEZ. R. s. f. Salut ( Salvita tem) : La lei de salvete(z), 126 (Au lieu de salvetet).

SALZ. R. p. m. Sauts ( Saltus), 731 et 3342. V. Salt.

SAMUEL. R. s. m. ( Samuelem , de Phébreu Schamah , qui écoute, qui obéit, et El, Dieu), 3244.

SANGS. S. s. m. Sang (Sanguis) , 1614, etc., et sanc, 3972. — R. s.

m. : sanc, 950, etc.

SANCTE. Adj., r. s. f. Mauvaise lecture des éditeurs Le manuscrit porte sce, par imitation inconsciente d’une abrévation latine; mais, partout ailleurs, notre texte nous offre explicitement la forme seint. C’est donc seinte qu’il faut lire , et non pas sancte, aux vers 1634, 2303, 2938.

SANGLENT. Adj., s. s. m. ( Sangui lentus), 1507, et sanglant, 1056. — S. s. f. : sanglente, 1399. — R. s.

m. : sanglent, 1079. — R s. f.

sanglente , 1586. — R. p. m. . san glanz,1711.

SANSUN. S. s. m. Nom d’un duc français ( Samson indéclinable nom d’origine hébraïque), 105. 1275.2408 On ne trouve jamais dans noue texte la forme Sanse. Mais rien n’est plus facile à expliquer. Le mot Sansun, dans notre texte, est forme sur e type indéclinable Samson. C’est plus tard seulement qu’on a soumis ce vocable à la déclinaison en o, onis, et qu’on a dit en français Sanse pour le cas sujet , et Sansun pour le cas régime. — R. s. m. : sansun , 1531 , etc.

SAPIDE. R. s. f. Erreur du scribe, au lieu de sapeie. Ce mot , en effet, entre comme assonance dans une laisse féminine en ei : Vunl s'aduber desuz une SAPtde, 994, Sapin se dit en bas lat. (?) sappus, d’où sapetum et sapeta. C’est ce dernier mot qui est l’origine immédiate de sapeie.

SARAGUCE. R. s. f., 2818. V. Sar-

raguce.

SARCOU. R. s. m. ( Sarcogum de sarco[fa]gum) , 2966. = R. p m. :

sarcous : En blancs sarcous fait métré les seignurs, 3692. Cf. le v.

SARDONIE. R. s. f. Sardoine, pierre précieuse (l’assonance exige Sardenie ou Sardanie , qui se prononçait

SARRAGUCE — SEANT

Sardainne , et dérive , par I’intermé- | diaire de Sard\nicha , de Sardonicha, pour Sardonyx ) : Rollanz ferit el’ perrun de sardonie , 2312.

SARRAGUCE. S. s. f. (d’une corruption de Cœsar-Augusta), 6. — Voc.

s. f. : Sarraguce, 2598. — R. s. f. :

Sarraguce, 10, 292, Sàraguce, 2818, etc.

SARRAGUZEIS. Adj., r. p. m. De Saragosse (V. le précédent, auquel on a ajouté la terminaison ensis),

SARAZINEIS. Adj., r. p. m. De Sarrazms, fait au pays des Sarrazins ( Saracenenses ) : Osbercs Sarazineis, 994.

SARRAZINS. S. s. m. (Saracenus, de l’arabe scharaka, « s’est levé ».

Les gens du pays où se lève le soleil), 147, 612, etc., et Sarrazin, 1631. — R. s. m. : Sarrazin, 253; Sarazin, 269. — S. p. m. : Sarrazin, 1625, et Sarrazins, 410. — R. p. m. :

Sarrazins , 367. = Ce mot est presque partout employé substantivement ; mais il faut noter le vers 367, où il est véritablement adjectif : Asemblet s’est as sarrazins messaa(es).

SASFRET. Part. pass. employé adjectivement, r. s. m., 2499. — S. p. m. : SASFRET. 3141. — R. p. f. SASFRÉES, 1453. Il faut partout lire safret ou sa ffret. V. ce mot.

SATHANAS. S. s. m. (Du latin Sa tanas, qui est calqué sur l’hébreu, lequel signifie «ennemi») : L’anme de lui emportel Sathanas, 1268.

SAVEIR. Verbe employé substantivement, s. s. Habileté ( Sapcre ) : Vostre saveir est grant , 3509. — R. s. :

saveir, 3279. — R. p., saveirs : Par voz saveirs se m’ puez acorder ,

SAVEIR. Verbe act., inf. prés. Savoir ( Saper e ramené à la 2® conjugaison ) : Poez saveir que mult grant doei en oui, 1538. — Ind. prés.,

1 *® p. s. : sai , 191 , 310 , etc. ; 3® p. s. : set , 308 , 427 ; 1*» p. p. : savum , 2503 2® p. p. : savez , 363 ; 3® p. p. : sevent, 716. — Parf. simpl., 3® p. s. : sout, 1024.— Fut., 2®p. s. : saveras, 1901. — Impér., 2® p. p. : sacez , 520.

— Subj. prés., 3® p. p. : sace[n]t, 3136 = Ce verbe est employé dans toutes ses acceptions actuelles. Rem.

/a locution « n’en savoir mot » : Il n en set mot, n’i ad culpe li bers ,

SCAZ. R. s. f. (Il est impossible d’admettre que ce soit Cadix, Gades) :

Cil tient la tere en trefsjqu’à scaz marine , 956. ??.

SCEPTRE. R. s. [Sceptrum), 2585.

SCIENCE. R. s. f. Savoir ( Scien tiam). En parlant des Français qui montent à cheval pour la bataille, notre poète dit : Puis, sunt muntez , e uni grant science, 3003 (? La forme savante de ce mot est faite pour inspirer quelque doute).

SE. Pronom personnel, régime. Il s’emploie : 1® au singulier : Li reis Mar silie... se culchet , 12 , etc. , et 2®, au pluriel : Einz que il moergent , se vendrunt mult cher, 1690, etc. = L’e de se est souvent supprimé, non seulement dans la prononciation, mais même dans l’écriture; — non seulement devant une voyelle, mais devant une consonne : Ne s’ poet guarder que mais ne li atei gnet, 9, etc. etc.

SE. Conjonction, exprimant l’idée de conditionnalité, et venant toujours de la conjonction latine si (Dans presque tous les textes romans du moyen âge, se vient de si, et si vient de sic ) : Se Caries vient , de nus i averat perte; — Se Rollanz vit, nostre guerre novelet, 2117, 2118.= Se reçoit, par une extension toute naturelle, le sens de « à moins que » ; N’en parlez mais, se jo ne V vos cumant, 273. = Une locution très usitée est « se nun »

dans le sens de notre « sinon ». Mais, dans le Roland comme dans les autres textes du moyen âge, se est séparé de nun par un ou plusieurs mots :

N’i ad eschipre qui s’ cleimt se par loi nun, 1522. = « Se n’est, se ne fust » , équivaut à se nun : Une ne l’ sunast se ne fust en cumbatant, 1769. = Cf. si que l’on trouve deux fois, par erreur, aux vers 475 et

SEANT. Part. prés. s. m. de sedeir ( Sedantes ) : ^4s Innocenz vos en serez séant, 1480. = Dresser quelqu’un en séant », c’est, quand il est couché, « le soutenir assis ». Marsile, apercevant Baligant, dit à ses Sarrazins : Pernez m’as braz , si m’ drecez en séant, 2829. — Au fig.

R. s., séant : Gent ad le cors e ben séant, 3115. Voy. , pour ce dernier sens, le mot sedere , dans Ducange.

On y trouvera une citation curieuse d’un vieil Ordo romain : Primice rius et Secundicerius componunt vestimenta f Pontificis ) ut bene sedeant. Ainsi, bene sedere, « se bien tenir, » et, par extension , « être en bon état, » a donné lieu à sedere

SEBRE — SEINT

tout court, dans le même sens. V. Sedeir.

SEBRE. R. s. m. L’Ebre, fleuve ( Ibe rum) : Par Sebre amunt tut lur naviries turnent. 2642. Vewe de Sebre, 2465. 1! faut considérer l’a initial du mot roman comme une corruption euphonique du mot latin.

SECLE. R. s. Siècle, dans le sens chrétien. La « fin du siècle », c’est « la fin du monde » ( Sœculum ) : Dient plusor : Ço est li definement , — La fin de V secle..., 1435.

SEDEIR. Verbe neut.. inf. prés. S’asseoir, être assis ( Sedere ) : Alez sedeir quant nuis ne vos sumunt , 251.

— Ind. prés., 3® p. s. : set, 1379, et siet , 116. C’est siet qui est la forme correcte, et ce mot ne se trouve, comme assonance, que dans une laisse en ter. 3® p. p. : siedent, avec la dentale conservée comme dans sedeir et sedeit. Ce sont là les vestiges de cet ancien manuscrit que copiait notre scribe, 110. — Imparf., 3® p. s. : sedeit, 383. — Parf. simple, 3® p. s. : sist, 1943. — Part, prés., s. p. m. : séant, 1840. Cf. en séant, 2829, et l’adj. verb. séant, au r. s., 3115. V. Séant.

SEDME. Adj. numéral , s. s. f. Septième ( Septima ) , 3228. — R. s. f. ; SEDME , 3061.

SEGE. R. s. m. Siège ISedium, par la consonnification de ri) : Metez le sege à tute vostre vie , 212. Cf. les formes siège, aux v. 71 , 435, et sièges, aux v. 1135. Je préférerais cette dernière forme à cause des substantifs siet et de l’ind. prés, siet {sedet) , qui sont employés comme assonance en des laisses en ter.

SEL Pron. pers. Soi (Së). 1» Sei s’emploie avec toutes les propositions : Sa rere guarde lerrat der rcre sei, 574. Ses meillors humes enmeinet ensernbV od sei , 502. En dreit sei , 2123 , etc. = 2° Cependant sei tient aussi la place d’un véritable complément direct, là où l’on pourrait tout aussi bien em- !

ployer se : Met sei en piez , 2277.

Ki hume traïst sei ocist e altroi , 3959, etc. =: 3° Sei est souvent usité avec meïsme , 1614. Mult quiement le dit à sei meïsme, 1614. A sei meïsme la cumencet à pleindre}

SEIELER. Verbe act., inf. prés. Sceller ^Si^illare) : Fist ses brefs seieler,

SEIENT. Verbe estre, 3® p. p. du subj. prés., 811, 3913. V. Estre .

SEIET. Adj., s. p. m. Couvert de

soies, comme les sangliers [Fètati) :

Cil sunt seiet ensement cum porc ,

SE1EZ. Verbe estre, 2® p. p. de l’impér., 416, 3016. V. Estre.

SEIGNAT. Verbe act., 3e p. s. du art. simpl. Fit le signe de la croix Signavit) : Seignat sun chef de la vertut poisant, 3111. Il s’agit ici de Charlemagne, qui s’arme de ce signe au moment de la grande et décisive bataille contre Baligant. Mais partout ailleurs, dans notre poème, ce mot s’applique à la bénédiction qui accompagne l’absolution sacramentelle, lorsque le prêtre dit : Ego te absolvo a peccatis tuis in nomine Pat ris f, et Filii, f et Spiritus sancti. — Parf.

comp., 3® p. s., avec un r. s. m. : ad seignet, 340, et avec un r. p. m. : ad seignez, 1140, 1141. 3® p. p. : unt seignez, 2957. — Part, pass., seignet, SEIGNEZ.

SEIGNUR. S. s. m. (par erreur) Seigneur ( Seignur , qui est essentiellement un cas régime , vient de seniorem. Senior, c’est l’aîné des enfants, auquel le droit féodal attribue tant d’avantages. Et ce n’est pas ici , comme on l’a cru , l’idée de la vieillesse qui a entraîné celle du commandement et de l’autorité) : Le seignur d'els est apelet Oedun, 3056. Le véritable sujet est sire, 297, 1521, etc., que l’on trouve également au voc. s.

m., 227, 753, etc. — R. s. m. : seignur, 26, 364, etc. etc.; seignor, 1010, e-t sire, par erreur, 3470. — Voc. p.

m. : seignurs , 15, 70, etc., et seignors, 1854. — R. p. m. ; seignurs, 2432. On disait un « seigneur lige » : Plurent lur filz... e lur lige[s] seignurs, 2421 , 2422.

SEIGNURILL. Adj., r. s. Seigneurial ( Seniorilem ) : Quand vus serez eV palais SEIGNURILL, 151.

SE1NET (ad). Verbe neutre, 3® p. s. du parf. comp. A saigné ( Sanguinatum habet) : Tant ad seinet li oil li ! sunt trublet, 1991.

SEINTISME. Adj. superlatif, s. s. f.

( Sanctissima ) : E! Durendal! cum es bele e seintisme, 2344. V. le suivant.

SEINT. Adj., s. s. m. Saint ( Sanclus ), 921 , 1479, etc. La forme correcte serait seinz. — Voc., s. f. : seinte, 2303. C’est ainsi, suivant nous, qu’il faut lire l’abréviation sce, et non pas sancte. — R. s. m. : seint, 53, 973, etc. — R. s. f. : seinte, 2245, 3612.

Il faut lire seinte aux v. 1634 , 2938,

SEINZ — SENS

etc., et non pas sàncte , qui est tout à fait contraire à la phonétique de notre manuscrit. — S. p. m. : seinz (au lieu de seint ), 1134. — R. p. m.: seinz , 3718. Dans ce dernier vers :

Ne place Deu ne ses seinz , ce mot est employé substantivement. — R.

p. f. : seintes : En seintes flurs il les facet gésir , 1856. Cf. sentes , au v. 2197. Les « saintes fleurs », c’est l’image par laquelle notre poète désigne le Paradis. — Au superlatif, s. s. f. : seintisme, 2344. V. le précédent.

SEINZ. R. p. m. : De seint Michel de Paris josqu’ as Seinz, 1428. Ce dernier mot est obscur. Il est probable qu’il dérive de Sanctos, et nous avons exposé ailleurs comment nous supposions qu’il s’agissait ici des reliques, des « Saints » de Cologne.

SEINZ. Prép. Sans (Sine. Le z, qui peut-être est appelé par la nasale, représente l’s adverbiale que nous avons constaté dans alques, sempres, etc.) : Là purparolent la traisun seinz dreit, 511. Ambure ocist seinz nul recoeverement , 1607, 1775. Seinz hume mort, f ceste batailleJ ne poet estre achevée, 3579.

Cf. senz, aux v. 2939 et 3619.

SEIR. R. s. Soir (Sérum) : En Rencesvals furent mort Valtre seir, 3412. =: Rem. la loc. her seir : Fut ocis her seir, 2745.

SEISANTE. Nom de nombre indéclinable ( Sexaginta L 1689, 1849. Et, avec un autre nomnre qu’il multiplie :

seisante mille , 2111.

SEISNE. R. p. m. Saxons ( Saxones ), 2921 , et Saisnes, 3793. — R. p. m. :

Saisnes , 3700.

SEIT. Verbe estre , 3® p. s. du subj.

prés., 102, 234 , etc.

SEIUM. Verbe estre, 1*® p. p. du subj. prés., 1046. — Seiuns, 46.

SEIUNS. Verbe estre, Ire p. p. du subj. prés., 46, et seium, 1046.

SELE. S. s. f. Selle de cheval (Sella). 3450. — R. s. f. : sele, 1534. — S. p. f. : seles, 91, 3881. — R. p. f. : selles,

SELVE. R. s. f. Forêt ( Silvam ) : Nen at... selve ne bois,asconse n’i poet estre , 3292, 3293.

SEMBLANT. R. s. « Quelque chose qui ressemble à Quelqu’un : son visage, son air » (du participe présent de simulare ) : Jo irai a V Sarrazin en Espaigne , — St’ n vois vedeir alques de sun semblant, 269, 270. = Le sens s’est notablement 1 étendu dans le vers suivant : L’Arce- |

vesques lur dist de sun semblant, 1471. Sun semblant ne peut ici mieux se traduire que par : sa façon.

Ces deux mots : façon et semblant , ont eu à peu près "la même histoire dans notre langue.

SEMBLET. Verbe neutre, ind. prés., 3® p. s. (Simulât. Simulare signifie « peindre, reproduire ». Hoc mihi simulât , pour simulatur, pourrait se traduire : « Cela se peint, se re- « produit à mes yeux, de telle ou « telle façon. » D’où le sens actuel de sembler ) : De noz Franceis m’i semblet aveir mult poi , 1050. Et, avec un sujet bien déterminé s. m. :

Cil Sarraz(ins) me semblet mult hérité, 1645. — Cond., 3® p. s. (Simulâsset) : semblast, 1760.

SEMPRES. Adv. (Semper.) Ce mot a deux sens très distincts . 1° « De suite, sur-le-champ, soudain. » Ce sens est dérivé, par extension , du sens latin.

Semper signifiait « sans discontinuer » : L’ost des Franceis verrez sempres defere, 49. Ad un carner sempres les unt portet , 2954. Sempres caist, se Deus ne li aidast , 3439. = 2® Toujours. C’est le sens primordial de semper : Receif chrestientet, e puifs) Vamerai sempres, 3598. Ce vers, d’ailleurs, peut s’entendre aussi bien dans l’un que dans l’autre sens, et il en pst de même du vers suivant : Sempres ferrai de Durendal granz colps, 1255. = L’s de sempres n’a rien d’étymologique.

M. Littré a établi que l’s, dans les adverbes certes , volontiers, primes, représente le cas pluriel régime des adjectifs latins certas , voluntarios, primas. D’où, par extension ou analogie, l’s a été appliqué à des mots non déclinables, sempre , de semper , etc. V. alques , primes.

SENEFlÀNCE. R. s. f. Signification-, d’un songe, par exemple ( Signifl cantiam ), 2531.

SENEFIET. Verbe act., 3® p. s. de l’ind. prés, de senefier ( Significat ) : Branches d’olives en voz mains porterez. — Ço senefiet pais e humilitet, 73. Ces deux mots : Senefiance et Senefiet, ont bien gardé leur sens primitif : ils expriment le signe, le symbole.

SENESTRE. R. s. m. Gauche (Stnistmm), 2830.

SENS. R. s. m. Raison, bon sens, dans toute la force de ce mot très français ( Sensum ) : Kar vasselage par sens nen est folie , 1724. = « Perdre le

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