V. Reis
RE1ALME. R. s. ( Regalimen ), 2914.
REINE. R. s. f. ( Regmam ), 2595.—R.
s. f. : reïne , 634.
REINS. R. m. Nom de ville ( Remos ), 173, 264, etc.
REIS. S. s. m. Roi (Æeæ), 1, 7, 10, 56, 288, etc: — Voc. s. m. : reis, 863, et rei , 1619. — R. s. m. : rei , 27, 81, etc., et, par erreur, reis, 3996. — S.
p. m. : reis , 2649. — R. p. m. : reis, 088. =: Il convient de remarquer que le mot reis est pris , dans notre texte, avec une acception plus large que de nos jours. Sous l’émir Baligant marche une fouie de rois païens , et il en a jusqu’à dix -sept autour de lui (2649).
REISNES. R. p. f. Rênes ( Retinas , avec un s intercalaire), 1381. V.
RELEVERENT. 1* Verbe neutre, 3»
p. p. du parf. simple de relever ( Re~ levare ) : Isnelement sur lor piezRE* levèrent, 3574 ( pr <( se relevèrent »). — 2o Verbe actif, 3e p. s. du parf.
comp., avec un r. s. f. : ad relevée.
En parlant de la belle Aude qui vient de tomber roide morte, le poète dit que Charlemargneprenf la as mains, si l'en ad relevée, 3726.
RELIQUES. R. p. f. ( Reliquias .) Ce mot a le sens actuel. Roland, parlant de Durendal , s’écrie : En V oret punt asez i ad reliques, 2375.
RELUIST. Verbe neutre. 3e p. s. de i’ind. prés, de reluire. ( Relucet . La notation du manuscrit correspond à reluxit ) : Tut li païs en reluist e esclairet 2637. 3® p. p. : reluisent, 1808.
REMANEIR. Verbe neutre. Rester, demeurer [Remarier e). lo Conjugaison. Inf. prés.: remaneir, 3552. — ind.
pré3., 2« p. s. : remeines (pour remeins ) , 2928. 3» p. s. : remeint, 1696 ; — Pari, simpl., 3® p. p. : remestrent, 714. — Parf. comp., 3« p. s. : est remés , 5 , 303 ; fut remés , 2275 ; ad remés, 101 ; 3« p. p., avec un s. p. m.: sunt remés , 826 ; furent remés , 2779. — Fut., 2« p. s. : remendras, 1985; 3e p. s. : remeindrat, 907; Re p. p. : remeindrum, 1108. — Cond., 3e p. s. : remeindreit, 600; 3« p. p. : remeindreient, 598. — Subj. prés. :
lr« p. s. : remaigne, 3719; 3e p. s. : remaigne, 1848; 3« p. p. : REMAINENT, 3623. — Part, pass., s. ou r. s. m., et s. p. m. : remés , etc. = 2<> Sens, a . « Demeurer, rester »> : La sele en remeint guaste , 3450. Si nus remeindrat Espaigne en quitedet, 907. — b. Sans complément : « Rester en tel ou tel lieu... i> Roland dit de Durendal : En un bruill par sum les puis remestrent, 714, et, avec un sens plus étendu , 282, 965. — c. « Rester, résister »> : Nus remeindrum en estai en la place , 1108. — d. « En rester là » : Ceste bataille ne poet remaneir unkes, 3587. Bien fait à remaneir. — Laisum le plait, 3798, 3799. — e. « Subsister, » et , par extension , « survivre » : Si est blecet, ne quit que anme i remaigne, 1848. Ce mot, dans ce sens, s’applique aux choses : Mur ne citet n:
est remés à fraindre , 5. — f. Remaneir en estant signifie « s’arrêter »:
Li soleilz est remés en estant, 2459;
REMBALT — RENGESVALS
ou « rester debout »> : Tuit li altre 8unt REMÉS EN ESTANT, 2655.
REMBALT. R. s. m. Nom de celui qui comma ide, avec Hamon de Galice, la huitième eschele française ( Regin baldum, fait sur l’anc. haut allem.
Raginbald ), 3073.
REME1NDRAT. Verbe neutre, 3« p.
s. du fut., de remaneir ( Remanere habet), 907, 3665.
REME1NDRE1ENT. Verbe neutre, 2« p. p. du cond. de remaneir ( Rema nere-habebant ) , 598.
REMEINDREIT. Verbe neutre, 3® p.
s. du cond. de remaneir ( Remanere habebat ) , 600.
REME1NDRUM. Verbe neutre, Ire p.
p. du fut. de remaneir ( Remanere habemus ), 1108.
REMEINT. Verbe neutre, 3e p. s. de l'ind. prés, de remaneir ( Remanet ), 1696, 3450.
REMEINES. Verbe neutre, 2e p. s. de l’ind. prés, de remaneir ( Remanes ), 2928. La forme correcte est remeins.
Pour les six mots précédents, voyez remaneir.
REMEMBRANCE. S. s. f. Mémoire, souvenance ( Rememorantia), 3614.
REMEMBRER. Verbe neutre. Inf. prés.
Se souvenir ( Rememorare } : Déplu surs choses à remembrer li prist , 2377. — Ind. prés. , 3» p. s. : remembret, 820. =: Verbe réfl. Subj. prés., Ire p. s. : Caries me mandet... que me remembre de la dolur, 489.
REMENDRAS. Verbe neutre, 2* p. s.
du fut. de remaneir ( Remanere habes), 1985. Voy. Remaneir.
REMÉS. V. Remaneir.
REMUT. Verbe actif, 3® p. s. du subj.
prés, du verbe remuer , qui vient de remutare. Il est dit, en parlant de Roland et de l’arrière-garde dont on veut lui donner le commandement :
N'avez baron ki jamais la remut, 779. Le sens est : Il n’y a pas de baron qui l’échange contre lui. » Cf.
le ms. de Cambridge : Vous n'avez home si preux ne si vaillant — Qui desoubz lui en ose bailler le gant, et surtout Aspremont, B. N., anc. ms.
Lavallière, 123, fr. 25529 , f® 65 : De la peor ne remut son talent, — Nen i ot nul , tant orgueillox proisant.
RENC. R. s. m. Rang ( haut allem.
Ilring ) : Turpins de Reins en est levet de i renc, 264. — Reng, 2192.
RENGESVALS. R. m. Roncevaux. 892, 901 , etc. Cf. Rencesval , 2716 , et Rence-val,2398. Cettedernière forme s’explique facilement. = L’étymoiogie latine est plus que douteuse. A
côté de Roscida vallis (vallée humide), qui est l’origine la plus communément adoptée, il faut étudier Runciœvallis , qui est la forme adaptée par la Chronique de Turpin.
M. Hugo Meyer, l’ultra-scandinave , voit dans Roncesvals la « vallée des épines », dont il est question dans la mythologie du Nord. Mais, sans nous arrêter à ces derniers textes, ni au Runcivallis du Roland en vers latins , ni au Rainchevaux de la Chronique de Tournay, il faut remarquer que, dans les textes les plus autorisés, on trouve un s à l’intérieur de ce mot. Cet s éclate dans notre Rencesvals , dans le Runtseval de la Keiser Karl Alagnuss Kronike, dans le Runzival de la Karlamagnus Saga (z = ts), dans le Roncisvalle des poèmes italiens, dans le Roncesvalles des romances espagnoles, et j usque dans le Ronscevax du Remaniement de Paris et le Rainscevaus de Philippe Mousket , etc. etc.-— Mais personne, jusqu’à ce jour, n’a tenu compte de l’étymologie basque, et nous nous empressons de publier à ce sujet les lignes suivantes de notre ami, M. P. Raymond, ancien archiviste des Basses-Pyrénées. « Dans le pays basque, beaucoup de noms de lieu se terminent par le mot çabal , écrit aussi zabal. Il a pour signification :
plat , étendu , déployé. C’est l’adjectif que l’on retrouve dans les noms de Larceveau , Lar zabal [Larve ou Lar , lande ou pâturage), de Çabaléta , que je traduirais village de la plaine , et de Çabalce , qui a la même signification. Les exemples peuvent être très multipliés : car le mot çabal se place soit avant, soit après les noms.
= Çabal , d’ailleurs, convient parfaitement à la localité qui porte le nom de Roncevaux. En effet, dè3 qu’on a descendu la montagne d’ibagnéta, dès que la porte voûtée de l’abbaye est franchie, on trouve devant soi un assez large vallon, zz Quant au mos Ros qui forme la première partie du nom, il est fréquent dans la région, sous la forme arros, parce qu’il n’y a pas en basque de mot commençant par R, et que l’on dit, par exemple, Erroma pour Romaf (Voy. Arros, section de Larceveau.
— Arros, canton de Ney; — Arros, canton d’Oloron- Ouest.) zz Le sens de ce dernier mot m’est inconnu et je le regrette; car j’aurais eu à cœur de compléter cette courte note sur Ro&çabaL il eô me reste plus qu’à
RENDRE — REPROVER
vous affirmer que toutes les formes du moyen âge : Roscida - Vallis, Roncesvalles, etc., sont des noms forgés:
car, au courant du xii® siècle , on disait Rosçabal pour Roncevaux, tout comme Larçabal pour Larceveau. Je ne saurais trop insister sur ce point.»
RENDRE. Verbe actif. ( Reddere , avec l’addition d’une nasale, rendere.) 1»
Conjugaison. Inf. prés. : rendre, 2733. — Ind. prés. , 3® p. s. : rent, 2198; 3® p. p. : rendent, 1397. — Parf. simpl.,3® p. s. : rendit, 1406. — Parf. comp., 3« p. s., avec un r. p.
f. : ad rendut, 2849; ad rendues, 3655. — Fut., 1*® p. s. : rendruns, 2144. — Impér., 2® p. p. : rendez. — Passif. Fut., 3® p. p., avec un s. p. m.: erent renduz, 3950. Part, pass.: rendut, renduz et aussi rendues , 3655.
= 2® Sens. a. « Faire restitution d’un dépôt confié; restituer, remettre. » Tant le guardefrejnt que V rendent à Carlun , 1829. — 6. « Quitter, laisser. » Ce sens dérive fort naturellement du précédent. Charlemagne, sur le point d’aller chercher le corps de son neveu à Roncevaux , ad rendut ses armes (2849), c’est-à-dire « s’est désarmé. » S’ espée rent e sun helme , 2572. — c. De là aussi les locutions « rendre une bataille », « rendre des coups », etc. : Encui rendruns à païens cest asalt , 2142.
— d. « Rendre un service » : Malvais servis (ej le jur li rendit Guenes, 1406. — e. « Faire, faire devenir » :
La meie mort me rent si anguit sus , 2198.
RENG. R. s. m. (Ancien haut allem.
hring.) : Si ’s mist en reng, 2192, et renc , 264.
RENGES. S. p. f. Les franges, les extrémités du gonfanon (V. Ducange aux mots rinça , ringa , ringia, auxquels il donne, pour sens unique, celui de « baudrier » ) : Les renges d’or) li bâtent josqwas mains,
RENIER. ( Reginharium , anc. haut allem. Reginheri, Pott, 240; même rad. germ. que Reinharl), 2208.
RENT. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind.
prés. ( Reddit , rendit ), 2198. V.
Rendre.
RENUMÉE. Adj. r. s. f. Célèbre, illustre, nommée souvent Re-nominatam) : Munjoie, V enseigne renumée, 3565.
RENUVELENT. Verbe actif, 3® p. p.
de l’ind. prés, de renuveler ( Reno vellant ) : Mult haltement Munjoie RENUVELENT , 3300.
! REPAIRE. V. Repaires.
REPAIRER. Verbe neutre et quelquefois pronominal. Revenir en son pays, et, par extension, revenir ( Repa triare) : En France ad Ais s’en deit ben repairer, 36. En France ad Ais devez bien repairer, 135. Cf. 293.
Ces deux exemples, que nous rapprochons à dessein, montrent qu’on employait fort indistinctement le verbe repairer avec ou sans le pronom se.
— Ind. prés., 3® p. s. : repairet, 2133. S’en repairet, 828; repeiret, 2149. 3® p. p. : repairent , 3807. — Parf. comp. , 3® p. s., avec un s. s.
m. : est repairez, 2040; est repairet, 1369. 3® p. p. : sunt repairet, 3682.— Fut., 3® p. s. : repairerat, 573. — Impér., 2® p. p. : repairez, 2182. — Subj. prés., 1*® p. s. : repaire, 310. — Part, passé, s. s. m. :
repairez, repairet, etc. = Dans tous les exemples précédents , le sens est à peu près le même; mais, dans le vers suivant, ce mot prend une acception plus générale et digne d’attention :
repairet loi vigur e remembrance, 3614. = La vraie forme de ce mot est repairier, etc. : conformément aux lois de la phonétique, on ne le trouve en assonance que dans les laisses en ier.
REPAIRES. S. s. m. (Subst. verbal du précédent) ï Se vos volez , li repaires ert grefs, 2801. — R. s. m., repaire : Quant cascuns ert à sun meillor repaire, 51. m Le sens le lus ordinaire est celui de « pays »
51,661 ); mais repaires signifie aussi « retour au pays » et, d’une manière plus générale, « retour » (2801).
Il est vrai que, dans ce dernier vers, on doit peut-être lire repairier s.
REPENTENT (se). Verbe pronominal, 3® p. p. de l’ind. prés. ( Se re-pœnir tent) : Si Arabiz de venir ne se repentent, 3011. — Subj. prés., 2® p. s., te repentes : Si pren cunseill que vers mei te repentes, 3590.
REPOS. R. s. (Substantif verbal de reposer = repausare ) : Tere Major remeindreit en repos, 600. = On remarquera que l’expression « rester en repos » est déjà en vigueur.
REPROCE. R. s. Reproche. ( Repro pium , subst. verbal de repropiare ) :
Prist Volifan que reproce n'en ait , 2263. Reproece, 1076.= Rem. la locution : Aveir reproce.
REPROECE. R. s. 1076. V. le précédent.
REPRO VER. Substantif s. Reproche, honte ( Reprob -f- arium ] : Ver goigne sereit e reprover a trestuz
REPROVERUNT — REVIENT
voz parenz , 1705, 1706. La vraie forme est reprovier.
REPROVERUNT. Verbe actif, 3« p. p.
du futur de reprover ( Reprobare habent ), 768. Au passif, subj. prés., 3® p. s., avec un s. s. n. ( Sit reprobatum ) : Mielz voeill mûrir qu’il me seit reprovet , 3909. = Ce vers est dans un couplet en er.
REQUEILLIT. Verbe actif. Parfait simple, 3® p. s. de recuillir ( Recol legit ) , 3210. V. Recuillir , 2965.
REQUERT. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind. prés, de requerre. Attaque f Re et quœrit ) : Sun cors meïsme i asalt e requert, 2551. 3® p. p. : requerent, 3528.
REREGUARDE. R. s. f. Arrièregarde ( Rétro -wardiam. V. Guarder), 574, 613.
REREGUARDER. Verbe actif. Inf.
prés. Un général, par nécessité ou pour se faire honneur, se fait rereguarder, c’est-à-dire garder sur les derrières de son armée ( Retrowar dare. Voyez Guarder ) : Par grant honur se fist rereguarder, 2774.
RESAILIT. Verbe neutre. 3® p. s. du parf. simpl. de resaüir ( Re-salire ) :
Isnelement li ber resailit sus , 2085.
RESENBLET. Verbe neutre. 3e p. s.
de l’ind. prés. Ressemble [Re et simulât) : Ben resenblet marchis , 3502, et mieux, resemblet : Li Amiralz ben resemblet barun , 3172.
2® p. p. : resemblez, 1772. — Imparf.
du subj , dans le sens du conditionnel , 3® p. s. : resemblast, 3764,
RESNE. R. s. f. Rêne (? Retinam avec un s intercalaire) : Laschet la resne, 1290, 1574, 2996. — R. p. f., resnes : Tûtes les resnes lasquent , 3777, et reisnes , 1381. On voit là les exemples peut-être les plus anciens de ces deux locutions : « Lâcher les rênes »
et « Prendre les rênes ». Cf. resnes.
RESORTIE (est). Verbe passif. Ind.
prés., 3® p. s., avec un s. s. f. Rebondit (de Re et sortire) : L’espée...
cuntre le ciel amunt est resortie,
RESPUNDRE. Verbe actif et neutre.
Inf. prés. ( Respondere , ramené à la 3® conjugaison ) , 1756. — Ind. prés. , 3® p. s. : respunt, 156, 299, 312 ; respont, 1062. 3® p. p. : RESPUNDENT, 946; respondent, 2112. — Parf.
simple , 3® p. s. : respundit, 632 , et respundiet (en assonance, dans un couplet en ter), 2411. — Parf.
comp., avec un r. s. n., 3® p. s. : ad respondud, 233. — Subj. prés., 3® p. s. : respundet , 3540. = Dans la
plupart des exemples qui précèdent, respundre s’emploie absolument et sans régime. Il est, au contraire^ très évidemment actif dans le vers suivant : Guenes li quens ço vus ad respondud, 233. m Le sens est presque partout le sens actuel. Néanmoins il faut noter les vers 1756 et 2112 , où respundre signifie <i faire écho » : Sunent li munt e respundent li val, 2112.
RESPUNS. R. s. Réponse ( Respon sum) : Loat sun Deu , ne fist altre RESPUNS, 420.
RESURREXIS. Verbe actif. 3® p. s. du parf simple ( Resurrexisli ) : Seint Lazaron de mort resurrexis , 2385.
RETENIR. Verbe actif. Inf. prés. [Retinere passé à la quatrième conjugaison) : Munjoie escriet por le camp retenir, 1260. Des meillors voeill jo retenir treis, 3283. — Ind. prés., 3® p. p. : retienent , 2442. — Parf.
comp., lr® p. s., avec un r. p. m.: ai RETENUZ , 3948. — Futur, lro p. S. :
retendrai, 789. — Impér., 2® p. p.:
retenez , 786. — Part, passé , r. p.
m. : retenuz, 3948. = Au réfl. Imér., 2® p. p., vos retenez : Seignors arons, eV camp vos retenez , 1176.
= Le sens le plus usuel est celui de : « Garder près de soi , pour soi, » etc.
(Vers 3283, cité plus haut, et aussi 789, 2442, 3948.) = Mais retenir signifie aussi « tenir fortement ». « Retenir le camp, •* c’est « tenir bon sur le champ de bataille et en rester le maître » (vers 1260). Se retenir a un sens analogue, et, au vers 1176, El ’ camp vos retenez signifie : « tenez bon ».
RETRAITE (seit). Verbe passif, subj.
prés., 3® p. s., avec un s. s. f. ( Sit rétracta) : Mielz voeill mûrir que hunte nus seit retraite, 1701. = On disait « retraire hunte à quelqu’un »
comme aujourd’hui nous disons « lui faire honte ».
RETURNER. Verbe neutre. Inf. prés.
S’en retourner [Re et tornare) : Si Vorrat Caries , ferat Vost returner, 1060. — Futur, 3® p. s., returnerat :
Si RETURNERAT l’OSt , 1052. 3® p. p., returnerunt : Ki que’s rapelt , jà n’en returnerunt, 1912,
REVELERUNT. Verbe neutre, 3e p. p.
du futur. Se révolteront [Rebellarehabent. Rebellare avait ce même sens dans la meilleure latinité) : Encuntre mei revelerunt li Seisne, 1911.
REVIENT. Verbe neutre. 3e p. s. de l’ind. prés. [Re et venit) : Li quens Rollanz revient de pasmeisuns,
REVERRUNT — RUNERS
2233. — Parf. simpl., 3® p. s. : revint, ! 2881. — Subj. prés., 1*® p. p., revengum : Josque Deus voeil[l]e que en cest camp revengum, 2439. — ■ Part, passé , s. ou r. s. m. : revenuz , 2036.
REVERRUNT. Verbe actif, 3® p. p. du futur de reveeir ou revedeir [Revidere-habent ), 1402. 2® p. p. : revereiz, 3802 (en assonance dans un couplet en ei).
REVLJNT. Verbe neutre, 3® p. p. de l’ind. prés. ( Re-vadunt ) : De lûtes parz les revunt envaïr, 2065.
RIANT. Part. prés, employé adjectivement. R. s. m. ( RidAntem ) : Cors ad mult gent , le vis cler e riant, 1159. Avec en, riant forme un véritable gérondif : Cler, en riant, Vad dit à Guenelun, 619.
RICHARD. S. s. m. Nom du « sire des Normans », Richard de Normandie (Richardus, nom d’origine germanique, ancien haut allem. Rihhart, Reichardt , Pott , Die Personennamen , p.128), 3050.— R. s. m.: Richard, 3470. = Notre poète l’appelle « Richard le Vieux », 171, 3050, 3470.
RICHES. Adj. s. s. m. Puissant, plutôt que riche ( anc. haut allem. richi ): Caries se dort, li empereres riches , 718, etc. — R. s. m. : riche, 1531. —
R. p. m. : riches, 527.
RIRE. Verbe neutre et quelquefois pronominal. Inf. prés. ( Ridere . Le verbe latin a été ramené de la 2® à la 3®Nconjugaison), 323, 1638. — Ind. prés., 3® p. s. : s’en rit, 324. — Subj. prés., 3® p. s., riet : Ne poet muer ne ri et, 959. Ki qu’en plurt u ki ’n riet, 3364. — Part, prés., r. s. m. :
riant, 1159. Et avec en, véritable gérondif : en riant, 619.
RIMUR. S. s. f. Bruit ( Rumorem . Rimur est une erreur du scribe , et Mü.
a restitué rumur) : De XV liwes en ot hom la rimur, 817.
RIVE. R. s. f. ( Ripam .), 2799.
ROCHE. R. s. f. ( Rupeam , rupiam , par la consonnification de l’iL 1579. —
S. p. f. : roches, 815. — R. p. f. :
roches, 3125.
ROET. Part, passé employé adjectivement, r. s. m. Se dit notamment d’une étoffe brochée, qui est ornée de rosaces, etc. (Rotatum) : La guige en est d’un bon pâlie roet , 3151. — R. p. f., roées Targes roées, 3569.
(Ducange définit ce mot : Figuris rotularum ornatus.)
ROEVET. Verbe actif, 3® p. s. de l’in- î . prés. Demande, désire, veut (?) {Rogat) : Cil l’at trait ki vos en roevet feindre f 1792,
ROLLANZ. S. s. m. [Hruodlandus , dans le texte célèbre d’Éginhard. Nom d’origine germanique. Anc. haut allem. Ruodland. V. Pott, Die Per sonennamen, p. 223), 194, etc., et Rollant, 175. — R. s. m., Rollant 286, etc.
ROMAIN. S. p. m. ( Romani ) : Romain, Puillain e tuit cil de Paterne, 2923.
ROMAIN (seint-). Nom de l’église de B lave, où Charles fit enterrer les trois corps d’Olivier, de Turpin et de Roland (Sanctum- Romanum) :
A Seint-Romain , là gisent li baron , 3693. = Cette église était célèbre. On y avait enterré, dit-on, le roi Caribert, mort en 567.
ROMAINE. R. s. f. La Romagne ( Ro maniam ) : Si l’en cunquis... Lumbardie e trestute Romaine, 2326.
ROMAINE. R. s. f. ( Romanam .) C’est le nom primitif de l’Oriflamme : Gefreid d’Anjou portet l’orie flambe :
— Seint Piere fut, si aveit num Romaine, — Mais de Munjoie iloec out pris eschange, 3093-3095. V.
notre commentaire du v. 3093.
ROME. R. s. f. ( Romam ) , 2998. Rume,
ROSNE. R. s. m. Le Rhône (De Rho danum, par le changement méridional du dens), 1583.
ROSSILLON. R. s. m. Roussillon, 797. V. Russillun.
RUBOSTL. Adj. r. s. (?) Tere de France, mult estes dulz païs, — Oi desertet à tant rubostl exill, 1862.
RUES. R. p. f. ( Rugas ) : Les rues ù li burgeis estunt, 2691.
RUMÉ. R. s. f. Rome [Romam) , 639, et Rome, 2998.
RUMPRE. Verbe actif. Inf. prés. ( Rum pere. ) Quant de Franceis les es cheles vit rumpre , 3533. — Ind.
prés., 3® p. s. , rumpt : L’osberc li rumpt, 1265. 3® p. p. : rumpent, 3529. — Parf. comp. , avec un r. p.
m. : ad rumput, 1300 ; 3e p. p., avec un r. s. m. : unt rumput, 2079. — Part. prés. , s. s. ( avec le sens du part, passé?) : Desun cervel le temple en est rumpant, 1764. Cet emploi du participe présent est, d’ailleurs, assez fréquent aans notre ancienne langue, et se retrouve encore dans celle de nos jours. :=r Au passif. Ind. prés., 3® p. s., avec un s. s. m. : est rumput, 1786. — Part, passé : rumput, etc.
RUNCIN. R. s. m. Cheval de charge (fait sur l’allem. ross ), 758.
RUNERS. R. s. Ki tint la marche de V val de Runers, 2209. Ce vers so