‹ Chanson de RolandChapitre 301 sur 323 · V. Sorel · texte numérisé non relu

V. Sorel

SOR. Prép. « Sur, au-dessus de... »

[Super], 47. Sor tuz les altres, 3962.Voy. Sur, qui est la forme autorisée par la phonétique de notre manuscrit.

SORBRES. R. p. m. Nom d’un peuple païen (?), 3226.

SOREL. R. s. m. Li quens Gerins set el ceval Sorel, 1379. C’est ainsi que je Iis; Millier écrit sorel. Que ce soit là l’épithète ou le nom du cheval , l’étymologie est évidemment un diminutif de Sor. V. ce mot.

SORENCE. R. s. f. Nom de lieu (?).

Pinabel de Sorence , 3783.

SORUR. R. s. f. Sœur [Sororem), 1720. Soer, 312.?— Au voc. s. f. :

soer, 3713. V. Soer.

SORZ. S. s. f. Sorcellerie, sort magique ( Sors, Sortem) : N ’ i remeindrat ne sorz ne falserie, 3665. Il s’agit du roi Charles, qui fait briser toutes les idoles dans les mosquées de Saragosse.

SORZ. R. s. p. Nom d’un peuple païen (?), 3226. V. Sorbres .

SOUREMENT. Adv. En sûreté [Secura-mente) : Passez les porz très tut SOÜREMENT, 790.

SOÜRS. Adj. s. s. m. Tranquille, en sécurité, sans inquiétude ( Securus ):

Soürs est Caries que nul home ne crent, 549. — R. s. m. : soürs (par erreur), 241.

SUATILIE. R. s. f. Nom d’un royaume païen (Est-ee un nom de fantaisie?),

SUAVET. Adjectif employé adverbialement. Doucement (Lat. suav -{ittum. Le suffixe et, du suffixe ittum, est très fréquent en vieux français. V. Diez, Gramm. allem., II, 373, et Richars libiaus, éd.W.Fœrster, Note de la p. 163. On peut citer russet, muet, espesset, noiret, jeunet, freschet, larget, vermeület , blanchet, gaiet, grellet, à côté des simples : rus (roux), mu, espois , noir, jeune, fresc, lare, vermeil, blanc, gai, graisle, etc. De même so -a -vet à côté de so - ef, ( so-ave ) : Mult suavet le chevaler désarment, 3942. V. Suef.

SUCCURAS. Verbe act., 3e p. s. du futur de succurre (Succurrere-habes ), 3996. 3« p. s.: succurrat, 1061, — Impér., 2« p. p. : sucurez , 1794,

SUCURANCE — SUN

et succurez, 3378. — Subj. prés., 2® p. p. : sucurez, 2786.

SUCURANCE. R. s. f. Secours, aide ( Succurrentiam ), 1405.

SUCURS. R. s. m. Secours [Succursum) : Noslre parent devum estre à sucurs , 2562.

SUDUIANT. S. p. m. Trompeur. Suduiant est un part. prés, employé comme part, passé. ( De subducentem, subducere ayant donné suduire, tromper) : Cil sunt felun traïtur SUDUl \NT , 942 (?).

SUE. S. s. t. Sienne ( Sue vient de sua et s’emploie toujours avec l’article; sa vient de l’anc. latin sa): La sue mort, 1232. Si est la citet sue, 917.

— R. s. f., sue : La sue feit plevit , 403.

SUEF. Adj. r. s. m. Doux ( Suavem ) :

Seignurs barons, soef pas alez tenant, 1165.

SUEF. Adj. employé adverbialement.

Doucement [Suave) : Si li demandet dulcement e suef, 1999. Cf. sua vel.

SUFFRAITE. R. s. f. Douleur ( Suf fractam) : De bons vassals averat Caries suffraite, 939. Sufraite , 2257. — S. p. f. : suffraites, 2925. — R. p. f. : suffraites, 60.

SUFFRIR. Verbe actif. Inf. prés. (Ne vient pas de sufferre , mais du bas latin sufferire.) — 1° Conjugaison.

Inf. prés. : suffrir, 456, et susfrir, 1010, 1117, 1625. — Fut., pre p. p. :

suffrirum, 1615. — Subj. prés. , 3® p. s. : soefret , 1174 = 2° Sens.

a. <i Supporter, subir, permettre, tolérer » : Ceste bataille est mult fort à suffrir, 34b9. Ço est merveille que Deus le soefret tant, 1774. — b. « Souffrir une douleur »>:

Pur sun seignor deit hom susfrir destreiz , 1010.

SUI. Verbe estre, lr®p. s. de l’ind. prés. [Sum), 295, 297, 308, etc. = Il faut observer que sui remplace ai pour former le parfait composé de certains verbes. Exemple : Cher me sui vendut, 2053.

SUJURN. R. s. m. Séjour ( Subst. verbal de subdiurnare, « passer le jour ». V. Ducange, au mot Sejornum , qui a été fait sur le vocable roman) : Entresqu’a Ais ne volt prendre sujurn , 3690.= La locution « prendre séjour *> nous est restée.

SUL. Adj. s. s. m. Seul ( Solus ) : Mielz est que sul moerge, 359. — Cf. suls 448. — R. s. m., sul : N’i ad païen ki un sul moi respundet , 22. V.

Suis . i

SUL. Adverbe. Seulement ( Solum ).

Ne s’emploie pas seul, mais concurremment avec ne mais, ne mais que, fors. Ne mais sul la Reine, 3672. Ne n’ unt de blanc ne mais que sul les denz, 1934. Fors sul Tierri,

SUL’ pour SUR LE, 1341. V. Sur.

SULEIE. Verbe neutre, lr® p. s. de l’i mparf.de l’ind. d esuleir (Solebam ).

SULEIT. Verbe actif, 3® p. s. de l’imparf. de l’ind. de suleir [ Solebat ), 2782. V. Soleit, et, pour les deux mots qui précèdent, Soelt.

SULIANS. S. s. m. Syrien ( Syria nus. Cf. Juliane , de Juliana , etc.) : Si l’ m’a nunciet mis mes li Sulians, 3191 Cf 3131

SULS. Adj. s. m. Seul [Solus) : Rollanz s’en turnet, par le camp vait tut suls, 2184. Sul, 359. — R. s.

m., sul : Suz ciel ne quid aveir ami un sul , 2904. Cf. 22 , etc.

SUM. Adj. neutre, employé avec par et en... <i En haut de »> [In summo, per summum). 1® En sum : Laciet en sum un gunfanun tut blanc, 1157.

En sum ces maz , 2632. En sum sa tur, 3635. — 2® Par sum : Josque par sum le ventre, 3922. = Dans ces deux locutions adverbiales, sum est indéclinable.

SUMEIENT. Verbe neutre, 3® p. p.

de l’ind. prés, de sumier, sumeier [Sagmicare, de sagma, fardeau).

Portent une charge. Se dit des bêtes de somme : IIII. muiez... quant il SUMEIENT, 978.

SUMER. R. s. m. Cheval de somme ( Sagmarium , de sagma ) : N’i perdrat ne runcin , ne sumer , 758. — R. p. m., sumers : Franc desherbergent, funt lur sumers trusser, 701. = Ce mot ne se trouvant, comme assonance, que dans les laisses en ier, c’est sumier, sumiers qu’il faut lire.

SUMET (en). Loc. adverbiale, qui a été ajoutée, fort inutilement, par le scribe à la suite du vers 2359 : Desuz lui met s’espée e l’olifan. V. Sum.

SUMUNT. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind. prés, du verbe sumundre ou semundre. Inviter, convoquer (de submonet, les composés étant traités comme les simples) : Alez sedeir quant nuis ne vos sumunt. 251. — Impér., 2® p.

s., sumun : Sumun les oz de tun emper[ié\ , 3994.

SUN. Adj. ou pron. possessif de la 3* p. s. R. s. m. [Suum),2& , 51, etc.; son , 2870. On trouve par erreur sun

SÜNER — SUZGLINENT

au s. s. m., 348, 1160, 1495, 2024, et i (?) sun au r. a. f.: Sun ost , 2760. Cf.? ' demi mun host, 785. = Sun est plu- i sieurs fois employé là où il faudrait soen : Un sun noble barun, 421.

Gemalfln un sun drut, 2814. V. Ses.

SUNER. Verbe tantôt actif, tantôt neutre ( Sonare ). 1<> Conjugaison. Inf.

prés. : suner, 700. — ïnd. prés., 3® p. s. : sunet, 1319. 3® p. p. : sunent, 1004. — Parf. simpl., 3® p. p. : sunat, 2103. — Parf. comp., avec un r. s. m. : ad sunet , 2951. — Impér., 2® p. p. :

sunez, 1051. — Cond. , 3® p. s. : sunast, 1769. — Subj. prés., 2® p. s. :

suns, 1027 ; 3® p. s. : sunt, 421. — Part. pass. : sunet. = 2» Sens. a. Le verbe suner est actif aux vers 1027, 4051, 1100, 1319, 1755, 1769, 2104, 2110, 2950, 2951, 3136. On dit : <« Sonner le cor »> , etc. : Trait Voit fan, fieblement le sunat, 2104. Une locution qui nous est restée est la suivante : Ne voeill que mot en suns, 1027. Cf. 411. — 6. Mais ce verbe est aussi employé au neutre, dans le sens de « résonner, retentir » : Granz sunt les oz ù cez buisines sunent, 3263. Sunent cil graisle, 1832. Cf. 2112, 2116 et 3309.

SUNJAT. Verbe actif , 3® p. s. du parf. simpl. de Sunjer ( Somniavit ar la consonnification du premier i) :

unjat quHl eret as greignurs porz de Sizer, 719. Après iceste , altre avisiun sunjat, 725. =« Songer » s’employait , soit avec un complément direct , soit avec que.

SUNS. Verbe actif, 2® p. s. du subj.

prés, de suner (Sones), 1027.

SUNT. Verbe actif, 2® p. s. du subj.

prés, de suner (Sonet), 411.

SUNT. Verbe estre , 3® p. p. de l’ind.

prés. ( Sunt), 91, etc.

SUR. Prép. (Super.) 1® « Sur » : Sur un perrun de marbre b loi se cul chet, 12. = 2© « Au - dessus de , pardessus... » : Sur tute gent est la tue hardie , 1617. n=3o « Contre » (comme dans notre expression : « Le sort est tombé sur lui ») : La rere guarde est jugée sur lui, 778, Cf. 282, 328.

— Avec le , sur forme sul’ : Ki lui veïsi Vun geler mort sul’ altre.

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