‹ Chanson de RolandChapitre 300 sur 323 · V. Sibilie · texte numérisé non relu

V. Sibilie

SI. Adj. ou pron. possessif de la 3« personne, s. p. m. 99, 285, 636. V. Ses.

SI. Adv. {Sic.) 1° Le premier sens de si est celui de sic, en latin, « ainsi ». Dans ce sens, il précède un verbe.

E il si firent, 2155. Si ferum, 24.

Cf. 281 , etc. = 2» Avec cum, il signifie « de même que » : Si cum li cerfs s’en vait devant les chiens, 1874. = 3o Devant un adjectif ou un autre adverbe, « tellement ». a. Devant un adjectif : La meie mort me rent si anguissus, 2198. Quant V ot Rollanz , Deus! si grant doel en out, 1196. b. Devant un adverbe :

Si lungement tuz tens m’avez servit, 1858. Cornent si halt sunent li munt, 2111, 2122. En ces derniers vers, que est sous-entendu devant su * nent. — 4° Si, avec que, signifie ; « De telle sorte que, assez pour... » : Cum fus si os que me saisis, 2292, 2293. 5« Si en est venu de bonne

heure, dans les textes romans, à n’être plus qu’une particule explétive , donnant plus de force à l’affirmation. En vers, c’est souvent une cheville: Si me guarisez e de morte de hunte, 21.

Il est mes fils e si tendrat mes marches, 3716. Cf. 38, 1999. = Si se combine avec le , et forme si l’ : Enceis ne l’vit, si l’ recunut, 1496.

Si l’ verrez, 953, 1294. Il se combine égalementavecLES,etnous avons si’s, que l’on peut, comme le précédent, écrire en deux mots : Si’s aquilit e tempeste e ored, 689. Si’ s prist à castier, 1739, etc.

SI. Conjonction exprimant la conditionnalité {Si) : Si ceste acorde ne volez otrier, 475. Franceis murrunt, si à nus s’abandunent, 928. La forme correcte est se. V. ce mot.

SIBILIE. R. s. f. Nom de ville (est -ce Séville??): Curant i vint Mar gariz de Sibilie, 955.

SIED. R. s. Lieu où l’on séjourne ; plus

SIÈDENT — SOENS

spécialement , lieu où séjourne le Roi.

C’est à peu près la même idée qui nous fait dire aujourd’hui : « le siège de l’Empiré » ( Sëdum , subst. verbal de sedere ) : Vient à Ais, à V meillor sied de France , 3706. Siet: Menez serez dreit à Ais le siet, 478.

SIÈDENT. Verbe neutre, 3® p. p. de l’ind. prés, de sedeir ( Sedent), 110.

SIÈGE. R. s. ( Sedium , par la consonnification de P») , 71, 435, et sege, 212. — R. p. : sièges, 1135. = Trois sens bien distincts : 1° Siège, « où l’on s’asseoit » : Sièges averez eV greignor Parais, 1135. = 2° Siège de l’Empire; ne se dit que d’Aix-la- Chapelle : A V siégé ad Ais en serez amenet, 435. Voy. siet. — 3» Siège d’une ville : Metez le sege à tute rostre vie , 212.

SIET. R. s. Siège de l’Empire, Aix (Sedium), 478. V. Sied. — Siège et Sied ou Siet viennent du même mot latin. Dans le premier a eu lieu la consonnification de l’t latin ; dans le second, elle ne s’est pas produite.

SIET. Verbe neutre, 3» p. s. de l’ind. prés, de sedeir ( Sedet ), 116, 1491,

SIGLENT. Verbe neutre, 3® p. p. de l’ind. prés, de sigler. « Cinglent, se dirigent vers... », en parlant des vaisseaux (de sigla, voile, qui lui-même dérive de l’anc. haut allem. sëgelèn, et du nordique sigla. Diez, I, 383) :

Siglent à fort e nagent e guvernent, 2631. — Plus-que-parf. du subj.:

OÜSSENT SIGLET, 688.

SIGLOREL. R. s. m. Nom d’un enchanteur païen, « qui avait été dans l’enfer, sous la conduite de Jupiter » (?),

SIGNACLE. R. s. Bénédiction avec le signe de la croix ( Signaculum ) :

Sein[z] Gabriel , ki de part Deu le guarde , — Levet sa main, sur lui fait sun signacle, 2848.

S1LVESTRE. R. s. m. Nom] de saint.

( Silvestrem ), 3746.

SINAGOGE. R. p. f. (Nom d’origine grecque, <j\jvay myr) , qui était de bonne heure passé en latin) : Les sinagoges e les mahumeries , 3662.

Je ne pense pas que notre poète se rendît exactement compte de ce mot, et il confond les synagogues et les mosquées.

SIRE. S. m. ( Senior , = par le passage de l’t, seinr-e — si[n]re.

M. Fœrster fait observer que sendre ne se trouve que dans les Serments de 842, et vient, par un développement tout différent , de sen[io]r + e ,

d’où sendre ), 318, 1521 , etc., et, par erreur, seignur. 3056. — Voc. s. m, :

sire, 227, 283, 753, etc. etc. — R. s. m. : seignur, 26, 364; seignor, 101C\ etc., et sire, par erreur, 3470. — Voc., p. m. : seignurs, 15, 70, etc., et seignors, 1854. — R. p. m. : seignurs, 2432. V. Seignur.

SIR1E. R. s. 2939. Grossière erreur du scribe au lieu de Sizer. V. ce mot.

SIS. Adj. ou pron. possessif de la 3® pers. ( Suus , seus) , 56, 191, 285, 291 , 375 , 463 , 544 , etc. =: Se reporter au mot ses, où l’on trouvera la déclinaison complète de cet adjectif.

S1ST. Verbe neutre, 3® p. s. du parf.

simple de sedeir, 1943.

SISTÈ. Adj. numéral. S. s. f. Sixième (Sexta ) , 3227. — R. s. f. : siste ,

S1UT. Verbe act., 3® p. s. de l’ind. prés. (Sivre vient de sequere — severe ) :

Li Amiraill chevalchet : ses (ilz le SIUT , 3215. — Fut., Ire p. S. I S1VRAI, 84. 3® p. s. : sivrat , 188; 2® p. p, : sivrez , 37. — Part, prés., s. s. m. :

sivant, 1160. S. p. m. ; siwant,

SIZER. R. s. Nom des défilés de la Navarre dont nous avons précisé la position et indiqué tous les noms dans notre commentaire du vers 706 et dans notre Éclaircissement IV sur la Géographie. Comme le prouvent les assonances, on prononçait Sizre. (V. Paul Raymond , Revue de Gascogne, n° de septembre 1869.) Sunjat qu'il eret al greignurs porz de Sizer, 719. Li Reis serai as meillors porz de Sizer, 583. Ces deux vers sont tires de deux couplets féminins en ie, ire, ise, etc.

SOEFRET. Verbe actif, 3® p. s. de l’ind. prés, de suffrir (bas latin sufferit ) : Ço est merveille que Deus le soefret* tant , 1774. V. Suffrir ,

SOELT. Verbe neutre, 3® p. s. de i’ind. prés, de suleir ( Solet ) ; .4is li un angle ki od lui soelt parler, 2452.

— Imparf. Ire p. s., suleie : Par vasselage suleie estre tun drut, 2049. 3® p. s. , suleit : Sun filz ad mort qu’il tant suleit amer , 2782.

et soleit : (Mes) messages soleit faire volonlers, 2672. — Parf. simpl., 3® p. s. : solt, 352.

SOENS. Adj. possessif, s. s. m. Sien.

(Suum +• 1 s du nominatif.) S’emploie toujours avec l’article : Li soens orgoilz le devereit ben cunfundre , 389. Estramariz i est, un soens cumpainz, 941. — R. s.

SOER — SUCCURAS

soen : Par le soen Deu , 82. Peut à sun col un soen grant escut let , 3149. As li devant un soen drut , 3495. Cf. 3952. — R. p. m., soens :

Que l’Emperere nisun des soens n'i perdet , 806. Sunel sun gresle pur les soens r aller, 1319. Rollanz des soens i veit grant perle ,

SOER. Voc. s. f. Sœur ( Soror ) : Soer, cherfe) amie , de hume mort me de mandes, 3713. — R. s. f . , sorur ( Sororem ) : Se puis veeir ma gente sorur Aide, 1720. Soer : Ensurqueiut si ai jo vostre soer , 294. (?)

SOI. Verbe estre, Ire p. s. de l’ina. prés. ( Sum ), 1478.

SOIGN. R. s. ni. Besoin. (Rad. germ.

syn, nordique; sunja, gothique. V.

Bosuign ) ; Pur ço 7i'unt soign de elme ne d'osberc,* 3250.

SOLDEIERS. R. p. m. « Soldats », hommes recevant une « solde, une soudée » , solidalam , soldatam ( Même étyrn. que le prov. soldadiers : solidatarios ) : Bien en pur rat lucr ses soldeiers, 34. Cf. 133.

SOLEILZ. S. s. m. Soleil [Solioulus) :

Bels fut li vespres e li soleilz fut cler, 157. Cf. 1002. Li soleilz est culchet, 2481. Li soleilz [est) luisant, 2458, 2646. Cf. 2459, 3345. Soleill : Soleill nH luist, 980. — R. s. m., soleill ; Turnet su[n ] vis vers le soleill levant. Cf. 2990. Soleil :

Cuntre le soleil reluisent cil adub, 1808 , et , par erreur, soleilz , 2450.

= Nous avons à dessein choisi ici, ïomme partout, les exemples qui nous montrent en usage, dès le xi« siècle, des locutions encore vivantes aujourd’hui dans notre langue.

SOLE1T. Verbe neutre, 3® p. s. de l’imparf. de l’ind. de suleir ( Solebat ),

SOLT. Verbe neut., 3e p. s. du parf.

simpl. de suleir, 352. Il s’agit ici du parfait et non du présent. Cf. voelt et volt.

SOLTERAS. R. p. m. Nom de peuple païen (?), 3242.

SOLUE. Part, passé employé adjectivement. Libre. C’est la belle épithète du mot « France » (Solutam) ; En France la solue , 2311.

SON. Adj. ou pronom possessif de la3« pers. ( Suum ) : Quant l'Empereres vait guerre son nevold, 2870. La vraie forme est sun. V. Ses.

SOR. Adj. Saur ( ? du néerl. soor, sec. Le sens primitif serait « desséché », d’où l’on aurait tiré celui de « jaune, blond, couleur feuille morte ». Ety-

mologie hypothétique. — On a proposé une autre origine que nous estimons encore moins probable : ex auro — saur — sor? ?) ; Li ( alga lifesj sist sur un cheval sor, 1943.

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