‹ Chanson de RolandChapitre 50 sur 323 · XL VII · texte numérisé non relu

XL VII

« Beau sire Ganelon , » dit le roi Marsile ,

« Mon peuple est le plus beau qu’on puisse voir.

« Je puis avoir quatre cent mille chevaliers « Pour engager la lutte avec Charlemagne et ses Français.

« — Ce n’est pas encore cette fois, » répond Ganelon, « que vous les vaincrez ,

« Et vous y perdrez des milliers de vos païens.

« Laissez cette folie, et tenez-vous à la sagesse :

« Donnez tant d’argent à l’Empereur,

« Que les Français en soient tout émerveillés.

« Au prix de vingt otages que vous lui enverrez ,

« Le roi Charles s’en retournera en douce France « Et derrière lui laissera son arrière-garde;

« Je crois bien que son neveu Roland en fera partie,

« Avec Olivier le preux et le courtois.

« Si vous m’en voulez croire, les deux comtes sont morts.

« Charles , par là , verra tomber son grand orgueil « Et n’aura plus envie de jamais vous combattre. »

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