L’ARRIÈRE* GARDE ; ROLAND CONDAMNÉ A MORT
Caries li magnes ad Espaigne guastée , Les castels fraiz, les citez violées.
70o Ço dit li Reis que sa guere out finée.
Vers dulce France chevalchet l’Emperere.
Tresvaü li jurz, declinet la vesprée.
Li quens Rollanz ad s’enseigne fermée ,
du moyen âge, par Germain Dcmay, p. 7 et 8.) — Voir la figure ci -contre, qui reproduit le sceau de la ville do Soissons au xn* siècle.
703. Caries li magnes, etc. Il convient de remarquer que le couplet épique débutait presque toujours ex abrupto, comme pour permettre au
jongleur de commencer son chant où il le voulait. Il ne faudrait pas se persuader qu’il chantât tout le poème d’une haleine, et il n’est peut-être pas impossible d’indiquer aujourd'hui les parties du poème, les épisodes que le musicien populaire choisissait pour occuper une de ses « séances do chant ».
« Qui se sont embarqués , avec le Calife , sur la mer.
« Ils quittaient le pays de Marsile, à cause d( la foi chrétienne « Qu'ils ne veulent ni recevoir ni garder.
« Mais, avant qu’ils eussent navigué quatre lieues,
« Ils ont été surpris par le vent et la tempête.
« Tous sont noyés, et plus jamais ne les reverrez.
« Si le Calife eût été vivant, je vous l’eusse amené.
« Quant au roi païen , Sire , tenez pour assuré *
« Qu’avant ce premier mois passé « Il vous suivra au royaume de France « Et y recevra la loi chrétienne ;
« Il y deviendra, mains jointes, votre vassal « Et tiendra de vous le royaume d’Espagne.
« — Grâces en soient rendues à Dieu, » s’écrie le Roi.
« Vous avez bien agi , Ganelon , et en serez bien récompensé. » On fait alors sonner mille clairons dans l’armée :
Les Francs lèvent le camp , chargent leurs sommiers,
Et tous s’acheminent vers France la douce..»