‹ Chanson de RolandChapitre 79 sur 323 · LX XXVI · texte numérisé non relu

LX XXVI

Olivier monte sur une hauteur :

Il regarde à droite parmi le val herbu ,

Et voit venir toute l’armée païenne.

Il appelle son compagnon Roland :

« Àh! » dit-il, « du côté de l’Espagne, quel bruit j’entends venir! « Que de blancs hauberts! que de heaumes flamboyants !

« Nos Français vont en avoir grande ire.

« Cette trahison est l’œuvre de Ganelon, ce félon;

« C’est lui qui nous fit donner cette besogne par l’Empereur. ® — Tais- toi, Olivier, » répond le comte Roland;

« C’est mon beau-père : n’en sonne plus mot. »

Olivier est monté sur une colline élevée:

De là il découvre le royaume d’Espagne Et le grand assemblement des Sarrasins.

Les heaumes luisent , tout couverts d’or et de pierreries ,

Et les écus, et les hauberts brodés,

Et les épieux, et les gonfanons au bout des lances.

Olivier ne peut compter les bataillons;

Il y en a tant, qu’il n’en sait la quantité!

En lui -même il en est tout égaré.

Comme il a pu, est descendu de la colline ;

Est venu vers les Français, leur a tout raconté.

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