‹ Chanson de RolandChapitre 97 sur 323 · CXX · texte numérisé non relu

CXX

La bataille est e pesme e adurée;

Franceis i fièrent de lur trenchanz espées , N'i ad celui ne l'ait ensanglentée.

Crient Munjoie, l'enseigne renumêe:

1428. Seinz . Nous n’avons aucune certitude sur le véritable sens de ce mot ; mais nous sommes tenté de croire qu’il s’agit de Cologne , laquelle a été surnommée « la sainte », à raison de ses innombrables reliques. Cinquante martyrs de la légion Thébéenne y reposaient

dans une basilique couverte de mosaïques et d’or, qui depuis une haute antiquité portait le nom de Sancti aurez.

Nous avons là-dessus un texte de Grégoire de Tours (De Gloria Martyrum, I, cap. lxii ) , et une inscription du vi® siècle. Cologne, à tout le moins.

Depuis Saint-Michel -du -Péril jusqu’aux Saints de Cologne, Depuis Besançon jusqu’au port de Wissant,

Pas une ville dont les murs ne crèvent.

A midi , il y a grandes ténèbres ;

Il ne fait clair que si le ciel se fend.

Tous ceux qui voient ces prodiges en sont dans l’épouvante, Et plusieurs disent : « C’est la fin du monde, a C’est la consommation du siècle. »

Non, non : ils ne le savent pas, ils se trompent:

C’est le grand deuil pour la mort de Roland 1

Les prodiges sont terribles et V orage effroyable;

En France , il y a plusieurs signes évidents :

Dès l'heure de midi jusqu'à celle de vêpres ,

La nuit y est obscure , et les ténèbres.

Ni le soleil ni la lune n'y jettent leur clarté.

Tous ceux qui voient ces choses croient qu'ils vont mourir; Mais , en vérité , on peut bien être en telle douleur ,

Quand celui qui conduit tous les autres , quand Roland meurt. Il n'y eut jamais sur terre un homme de plus haut prix Pour vaincre les païens et conquérir les royaumes .

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