‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 105 sur 173 · SÉGUIER ET JOLY DE FLEURY · texte numérisé non relu

SÉGUIER ET JOLY DE FLEURY

Quel est le rhéteur pantomime ^ Qui, feignant un front abattu, Veut jouir des profits du crime Et des honneurs de la vertu ?

I. M. Séguier, Il présenta les lettres patentes qui commettent le Conseil pour tenir le Parlement les larmes aux yeux. (M.) — C'était dans la séance du 24 janvier qu'il fut donné lecture des lettres patentes en vertu desquelles des membres du grand Conseil étaient chargés de remplacer les magistrats destitués. « M. Séguier, premier avocat général, fit un discours des plus concis, portant en substance que son cœur était pénétré de la douleur que l'on voyait peinte sur son visage, et que ce n'était que les larmes aux yeux qu'il donnait ses conclusions ; en même temps ce papier parut lui tomber des mains et lui-même se laissa tomber sur son siège, de manière à faire croire à sa sensibilité véritable, si l'on n'avait eu les raisons les plus légitimes d'en douter. » [Mém. de Hardy.) Il conservait en effet ses fonctions de premier avocat général.

212 Clairambault-Maurepas.

Il s'attendrit sur nos disgrâces.

Tartuffe, laisse tes grimaces, Tu ne peux plus nous décevoir ; Personne ne t'en tiendra compte, Tu n'en tireras que la honte D'avoir mal joué ton devoir.

Il est une âme encor plus basse ^, C'est toi, l'opprobre des Fleurys, Dont l'ignorance oisive et crasse A réuni tous les mépris.

Dans la plus infâme crapule On t'a vu rouler sans scrupule Quand l'honneur réclamait ta voix.

Aujourd'hui le vice t'appelle, Va donc lui prodiguer ton zèle, Il eût déshonoré les lois.

Sur les promesses de ton maître

Tu fondes ta félicité;

Ne vois-tu pas comme le traître

Se rit de ta crédulité ?

Tant que tes manœuvres reptiles

A ses projets seront utiles,

Tu n'essuieras aucun refus.

Mais ne trouve jamais étrange

I, Jolyde Fleury, qui prit la place de procureur général du nouveau Parlement. Il a été exilé peu de temps avant le retour de l'ancien à Maubeuge. (M.)

Année lyji'

S'il te repousse dans la fange Quand tu ne lui serviras plus.

Tâche d'éterniser l'injure Dont tu viens de couvrir les lois ; Où te cacheras-tu, parjure, Quand Thémis reprendra ses droits ?

Par ton hypocrite assurance, Détruis la publique espérance Qui te pénètre de terreur.

Comme on voit le tremblant athée Nier, d'une bouche effrontée, L'enfer qui mugit dans son cœur.

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