L'ABBÉ HOCQUART
Lorsqu'en France on battait la caisse Pour y trouver des magistrats,
I. Chanson à l'occasion de la commission de conseiller au conseil supérieur de Châlons, sollicitée et obtenue par l'abbé Hocquart, chanoine de Châlons. (M.)
220 Clairambault-Alaurepas.
Certain abbé, fendant la presse, Fut un des premiers candidats.
C'était suppôt de cathédrale, Plus fait pour la table et le jeu Que pour occuper un froid stalle, Bon seulement à prier Dieu.
Il faut bien faire un sacrifice Pour croître de deux mille francs Le revenu du bénéfice Et du piquet et des brelans.
Plein d'une si belle espérance, Au son de l'or, notre abbé part, Arrive au chancelier de France :
On annonce l'abbé Hocquart.
Ton nom, dit Maupeou, m'extasie C'est celui du fameux Hocquart ^ !
A sa place, malgré l'envie, Tu seras, fusses-tu bâtard.
Des dispenses recommandées On t'expédiera dans ce jour, Bien et dûment enregistrées Par gens de ma nouvelle cour.
I. L'un des présidents de la deuxième chambre des requêtes du Parlement de Paris, exilé le 24 janvier.
Année IJJI. 221
Un préambule est nécessaire :
As-tu bien été baptisé?
Oui, monseigneur, la chose est claire; Claude est le nom qu'on m'a donné.
Notre cher, féal, et bien Claude ^ Puisqu'il appert à tout V03'ant Que tu l'es vraiment et sans fraude, Reçois-en notre compliment.
Pour de notre gent moutonnière Juger procès mus, à mouvoir, Te dispensant de la prière.
Et par-dessus, de tout savoir.
Savoir faisons aux bêtes champenoises Que par dessein et non pas par mégard. Nous nommons, pour juger toutes leurs noises. Notre féal Claude et bien Claude Hocquart.
I. Les provisions de chancellerie portent toujours : Notre féal et bien-amé.
Par dessein, et non par mégarde, on a mis dans celles de l'abbé Hocquart, au lieu de bien-amé Claude, simplement bien Claude. Elles sont ainsi enregistrées. On peut le voir au greffe. (M.)
222 Clairamhault-Maurepas.