Le roi de Portugal. (AL
3. Le Hollandais est le seul peuple chrétien qui commerce au Japon. Il s'est acquis cette prérogative en se soumettant tout à la fois, lorsqu'il débarque, à fouler aux pieds le crucifix et à se rendre incontinent en prison pour y rester jusqu'à l'instant même du départ. Des agents du gouvernement sont chargés de négocier et de conclure tous les marchés des Hollandais, qui en déposent la valeur en arrivant. On peut convenir, sans être scrupuleux, que des hommes qui, pour de l'argent, consentent des conventions de cette nature, sont des infâmes dignes de l'exécration universelle. Le Hollandais, bien connu, passera en général pour tel à tous les yeux. Chez lui, tout est commerce; les vertus et les vices y sont, comme le tabac, un objet de spéculation et de trafic, et rien autre chose. En 1762 , sortant entre midi et une heure de la Bourse d'Amsterdam avec le chevalier de Ménésez, Portugais, qui s'y était entretenu en italien avec un banquier, un honnête Hollandais nous proposa un jeune garçon du même ton que si c'eût été une lettre de change ; d'où l'on peut conclure, d'après les principes de Montesquieu, qu'un peuple
Année lyjl. 233
Monsieur de Poniatowski *,
Roi d'amour, vient montrer aussi
Sa couronne quoique légère.
La czarine veut, à son tour, Au nouveau-né faire la cour ; Mais à Joseph ça ne peut plaire.
Voyant près d'elle les Orlous-,
Il tremble, hélas !... car, comme époux,
Il craint leur ardeur meurtrière.
entièrement commerçant, n'admettant par cela même aucune vertu morale, est par conséquent le peuple le plus corrompu, comme aussi le plus infâme. (M.)
1. M. de Poniatowski, palatin de Pologi^e, élu roi de cette république par les efforts de Catherine II, souveraine des Russies, dont il avait été l'amant. Cette impératrice profita depuis de la bonhomie et de la faiblesse de ce prince pour, d'accord avec l'empereur d'Allemagne et le roi de Prusse, démembrer son royaume et se partager entre eux un tiers environ de l'État polonais. (M.)
2. Orloffs dit Orlous. On tient de bon lieu qu'à Florence, dans l'hiver de 177 1, l'un des comtes Orloff étant ivre eut le malheur, pour ne rien dire de plus, de convenir qu'il avait fait mourir de sa propre main le dernier empereur de Russie, Pierre III, dans sa prison. Ce prince, dans un moment où il croyait n'avoir que des amis auprès de sa personne, s'abandonna à sa passion pour le vm et à la débauche, en quoi il fut bien secondé par les traîtres qui paraissaient se livrer avec lui à cette orgie. Privé de sa raison et de ses facultés, il s'endormit. Orloff, trouvant belle l'occasion de faire sa fortune par un parricide aussi lâche qu'aisé, en profita. Il se jette sur son maître et son ami qu'il étrangle avec une serviette. La czarine, débarrassée d'un mari qui, le premier, avait voulu se défaire
234 Cl airambaui t-AIaurepas.
Le Danois ^ par innovation^ Veut réformer jusqu'au bouillon Qu'on apporte à la bonne mère.
Les Suisses ont grossi le train Du prince, qui, dans le chemin, A payé leur dépense entière.
Ayant grand'peur des revenants, Le Sarde ^, agité de tourments, Croit à la crèche voir son père.
d'elle, servie de bonheur et de vitesse, ne dut pas même faire de recherches sur la prétendue maladie et le genre de mort de l'empereur. Il fallait qu'elle s'en rapportât, même sans examen, à tout ce qu'on lui disait à cet égard, sans quoi cette tragédie eût été suivie d'une révolution générale dans l'empire et d'une boucherie universelle dans Pétersbourg. Lt conduite de l'impératrice peut être justitiée aisément et fort simplement par la loi du talion et par le droit de récrimination ; mais rien ne peut rendre moins odieuse la conduite d'Orloff. Il est même surprenant qu'il n'en ait pas reçu, comme l'assassin du prince Ivan, la juste récompense ; et plus surprenant encore que son indiscrète ivrognerie ne lui ait pas été aussi funeste qu'à son malheureux maître. (M.)
1. Les gazettes, depuis deux ans, en parlant chaque jour des continuels changements dans le gouvernement du Danemark, expliquent assez le sens de ce couplet. (M.)
2. Placé sur le trône par l'abdication de Victor-Amédée, le roi de Sardaigne lui refusa non seulement la couronne qu'il redemandait par des motifs de conscience, mais encore et précisément à ce sujet, il le priva de la liberté jusqu'à sa mort. Débarrassé, par le système actuel et politique de l'Europe, des agitations inutiles de l'ambition et de celles, plus inutiles encore, que lui donnaient son amour et ses ta-
Année IJJI. 235
Clément quatorze est sur les bras De ses bons amis les castrats^ Qui le portent avec sa chaire.
Admirant son humanité, Les reines, d'un air enchanté, Embrassent toutes le Saint-Père.
Jésus tremble, il lui faut du feu; Thérèse ^ le réchauffe un peu, Et veut être sa ménagère.
Le Prussien ', assez librement Voulant faire son compliment, Pousse et fait choir la chambrière.
L'enfant lui dit bien doucement :
Mon frère, il me paraît vraiment Que le sexe ne vous plaît guère.
lents pour la guerre, rendu ainsi à lui-même, ce prince est, à ce qu'on assure, tellement tourmenté par le souvenir de sa conduite avec son père, que réellement il croit sans cesse le voir prêt à l'accabler de reproches et de malédictions. (M.)
1. Par une belle ordonnance, qui eût été très plaisante sous le pontificat de la papesse Jeanne, Clément XIV a interdit pour jamais, dans ses Etats, la barbarie de priver les hommes de la virilité, pour flatter, par des sons incomplets et plats, le mauvais goût et les oreilles épuisées de quelque vieux luxurieux. (M.)