SUR LA HARPE
Dans l'absence de mon valet.
Un colporteur, borgne et ban croche,
Entre jusqu'en mon cabinet
Avec force ennui dans sa poche.
Les douze Césars pour six francs,
Me dit-il : exquis, je vous jure;
L'auteur, qui connaît ses talents.
L'a dit lui-même en son Mercure.
C'est Suétone tout craché.
Et traduit... traduit, Dieu sait comme !
I. A propos de la traduction de Suétone que La Harpe venait de publier. Les trois premières épigrainraes sont de Piron.
Année l'J'Ji. 245
Ce sont tous les monstres de Rome Qu'on se procure à bon marché.
De ce recueil pesez chaque homme :
Des empereurs se vendent bien; Caligula seul vaut la somme, Et vous aurez Néron pour rien. — Que cent fois Belzébuth t'emporte, Lui dis-je, bouillant de fureur, Fuis avec ton auguste escorte...
Et puis de mettre avec humeur, Ainsi que leur introducteur.
Les douze Césars à la porte.
Le voilà donc ce petit virtuose.
Toujours s'aimant sans avoir de rivaux ! Écrivaillant, soit en vers, soit en prose. Et sous Lacombe ^ alignant ses journaux ! Comme aux sifflets chaque jour il s'expose Pour deux écus, aux badauds de Paris Il vend en vain des Césars travestis.
C'est pour tomber qu'il joute avec La Pause Ce grand auteur, si j'en crois ses écrits, De ses héros fait mal l'apothéose : • Timoléon ^ meurt le jour qu'il est né;